Le chiffre qui rallume la mèche à un an du scrutin
Le Conseil d'orientation des retraites doit adopter ce vendredi 12 juin son rapport annuel, le dernier avant la présidentielle.
Sa projection de déficit a doublé en un an : 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % anticipé dans le rapport de 2025. En cause, une natalité en berne et des gains de productivité revus à la baisse.
Or, un autre nombre a éclipsé tous les autres dans les rédactions : 67,6 ans. Il ne s'agit pas d'une recommandation, mais d'un calcul de modélisation indiquant l'âge moyen de départ qui équilibrerait les comptes en 2070 si l'on ne touchait à rien d'autre. Un chiffre qui tombe à onze mois du premier tour, et sur lequel chaque état-major de campagne va devoir se positionner.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a d'ailleurs donné le ton dès mardi : un candidat doit selon elle « avoir le courage » de nommer le problème de financement. Elle rappelle au passage que l'âge n'est pas le seul levier, et cite la hausse des cotisations, la baisse des pensions ou la taxation du capital.
La question nous concerne tous désormais, actifs comme retraités, car les pensions de demain se financeront avec les cotisations d'aujourd'hui.
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Or, un autre nombre a éclipsé tous les autres dans les rédactions : 67,6 ans. Il ne s'agit pas d'une recommandation, mais d'un calcul de modélisation indiquant l'âge moyen de départ qui équilibrerait les comptes en 2070 si l'on ne touchait à rien d'autre. Un chiffre qui tombe à onze mois du premier tour, et sur lequel chaque état-major de campagne va devoir se positionner.
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La question nous concerne tous désormais, actifs comme retraités, car les pensions de demain se financeront avec les cotisations d'aujourd'hui.
Janvier 2028 : la date que tous les programmes esquivent
Et c'est là que tout se joue, dans un détail de calendrier que les meetings passent soigneusement sous silence.
Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale promulguée le 30 décembre 2025, la réforme de 2023 est suspendue : à compter du 1er septembre 2026, l'âge légal est gelé à 62 ans et 9 mois, et ce jusqu'à janvier 2028.
Les générations 1964 à 1968 partent ainsi entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, avec un trimestre de cotisation en moins à valider. La barre des 64 ans ne s'appliquerait plus qu'aux personnes nées à partir de 1969, comme le détaille la fiche officielle de Service-Public.
Or ce gel a une date d'expiration. La loi impose qu'un nouveau texte fixe les règles applicables à partir de 2028, faute de quoi le calendrier de la réforme de 2023 reprend sa marche vers 64 ans.
Le nouveau président de la république qui sera élu en mai 2027 disposera donc de quelques mois à peine pour décider de votre âge de départ.
Si vous êtes né entre 1965 et 1972, vous serez la première variable d'ajustement du quinquennat, quel que soit le vainqueur. Voilà le vrai enjeu que le débat sur les 67,6 ans recouvre.
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Les générations 1964 à 1968 partent ainsi entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, avec un trimestre de cotisation en moins à valider. La barre des 64 ans ne s'appliquerait plus qu'aux personnes nées à partir de 1969, comme le détaille la fiche officielle de Service-Public.
Or ce gel a une date d'expiration. La loi impose qu'un nouveau texte fixe les règles applicables à partir de 2028, faute de quoi le calendrier de la réforme de 2023 reprend sa marche vers 64 ans.
Le nouveau président de la république qui sera élu en mai 2027 disposera donc de quelques mois à peine pour décider de votre âge de départ.
Si vous êtes né entre 1965 et 1972, vous serez la première variable d'ajustement du quinquennat, quel que soit le vainqueur. Voilà le vrai enjeu que le débat sur les 67,6 ans recouvre.
Ceux qui assument de vous faire travailler plus longtemps
Du côté des candidats qui assument la ligne du rapport, Bruno Retailleau est le plus explicite. Le candidat désigné par Les Républicains en avril propose de reculer l'âge légal à 65 ans.
Édouard Philippe, en campagne depuis septembre 2024, refuse lui d'abandonner la borne d'âge mais reconnaît que les Français devraient « travailler un peu plus longtemps », sans avancer de chiffre.
Le président d'Horizons y ajoute une rupture : introduire 15 % de capitalisation dans le système, c'est-à-dire qu'une part de vos cotisations serait placée sur les marchés au lieu de financer directement les pensions actuelles.
