Vous avez fait le choix de la dystopie en plaçant votre récit dans une réalité actuelle, mais parallèle. Pourquoi ?
Une importante crise migratoire due au réchauffement de la planète nous pend au nez. Les réfugiés
climatiques existent déjà. Ce sujet ne relève pas de la science-fiction, tout comme une pandémie mondiale finalement.
Si on nous avait annoncé il y a un peu plus d’un an ce qui nous arrive, on aurait eu du mal à le croire. En réalité, le virus a fait basculer le monde en quelques semaines. Insérer de la technologie dans mon récit ne m’intéressait pas, je voulais rester proche de notre quotidien, de notre société. Et le sujet de cet album place l’humain au centre.
Car il est intéressant d’observer les réactions des gens face à une situation grave. La crise est un bon révélateur de l’âme humaine finalement.
Cette crise climatique est traitée par le biais de la rencontre d’un jeune Parisien avec une vieille
dame espagnole. Comment cette idée vous est-elle venue ?
Je m’imprègne souvent de mon entourage. Mon précédent album, Ma fille, mon enfant, m’avait été inspiré par l’histoire de ma mère confrontée toute jeune au racisme ordinaire.
Cette fois, j’ai voulu rendre hommage à ma belle-mère, une vieille dame espagnole que nous avons hébergée, ma femme et moi, pendant plusieurs années. Cette orpheline embauchée dès son plus jeune âge comme « bonne », à la vie difficile, est entrée dans mon existence un peu comme le personnage de Maria dans celle de Louis.
Ensuite, comment réunir une vieille Andalouse et un jeune Parisien ? En imaginant simplement cette
crise migratoire très probable dans un futur pas si lointain. Car les problématiques climatiques m’interpellent depuis très longtemps. Ma série Toxic Planet, écrite il y a plus de dix ans, en atteste.
Au-delà de la crise climatique, vous n’êtes pas tendre avec le traitement des seniors…
Dans notre culture, on laisse les personnes âgées de côté. Cette pandémie a mis en valeur cette tendance à l’abandon des plus vieux, et pas seulement en France.
Pourtant, d’autres sociétés restent davantage tournées vers la famille. Un ancien reste au milieu des siens jusqu’à sa mort. Pour notre défense, notre société est organisée de telle façon que les gens ne possèdent ni le temps ni l’espace pour s’occuper des plus âgés, qui par ailleurs, ne veulent pas forcément loger avec leurs enfants. Finalement, en se déconnectant des générations précédentes, on
se prive de leur richesse.
Vivre avec ma belle-mère pendant plusieurs années s’avéra une expérience parfois pesante, mais emplie d’humanité. Dans cet album, on découvre un jeune homme élevé dans un milieu bourgeois un peu froid, qui n’a pas eu le mode d’emploi pour vivre avec une personne âgée. Mais il découvre la chaleur d’une famille grâce à cette vieille dame.
Une importante crise migratoire due au réchauffement de la planète nous pend au nez. Les réfugiés
climatiques existent déjà. Ce sujet ne relève pas de la science-fiction, tout comme une pandémie mondiale finalement.
Si on nous avait annoncé il y a un peu plus d’un an ce qui nous arrive, on aurait eu du mal à le croire. En réalité, le virus a fait basculer le monde en quelques semaines. Insérer de la technologie dans mon récit ne m’intéressait pas, je voulais rester proche de notre quotidien, de notre société. Et le sujet de cet album place l’humain au centre.
Car il est intéressant d’observer les réactions des gens face à une situation grave. La crise est un bon révélateur de l’âme humaine finalement.
Cette crise climatique est traitée par le biais de la rencontre d’un jeune Parisien avec une vieille
dame espagnole. Comment cette idée vous est-elle venue ?
Je m’imprègne souvent de mon entourage. Mon précédent album, Ma fille, mon enfant, m’avait été inspiré par l’histoire de ma mère confrontée toute jeune au racisme ordinaire.
Cette fois, j’ai voulu rendre hommage à ma belle-mère, une vieille dame espagnole que nous avons hébergée, ma femme et moi, pendant plusieurs années. Cette orpheline embauchée dès son plus jeune âge comme « bonne », à la vie difficile, est entrée dans mon existence un peu comme le personnage de Maria dans celle de Louis.
Ensuite, comment réunir une vieille Andalouse et un jeune Parisien ? En imaginant simplement cette
crise migratoire très probable dans un futur pas si lointain. Car les problématiques climatiques m’interpellent depuis très longtemps. Ma série Toxic Planet, écrite il y a plus de dix ans, en atteste.
Au-delà de la crise climatique, vous n’êtes pas tendre avec le traitement des seniors…
Dans notre culture, on laisse les personnes âgées de côté. Cette pandémie a mis en valeur cette tendance à l’abandon des plus vieux, et pas seulement en France.
Pourtant, d’autres sociétés restent davantage tournées vers la famille. Un ancien reste au milieu des siens jusqu’à sa mort. Pour notre défense, notre société est organisée de telle façon que les gens ne possèdent ni le temps ni l’espace pour s’occuper des plus âgés, qui par ailleurs, ne veulent pas forcément loger avec leurs enfants. Finalement, en se déconnectant des générations précédentes, on
se prive de leur richesse.
Vivre avec ma belle-mère pendant plusieurs années s’avéra une expérience parfois pesante, mais emplie d’humanité. Dans cet album, on découvre un jeune homme élevé dans un milieu bourgeois un peu froid, qui n’a pas eu le mode d’emploi pour vivre avec une personne âgée. Mais il découvre la chaleur d’une famille grâce à cette vieille dame.




