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Article publié le 11/02/2020 à 09:10 | Lu 1543 fois

"Fausse Note" : au Théâtre de la Contrescarpe : Allegro presto




C’est en 2017 que Didier Caron écrivit cette pièce qu’il monta l’année même au Théâtre Michel, dont il était à l’époque le propriétaire. Christophe Malavoy et Tom Novembre y campaient alors les deux protagonistes. Le succès fut immédiat et la pièce fut reprise l’été dernier en Avignon.


Depuis la rentrée, elle tient l’affiche au petit Théâtre de la Contrescarpe et y fait salle comble, d’où sa prolongation jusqu’en mai. Les deux rôles sont actuellement tenus par Pierre Azéma et Didier Caron lui-même.
 
Un bref rappel du sujet, pour ceux qui ne l’ont pas déjà vue. Automne 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Le grand chef d’orchestre Hans Peter Miller donne un concert dans sa chère ville de Genève. Il est alors pressenti pour succéder au prestigieux Karajan à la tête de la Philharmonie de Berlin.
 
Le concert terminé, il rejoint sa loge et s’apprête à retrouver sa famille qui l’attend en ville lorsqu’un visiteur frappe à la porte. C’est un certain Léon Dinkel qui, dans un premier temps, ne lui demande qu’un autographe, puis un deuxième, et qui devient ensuite de plus en plus menaçant.
 
Bientôt en situation de force, il fait jouer au musicien un jeu cruel, jusqu’à ce qu’il révèle enfin les véritables raisons de sa présence en ce lieu. La tension monte alors inexorablement jusqu’au dénouement avec plusieurs revirements.
 
La vengeance, on l’aura compris, est le thème central de ce texte poignant. Se venger suffit-il à se délivrer des démons du passé et, dans l’affirmative, jusqu’où faut-il aller pour que le mal soit réparé ?
C’est la question centrale de toute cette pièce, à laquelle l’auteur apportera une réponse très subtile.
 
Pierre Azéma est Hans-Peter Miller, ce chef qui a tout fait pour gommer son passé. L’acteur, d’évidence, vit chaque soir ce drame au plus profond de lui-même, en est témoin l’émotion qu’il manifeste encore au moment des saluts.
 
Didier Caron lui donne la réplique, campant magistralement l’énigmatique et implacable Léon Dinkel. C’est sa pièce, son texte et il parvient à ménager le suspense avec brio jusqu’à la dernière minute.
 
La mise en scène est sobre et efficace. Quelques accessoires bien choisis évoquent la loge du maestro, alors que des passages musicaux rappellent habilement le titre de la pièce. Réservez sans tarder car la salle n’est pas grande !

Alex Kiev
 
Théâtre de la Contrescarpe
5, rue Blainville 75005 Paris
jeudi vendredi samedi 21h dimanche 16h30 jusqu’au 3 mai