Ce que Jean-Pierre Farandou a annoncé pour vos retraites
Jean-Pierre Farandou a choisi la veille du Conseil des ministres pour lever le voile. Dans un entretien publié ce mercredi 30 septembre par Challenges, le ministre du Travail a chiffré l'effort demandé aux retraités dans les budgets de l'État et de la Sécurité sociale, présentés jeudi 1er octobre. L'objectif global est de 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites en 2027.
La somme se partage en deux mesures. La première, une sous-indexation progressive des pensions à partir de 1 260 euros, doit rapporter 4,1 milliards. La seconde, une baisse du plafond de l'abattement fiscal de 10 % réservé aux retraités, ramené à 3 000 euros, apporterait les 1,4 milliard restants. Le ministre a posé une formule qui résume sa ligne : « Nous ne baisserons aucune retraite. La question est de savoir de combien nous les augmenterons. »
Le seuil, lui, est présenté comme une protection. Selon Jean-Pierre Farandou, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une revalorisation complète jusqu'à 85 % du Smic, soit 1 260 euros par mois. En dessous, votre pension suivrait donc les prix comme d'habitude. Au-dessus, elle augmenterait, mais moins vite que l'inflation.
La somme se partage en deux mesures. La première, une sous-indexation progressive des pensions à partir de 1 260 euros, doit rapporter 4,1 milliards. La seconde, une baisse du plafond de l'abattement fiscal de 10 % réservé aux retraités, ramené à 3 000 euros, apporterait les 1,4 milliard restants. Le ministre a posé une formule qui résume sa ligne : « Nous ne baisserons aucune retraite. La question est de savoir de combien nous les augmenterons. »
Le seuil, lui, est présenté comme une protection. Selon Jean-Pierre Farandou, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une revalorisation complète jusqu'à 85 % du Smic, soit 1 260 euros par mois. En dessous, votre pension suivrait donc les prix comme d'habitude. Au-dessus, elle augmenterait, mais moins vite que l'inflation.
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Pourquoi « aucune baisse » ne veut pas dire pension intacte
La promesse est exacte au centime près, et c'est justement ce qui la rend trompeuse. Une pension qui ne baisse pas sur votre relevé bancaire peut très bien perdre du terrain dans votre caddie. Depuis 2003, la loi prévoit que les pensions de base soient revalorisées chaque année sur l'inflation : c'est ce mécanisme que le gouvernement veut freiner au-dessus du seuil. Si les prix montent plus vite que votre pension, le chiffre versé reste identique ou progresse un peu, et ce qu'il permet d'acheter recule.
Le ministre ne s'en cache d'ailleurs pas. D'après ses explications à Challenges, rapportées par BFMTV, le coût des retraites grimperait d'environ 13 milliards d'euros l'an prochain sans mesure particulière. La moitié tient à la démographie, avec des retraités plus nombreux et une pension moyenne qui augmente. L'autre moitié vient de l'indexation complète des pensions sur les prix. C'est cette seconde moitié que l'exécutif veut entamer, avec une ambition affichée : ramener le déficit de la Sécurité sociale de 22 milliards en 2026 à « 12 ou 13 milliards » en 2027.
Autrement dit, le mot « baisse » n'a jamais été sur la table. Ce qui se discute, c'est le rythme de la hausse.
Le ministre ne s'en cache d'ailleurs pas. D'après ses explications à Challenges, rapportées par BFMTV, le coût des retraites grimperait d'environ 13 milliards d'euros l'an prochain sans mesure particulière. La moitié tient à la démographie, avec des retraités plus nombreux et une pension moyenne qui augmente. L'autre moitié vient de l'indexation complète des pensions sur les prix. C'est cette seconde moitié que l'exécutif veut entamer, avec une ambition affichée : ramener le déficit de la Sécurité sociale de 22 milliards en 2026 à « 12 ou 13 milliards » en 2027.
Autrement dit, le mot « baisse » n'a jamais été sur la table. Ce qui se discute, c'est le rythme de la hausse.
Votre pension dépasse-t-elle vraiment les 1 260 euros ?
Tout se joue donc sur un montant. Le ministre parle de 1 260 euros sans préciser s'il s'agit d'un brut ou d'un net, mais l'arithmétique tranche : 85 % du Smic net, soit 1 477,93 euros depuis le 1er juin, donnent 1 256 euros, quand 85 % du Smic brut dépasseraient 1 580 euros. Il s'agit donc d'un net. Le ministre ne dit pas, en revanche, si le seuil vise votre seule pension de base ou tout ce que vous touchez chaque mois, complémentaire et réversion comprises.
Or la différence est considérable. Prenons un ancien salarié qui perçoit 1 000 euros de base et 400 euros d'Agirc-Arrco. Si seule la pension de base compte, il reste sous le seuil et garde l'indexation complète. Si tout est additionné, il le dépasse de 140 euros et bascule du côté des pensions freinées. C'est cette seconde lecture que retenait l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale cité par Le Monde il y a une dizaine de jours : le seuil y portait sur la pension totale, même si seule la pension de base était touchée. Le précédent de 2020 va dans le même sens : cette année-là, la sous-indexation visait les pensions supérieures à 2 000 euros bruts par mois, complémentaire et réversion comprises, comme le rappelait Boursorama mi-septembre.