Aucun des deux ne précise le sort réservé au gel en vigueur. Le détail a pourtant son importance, puisque c'est la première décision retraite qui attendra l'Élysée.
Édouard Philippe, en campagne depuis septembre 2024, refuse lui d'abandonner la borne d'âge mais reconnaît que les Français devraient « travailler un peu plus longtemps », sans avancer de chiffre.
Le président d'Horizons y ajoute une rupture : introduire 15 % de capitalisation dans le système, c'est-à-dire qu'une part de vos cotisations serait placée sur les marchés au lieu de financer directement les pensions actuelles.
Aucun des deux ne précise le sort réservé au gel en vigueur. Le détail a pourtant son importance, puisque c'est la première décision retraite qui attendra l'Élysée.
Ceux qui veulent faire disparaître l'âge légal
Gabriel Attal, candidat déclaré depuis le 22 mai, propose une voie que la France n'a jamais empruntée : supprimer la notion même d'âge légal.
Seule compterait la durée de cotisation, chacun choisissant son moment de départ dès lors qu'un montant minimal de pension serait atteint. Le patron de Renaissance y adjoint lui aussi une dose de capitalisation, présentée comme un levier pour les pensions et l'investissement.
Jordan Bardella a défendu une logique voisine : « l'âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c'est la durée de cotisation », a déclaré le président du Rassemblement national.
Une liberté séduisante sur le papier, mais qui déplace tout le risque sur votre carrière : trimestres manquants, périodes de chômage ou de temps partiel repousseraient mécaniquement le départ, sans borne protectrice.
Vous l'avez compris, derrière un même mot d'ordre, la suppression de l'âge légal peut produire des départs plus tardifs que la réforme qu'elle prétend dépasser.
Seule compterait la durée de cotisation, chacun choisissant son moment de départ dès lors qu'un montant minimal de pension serait atteint. Le patron de Renaissance y adjoint lui aussi une dose de capitalisation, présentée comme un levier pour les pensions et l'investissement.
Jordan Bardella a défendu une logique voisine : « l'âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c'est la durée de cotisation », a déclaré le président du Rassemblement national.
Une liberté séduisante sur le papier, mais qui déplace tout le risque sur votre carrière : trimestres manquants, périodes de chômage ou de temps partiel repousseraient mécaniquement le départ, sans borne protectrice.
Vous l'avez compris, derrière un même mot d'ordre, la suppression de l'âge légal peut produire des départs plus tardifs que la réforme qu'elle prétend dépasser.
Ceux qui promettent un retour en arrière
Reste le camp du retour en arrière. Marine Le Pen, candidate déclarée du Rassemblement national, rejette tout allongement et défend un départ possible dès 60 ans pour les carrières longues.
Sa position a d'ailleurs recadré celle de Jordan Bardella, qui avait un temps évoqué un relèvement. La cour d'appel de Paris dira le 7 juillet si son inéligibilité est confirmée, auquel cas son protégé reprendrait le flambeau, avec la ligne durée de cotisation qu'on lui connaît.
Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré depuis le 3 mai 2026 et en campagne depuis le 7 juin, promet l'abrogation de la réforme de 2023 et la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités, financée par une hausse des cotisations et leur extension aux revenus du capital.
Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous mais en ce qui me concerne, je n'ai pas le souvenir d'une présidentielle où l'écart entre les programmes atteignait cinq années pleines sur l'âge de départ en retraite, de 60 à 65 ans.
Selon votre génération, le bulletin d'avril 2027 ne désignera donc pas seulement un président, il fixera aussi la dernière ligne de votre relevé de carrière...
Sa position a d'ailleurs recadré celle de Jordan Bardella, qui avait un temps évoqué un relèvement. La cour d'appel de Paris dira le 7 juillet si son inéligibilité est confirmée, auquel cas son protégé reprendrait le flambeau, avec la ligne durée de cotisation qu'on lui connaît.
Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré depuis le 3 mai 2026 et en campagne depuis le 7 juin, promet l'abrogation de la réforme de 2023 et la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités, financée par une hausse des cotisations et leur extension aux revenus du capital.
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D'ici là, aucune de ces promesses n'a de valeur réglementaire : seul le gel à 62 ans et 9 mois s'applique, et il expire en janvier 2028. Réforme des retraites suspendue : combien de mois gagnez-vous selon votre âge
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