Un discours, trois cibles, un protégé
Dimanche 5 juillet, Édouard Philippe a lancé sa campagne présidentielle à l'Adidas Arena de Paris, devant 4 000 à 5 000 personnes.
Son premier discours de meeting a désigné trois groupes appelés à l'effort : les retraités, les salariés, et l'État. Un seul a reçu une garantie inverse.
Le candidat a promis de ne pas alourdir la fiscalité des entreprises, assurant qu'elles payaient « déjà trop d'impôts ».
La sélection est posée.
Son premier discours de meeting a désigné trois groupes appelés à l'effort : les retraités, les salariés, et l'État. Un seul a reçu une garantie inverse.
Le candidat a promis de ne pas alourdir la fiscalité des entreprises, assurant qu'elles payaient « déjà trop d'impôts ».
La sélection est posée.
« Contribuer davantage » : ce que la formule peut vous coûter
La phrase adressée aux retraités tenait en une formule : « contribuer davantage au financement de notre modèle social ». Le candidat n'a pas précisé la nature de cette contribution. Mais les leviers qui circulent dans les cercles de campagne sont documentés, et ils se comptent en euros sur votre relevé.
Le premier est l'alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs. Aujourd'hui, un retraité imposable au taux normal paie 8,3 % de CSG sur sa pension brute, contre 9,2 % pour un salarié. Combler cet écart de 0,9 point représenterait 16 euros de moins par mois sur une pension de 1 800 euros, soit près de 195 euros par an. Sur une pension de 2 000 euros, la ponction monterait à 216 euros annuels.
Le second levier est la suppression de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions, un avantage que le Medef a explicitement ciblé dans son plan à 100 milliards d'économies. Pour un foyer de retraités déclarant 2 000 euros bruts mensuels, la disparition de cet abattement ajouterait plusieurs centaines d'euros d'impôt sur le revenu.
Le troisième est le report ou la modération des revalorisations, un levier déjà activé avec le décalage de six mois de la hausse des pensions de base dans la loi de financement pour 2025. Chaque point d'écart non compensé ampute votre pouvoir d'achat de manière définitive.
Aucun de ces leviers n'a été nommé dimanche soir. Mais en face, le déficit du système de retraites atteint 6,6 milliards d'euros en 2030 selon le Conseil d'orientation des retraites, et la Cour des comptes table sur 15 milliards en 2035.
Le prochain président devra trouver cet argent quelque part. Édouard Philippe a déjà dit où il ne le chercherait pas.
Le premier est l'alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs. Aujourd'hui, un retraité imposable au taux normal paie 8,3 % de CSG sur sa pension brute, contre 9,2 % pour un salarié. Combler cet écart de 0,9 point représenterait 16 euros de moins par mois sur une pension de 1 800 euros, soit près de 195 euros par an. Sur une pension de 2 000 euros, la ponction monterait à 216 euros annuels.
Le second levier est la suppression de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions, un avantage que le Medef a explicitement ciblé dans son plan à 100 milliards d'économies. Pour un foyer de retraités déclarant 2 000 euros bruts mensuels, la disparition de cet abattement ajouterait plusieurs centaines d'euros d'impôt sur le revenu.
Le troisième est le report ou la modération des revalorisations, un levier déjà activé avec le décalage de six mois de la hausse des pensions de base dans la loi de financement pour 2025. Chaque point d'écart non compensé ampute votre pouvoir d'achat de manière définitive.
Aucun de ces leviers n'a été nommé dimanche soir. Mais en face, le déficit du système de retraites atteint 6,6 milliards d'euros en 2030 selon le Conseil d'orientation des retraites, et la Cour des comptes table sur 15 milliards en 2035.
Le prochain président devra trouver cet argent quelque part. Édouard Philippe a déjà dit où il ne le chercherait pas.
La capitalisation à 15 % : le rendement viendra, pas pour vous
L'autre annonce structurelle est l'introduction d'une dose de capitalisation dans le système de retraites. Édouard Philippe vise 10 à 15 % des pensions versées dans quinze ans, financés par des cotisations placées sur les marchés.
Pour les actifs de 30 ans, le mécanisme pourrait compléter leur pension dans trois décennies. Pour vous, retraité aujourd'hui ou sur le point de l'être, le rendement sera nul : la capitalisation ne finance que les pensions futures.
Éric Ciotti, Gabriel Attal et Marine Le Pen proposent eux aussi une dose de capitalisation. Aucun n'a détaillé comment les pensions en cours seraient protégées pendant la transition.
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Les 67 ans effacés, le problème intact
En 2021, Édouard Philippe défendait publiquement le relèvement de l'âge légal jusqu'à 67 ans. Dimanche, il s'est contenté de dire qu'il faudrait « travailler plus longtemps », refusant tout « chiffre totémique ».
La projection de déficit à long terme a doublé en un an, passant de 1,4 % à 2,4 % du PIB. Le candidat a cessé de nommer le chiffre, la trajectoire n'a pas changé de direction.
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Janvier 2028 : la première décision qui attend le prochain président
Avant toute réforme structurelle, un calendrier contraint s'impose au vainqueur de la présidentielle. La réforme des retraites de 2023 est suspendue depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 : l'âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028.
À cette date, soit un nouveau texte fixe les règles applicables, soit le calendrier de la réforme de 2023 reprend sa marche vers 64 ans. Le président élu en mai 2027 disposera de quelques mois à peine pour trancher.
Si vous êtes né entre 1964 et 1968, votre âge de départ dépend directement de cette décision. La génération 1966, par exemple, part aujourd'hui à 63 ans et 3 mois grâce au gel, au lieu de 63 ans et 6 mois.
Si le prochain président laisse expirer la suspension sans légiférer, le calendrier initial s'appliquera automatiquement. Aucun candidat, Édouard Philippe compris, n'a encore détaillé ce qu'il fera le 1er janvier 2028.
La « mère de toutes les batailles » a déjà une date précise : elle est inscrite dans le calendrier législatif, bien avant tout discours de meeting.
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