Ce même avant-projet fixait aussi un second seuil. Il prévoyait une sous-indexation entre 1 260 et 2 034 euros, puis un gel de la pension de base au-delà. Jean-Pierre Farandou n'a pas repris ce second palier dans les extraits diffusés ce mercredi, et il parle d'une sous-indexation « progressive ». Nous saurons jeudi si le gel au-dessus de 2 034 euros figure toujours dans le texte.
Je vous conseille de ne pas attendre ce jour-là pour connaître votre propre montant. Le plus simple est de le lire sur votre compte du site Info Retraite, le portail commun à tous les régimes, qui détaille les paiements de chacune de vos caisses. Notez-y le brut et le net de votre pension de base, puis ceux de vos complémentaires : quand le seuil sera écrit noir sur blanc, vous saurez en une minute de quel côté vous vous trouvez.
Or la différence est considérable. Prenons un ancien salarié qui perçoit 1 000 euros de base et 400 euros d'Agirc-Arrco. Si seule la pension de base compte, il reste sous le seuil et garde l'indexation complète. Si tout est additionné, il le dépasse de 140 euros et bascule du côté des pensions freinées. C'est cette seconde lecture que retenait l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale cité par Le Monde il y a une dizaine de jours : le seuil y portait sur la pension totale, même si seule la pension de base était touchée. Le précédent de 2020 va dans le même sens : cette année-là, la sous-indexation visait les pensions supérieures à 2 000 euros bruts par mois, complémentaire et réversion comprises, comme le rappelait Boursorama mi-septembre.
Ce même avant-projet fixait aussi un second seuil. Il prévoyait une sous-indexation entre 1 260 et 2 034 euros, puis un gel de la pension de base au-delà. Jean-Pierre Farandou n'a pas repris ce second palier dans les extraits diffusés ce mercredi, et il parle d'une sous-indexation « progressive ». Nous saurons jeudi si le gel au-dessus de 2 034 euros figure toujours dans le texte.
Je vous conseille de ne pas attendre ce jour-là pour connaître votre propre montant. Le plus simple est de le lire sur votre compte du site Info Retraite, le portail commun à tous les régimes, qui détaille les paiements de chacune de vos caisses. Notez-y le brut et le net de votre pension de base, puis ceux de vos complémentaires : quand le seuil sera écrit noir sur blanc, vous saurez en une minute de quel côté vous vous trouvez.
Votre abattement de 10 % plafonné à 3 000 euros
Le second levier vise votre impôt. L'administration retire 10 % de vos pensions avant calcul, dans la limite de 4 439 euros par foyer. Le projet ramènerait ce plafond à 3 000 euros.
Un foyer perdrait jusqu'à 1 439 euros de déduction : la perte commence au-delà de 30 000 euros de pensions par an, soit 2 500 euros par mois, et atteint ce maximum à 44 390 euros. À la tranche de 11 %, la perte maximale serait de 158 euros d'impôt ; à la tranche de 30 %, 432 euros. Le calcul est le nôtre.
Un foyer perdrait jusqu'à 1 439 euros de déduction : la perte commence au-delà de 30 000 euros de pensions par an, soit 2 500 euros par mois, et atteint ce maximum à 44 390 euros. À la tranche de 11 %, la perte maximale serait de 158 euros d'impôt ; à la tranche de 30 %, 432 euros. Le calcul est le nôtre.
Ce que le Parlement peut encore changer d'ici janvier
Rien de tout cela n'est encore voté. Le ministre le dit lui-même : « Cette copie sera ensuite débattue et évoluera. » Les députés et les sénateurs discuteront du niveau de revalorisation, et selon Jean-Pierre Farandou, les débats façonneront le bon équilibre entre les deux mesures, ou en proposeront d'autres, pour tenir l'objectif d'environ 5,5 milliards. Le curseur peut donc glisser d'une ligne à l'autre : un peu moins sur votre pension, un peu plus sur votre impôt, ou l'inverse.
Jean-Pierre Farandou ouvre aussi une porte pour les années suivantes. Il évoque une bascule vers une négociation annuelle de la revalorisation des pensions avec les partenaires sociaux, sur le modèle des salaires. Ce serait une rupture avec la règle automatique en vigueur depuis plus de vingt ans, et nous aurons l'occasion d'y revenir si l'idée prend corps dans le texte.
En attendant, la revalorisation de votre pension de base est prévue au 1er janvier 2027, et c'est sur ce virement que vous verrez le résultat des arbitrages de l'automne. D'ici là, gardez en tête la phrase du ministre dans son intégralité : aucune retraite ne baissera, mais toutes n'augmenteront pas autant que vos courses.
Jean-Pierre Farandou ouvre aussi une porte pour les années suivantes. Il évoque une bascule vers une négociation annuelle de la revalorisation des pensions avec les partenaires sociaux, sur le modèle des salaires. Ce serait une rupture avec la règle automatique en vigueur depuis plus de vingt ans, et nous aurons l'occasion d'y revenir si l'idée prend corps dans le texte.
En attendant, la revalorisation de votre pension de base est prévue au 1er janvier 2027, et c'est sur ce virement que vous verrez le résultat des arbitrages de l'automne. D'ici là, gardez en tête la phrase du ministre dans son intégralité : aucune retraite ne baissera, mais toutes n'augmenteront pas autant que vos courses.



