Philippe Besson traque dans chacun de ses romans le vertige qui fait tomber dans la transgression. Avec tact. Avec douceur. Avec compassion.
Il fait mine de s’en défendre, de ne savoir restituer les tourments de ses personnages lorsque par la voix de son narrateur, il s’interroge sur la façon de « dire la délicatesse et la lenteur ? Il faudrait sans doute des mots que je ne possède pas, des expressions qui m’échappent, des images que je suis incapable de former, des adjectifs savants qui visent juste. Il faudrait surtout des silences, des aveux sans paroles, ces presque rien qui signifient tout. Il faudrait abdiquer toute intelligence, toute intention pour être seulement dans l’émotion, dans ce qui se ressent, ce qui s’éprouve. Il faudrait aussi ne pas redouter l’impudeur, ou bien inventer une manière de se dévoiler, de se livrer qui ne soit pas indécente ».
Il fait mine de s’en défendre, de ne savoir restituer les tourments de ses personnages lorsque par la voix de son narrateur, il s’interroge sur la façon de « dire la délicatesse et la lenteur ? Il faudrait sans doute des mots que je ne possède pas, des expressions qui m’échappent, des images que je suis incapable de former, des adjectifs savants qui visent juste. Il faudrait surtout des silences, des aveux sans paroles, ces presque rien qui signifient tout. Il faudrait abdiquer toute intelligence, toute intention pour être seulement dans l’émotion, dans ce qui se ressent, ce qui s’éprouve. Il faudrait aussi ne pas redouter l’impudeur, ou bien inventer une manière de se dévoiler, de se livrer qui ne soit pas indécente ».
Un homme accidentel de Philippe Besson




