Le calendrier qui commande votre pension
Les deux textes portent les numéros 2026-699 et 2026-700. Signés le 29 juillet, publiés au Journal officiel le 31, ils sont entrés en vigueur le lendemain. Mais leurs mesures de fond ne valent que pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, comme le précise la note mise en ligne le 18 août par Service Public. Ni la date de votre demande ni celle de votre dernier jour travaillé ne commandent quoi que ce soit : seule compte la date d'effet de votre pension.
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« Parents » : le mot que le décret emploie
Ce que nous lisons dans le titre des décrets tient en cinq mots : « pensions de retraite des parents ». Le texte vise les assurés du régime général, de la fonction publique, des professions libérales et des régimes agricoles. Il ne réserve nulle part la mesure aux femmes : il l'ouvre à quiconque détient une majoration ou une bonification de durée d'assurance accordée au titre d'un enfant.
Ces majorations ne viennent pas toutes de la maternité : le code de la sécurité sociale en prévoit trois familles, reprises dans le décret n° 2026-699. L'article L. 351-4 couvre la naissance, l'adoption et l'éducation, huit trimestres par enfant au régime général. L'article L. 351-4-1 accorde jusqu'à huit trimestres à qui a élevé un enfant handicapé. L'article L. 351-5 donne au parent parti en congé parental d'éducation une majoration égale à la durée de ce congé, sans cumul avec la précédente pour un même enfant.
Reste que ces situations demeurent minoritaires, et le ministère du Travail et des Solidarités ne s'en cache pas : il présente la réforme comme une correction de l'écart entre femmes et hommes, la pension moyenne des femmes ne représentant que 62 % de celle des hommes, hors réversion. Je le formulerais autrement : la règle ne trie pas par sexe, elle trie par ligne de relevé. Reste à savoir ce que cela vaut.
Ces majorations ne viennent pas toutes de la maternité : le code de la sécurité sociale en prévoit trois familles, reprises dans le décret n° 2026-699. L'article L. 351-4 couvre la naissance, l'adoption et l'éducation, huit trimestres par enfant au régime général. L'article L. 351-4-1 accorde jusqu'à huit trimestres à qui a élevé un enfant handicapé. L'article L. 351-5 donne au parent parti en congé parental d'éducation une majoration égale à la durée de ce congé, sans cumul avec la précédente pour un même enfant.
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Pension et enfants : ces 4 bonus empilables que les caisses n'appliquent pas d'office
Or les deux dernières s'écrivent au masculin comme au féminin. Un père parti dix-huit mois en congé parental au début des années 2000 détient bien une majoration au sens de l'article L. 351-5. Pour les enfants nés depuis 2010, une partie des trimestres d'éducation a même pu lui être transférée, si une déclaration conjointe a été déposée dans les six mois suivant le quatrième anniversaire. Depuis la réforme de 2023, la mère en conserve deux au minimum : le père peut en recevoir deux, pas davantage. Pension et enfants : ces 4 bonus empilables que les caisses n'appliquent pas d'office
Reste que ces situations demeurent minoritaires, et le ministère du Travail et des Solidarités ne s'en cache pas : il présente la réforme comme une correction de l'écart entre femmes et hommes, la pension moyenne des femmes ne représentant que 62 % de celle des hommes, hors réversion. Je le formulerais autrement : la règle ne trie pas par sexe, elle trie par ligne de relevé. Reste à savoir ce que cela vaut.
Ce que vaut une année retirée de votre calcul
Le principe est arithmétique. La pension de base part du salaire annuel moyen, la moyenne de vos meilleures années de revenus revalorisées. Retirer une année revient à écarter la plus faible de celles qui restaient, donc à relever la moyenne. Le nombre passe de vingt-cinq à vingt-quatre années pour un enfant, et à vingt-trois années à partir de deux enfants.
Prenons une carrière de salariée dont vingt-quatre années tournent autour de 27 000 euros, et dont une seule, après une naissance suivie d'un temps partiel, tombe à 15 000 euros. Le salaire annuel moyen passe de 26 520 à 27 000 euros, et la pension de base à taux plein de 1 105 à 1 125 euros par mois, soit 20 euros de plus chaque mois et 240 euros sur l'année. Avec une seconde année creuse à 12 000 euros et deux enfants au dossier, le gain monte à 45 euros par mois et 540 euros par an.
Ces montants sortent d'une simulation faite pour cet article, pas d'un barème officiel. Ils courent aussi longtemps que la retraite : vingt ans à ce rythme représentent 4 800 euros dans le premier cas, 10 800 dans le second. D'ailleurs le ministère du Travail table sur une pension plus élevée pour plus d'une femme sur deux parmi celles dont la pension prendra effet à compter du 1er septembre 2026.
