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Article publié le 04/10/2018 à 01:00 | Lu 1747 fois

Suzuki Jimny 1.5l 4WD : le jouet de l'année et surtout, ne l'appelez pas SUV !

Petit, compact, une gueule de jouet, le nouveau Jimny de Suzuki n’en n’est pas moins un véritable 4x4 avec boîte transfert. Il ridiculise sans problème tous les SUV à la moindre flaque de boue et se joue de la neige comme si elle n’existait pas. Avec son design taillé à la serpe, son capital sympathie sera son succès.


Suzuki a oublié les rondeurs et le design soft du modèle précédent pour adopter un dessin à l’équerre qui lui donne tout son charme. Etroit et haut, le Jimny confirme sa vocation de véritable tout terrain. Ses portes à faux sont réduits au maximum afin de lui permettre d’attaquer des pentes à fort pourcentage.
 
Des élargisseurs d’ailes protecteurs renforcent son allure de baroudeur et sa calandre droite comme un « i » est un rappel au modèle original de la marque né en 1970. Quant à son toit plat pourvu de gouttières à l’ancienne, il peut recevoir des barres de toit génériques.
 
Jeune dans son allure, il est dans l’esprit d’un mini-moke, d’une méhari ou d’une Panda 4 x 4 première génération. Mais au-delà de l’aspect ludique du nouveau Suzuki Jimny, il est clair qu’il trouvera des débouchés professionnels dans certaines régions.

Des vétérinaires ou des médecins de campagne seront conquis par son aptitude à passer dans des chemins étroits, boueux ou enneigés. Des forestiers seront ravis de pouvoir circuler en forêt et de traverser des ravines où un gros 4 x 4 laisserait ses ailes, sans parler des moniteurs de ski qui ne seront plus bloqués à la moindre chute de neige. Proposé dans des teintes vives, il ne passe pas inaperçu et attire les regards envieux.

Un habitacle spartiate
Pour l’habitacle, Suzuki a joué la carte de la fonctionnalité. Des plastiques noirs bien durs qui se nettoient d’un simple coup d’éponge, un volant réglable dans une seule dimension, des sièges avant confortables mais à l’assise un peu courte voilà pour le cockpit.
 
Le passager dispose de trois poignées de maintien. Un luxe toujours bienvenu en tout terrain. Quant à la planche de bord, elle reste très classique : deux gros compteurs très lisibles pour le conducteur et une console centrale verticale qui regroupe toutes les commandes ainsi qu’un écran multimédia aux dimensions suffisantes ainsi qu’un branchement USB.
 
A l’arrière, des sièges rabattables équipent le Jimny dès le second niveau de finition. Fermes mais confortables, ils traitent les passagers arrière avec courtoisie. On peut regretter seulement la présence de vitres fixes. En revanche, il sera nécessaire de choisir entre des bagages ou des passagers. En effet, dans la configuration passager, le volume disponible est inexistant. Avec 85 litres, c’est juste un sac à dos et une paire de bottes.
 
En revanche, sièges arrière rabattus, on peut partir en week-end avec tout un matériel de camping et de pêche sans avoir à se restreindre. Les 830 litres disponibles permettent tous les excès. Il faut toutefois regretter le sens d’ouverture de la porte arrière. Conçue pour les pays à conduite à gauche, elle oblige à la contourner pour accéder au coffre. Pas pratique. Toyota a fini par créer une porte qui ouvre dans le bon sens pour les pays à conduite à droite.

Au volant
Au volant, le Jimny possède les défauts de ses qualités. Un petit 4 X 4 haut sur pattes, à propulsion, monté sur un châssis échelle renforcé et équipé d’essieux rigides, ne peut pas offrir un comportement routier parfait. Il n’est pas question d’ailleurs de lui reprocher son louvoiement en courbe. Nous n’avons affaire qu’à une sportive et c’est très bien comme ça.
 
Ses 102 ch le limite à une vitesse maxi de 140 km/h qu’il atteint uniquement sur autoroute. D’ailleurs la cinquième un peu trop courte génère des bruits de transmission fatiguant au fil des kilomètres. Le terrain de jeux du Jimny est les départementales, les chemins creux, les franchissements délicats grâce à ses 21 cm de garde au sol. Là, il sait donner du plaisir à son propriétaire ou lui rendre service dans un quotidien difficile.
 
Dans les descentes raides, il dispose d’un système de contrôle automatique qui est à même de rassurer les néophytes. Le Jimny est un véritable tout terrain avec une boîte transfert enclenchable manuellement et un réducteur de boîte qui offre le choix entre des rapports longs et des rapports courts.
 
Il conviendra simplement d’apprendre à anticiper ses réactions en courbe, en résumé d’apprendre à conduire, ce que beaucoup ne savent plus faire... La position 4 x 4 deviendra alors la solution pour être en toute sécurité. Véritable véhicule polyvalent, il est néanmoins pénalisé par un malus excessif de 2.940 euros dû au 154 gr/km de C0 2. Une boîte à six rapports aurait sans doute permis de diminuer la facture. En France, il sera néanmoins possible d’acheter pour 500 euros, un kit professionnel proposé par Suzuki France qui supprimera le malus.
 
Le Suzuki Jimny est unique et n’a pas de réelle concurrence. La plupart des autres SUV est proposée en 4 X 2 avec un moteur Diesel polluant. Le Suzuki Jimny sera aussi à l’aise au Pays Basque avec des planches sur le toit que dans les forêts vosgiennes avec des tronçonneuses à l’arrière. Une version découvrable aurait sans doute été appréciée d’une clientèle plus jeune…
 
Joël Chassaing-Cuvillier

La Suzuki Jimny 1.5L 4WD en quelques chiffres

Moteur essence 4 cylindres en ligne – 1462 cm3 (74 x 85 mm) – 102 ch à 6000  tr/min – 130 Nm à 4000 tr/min 

Boîte manuelle à 5 rapports

Dimensions : 348 (364,5 avec roue de secours) x 164,5 x 172 cm, empattement : 225 cm 

Poids : 1090 kg

Pneumatiques 195/80 R15

Vitesse : 145 km/h – Accélération de 0 à 100 km/h : NC

Émissions de CO2 : 178gr/km

Prix : dès 17.250 euros









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