Sauf que le gain n'a rien d'automatique : tout dépend de l'écart entre les années retirées et les autres. Une carrière régulière au même salaire ne bouge pas d'un centime, et une carrière courte non plus : si vous n'avez validé que vingt-deux années de salaires, la moyenne se calcule déjà sur ces vingt-deux années, et passer à vingt-trois ne retire rien. Cette mesure ne touche par ailleurs que la retraite de base, jamais votre Agirc-Arrco.
Prenons une carrière de salariée dont vingt-quatre années tournent autour de 27 000 euros, et dont une seule, après une naissance suivie d'un temps partiel, tombe à 15 000 euros. Le salaire annuel moyen passe de 26 520 à 27 000 euros, et la pension de base à taux plein de 1 105 à 1 125 euros par mois, soit 20 euros de plus chaque mois et 240 euros sur l'année. Avec une seconde année creuse à 12 000 euros et deux enfants au dossier, le gain monte à 45 euros par mois et 540 euros par an.
Ces montants sortent d'une simulation faite pour cet article, pas d'un barème officiel. Ils courent aussi longtemps que la retraite : vingt ans à ce rythme représentent 4 800 euros dans le premier cas, 10 800 dans le second. D'ailleurs le ministère du Travail table sur une pension plus élevée pour plus d'une femme sur deux parmi celles dont la pension prendra effet à compter du 1er septembre 2026.
Sauf que le gain n'a rien d'automatique : tout dépend de l'écart entre les années retirées et les autres. Une carrière régulière au même salaire ne bouge pas d'un centime, et une carrière courte non plus : si vous n'avez validé que vingt-deux années de salaires, la moyenne se calcule déjà sur ces vingt-deux années, et passer à vingt-trois ne retire rien. Cette mesure ne touche par ailleurs que la retraite de base, jamais votre Agirc-Arrco.
Deux trimestres au total, pas deux par enfant
Le second décret ne touche pas au montant, il touche à la date. Pour partir avant l'âge légal au titre d'une carrière longue, il faut justifier d'une durée réellement cotisée, et les trimestres pour enfants n'entraient pas dans ce décompte. Le décret n° 2026-700 les y fait entrer, via un nouvel article D. 351-1-2-1 du code de la sécurité sociale. Seules y figurent les majorations des articles L. 351-4 et L. 351-5, pas celle pour enfant handicapé.
La limite, elle, circule à l'envers. Le décret écrit « dans la limite de deux trimestres », et cette limite vaut par assuré, pas par enfant. Trois enfants ne donnent donc pas six trimestres, mais deux, comme un enfant unique.
Deux trimestres paraissent dérisoires. À la frontière du dispositif, ils décident pourtant d'un départ six mois plus tôt. La condition d'entrée ne bouge pas : il faut toujours avoir validé cinq trimestres avant la fin de l'année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, quatre seulement si vous êtes né au dernier trimestre. D'après les estimations du gouvernement, environ 3 % des femmes de la génération 1970, soit un peu plus de 13 000 personnes, devraient y gagner un départ anticipé.
La limite, elle, circule à l'envers. Le décret écrit « dans la limite de deux trimestres », et cette limite vaut par assuré, pas par enfant. Trois enfants ne donnent donc pas six trimestres, mais deux, comme un enfant unique.
Deux trimestres paraissent dérisoires. À la frontière du dispositif, ils décident pourtant d'un départ six mois plus tôt. La condition d'entrée ne bouge pas : il faut toujours avoir validé cinq trimestres avant la fin de l'année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans, quatre seulement si vous êtes né au dernier trimestre. D'après les estimations du gouvernement, environ 3 % des femmes de la génération 1970, soit un peu plus de 13 000 personnes, devraient y gagner un départ anticipé.
La ligne à vérifier sur votre relevé
Encore faut-il que le dossier suive. Aucune démarche n'est prévue : les caisses appliquent le nouveau calcul à la liquidation, à condition que les enfants y soient rattachés. Un enfant absent du relevé, et la mesure ne se déclenche pas. Le contrôle tient en un geste : ouvrir votre relevé de carrière et vérifier que chaque enfant y figure avec ses trimestres de majoration en face.
Et si votre départ est déjà déposé pour une date d'effet antérieure au 1er septembre, la question se pose maintenant. Tant que la notification d'attribution n'est pas arrivée, un courrier ou un message dans votre espace personnel suffit à demander le report de cette date. Une fois la notification reçue, la pension devient définitive, et seule une commission de recours amiable peut y revenir. La rentrée approche, ce qui laisse juste le temps d'une simulation refaite avec la bonne date.
Et si votre départ est déjà déposé pour une date d'effet antérieure au 1er septembre, la question se pose maintenant. Tant que la notification d'attribution n'est pas arrivée, un courrier ou un message dans votre espace personnel suffit à demander le report de cette date. Une fois la notification reçue, la pension devient définitive, et seule une commission de recours amiable peut y revenir. La rentrée approche, ce qui laisse juste le temps d'une simulation refaite avec la bonne date.


