Un déficit qui double en douze mois
En juin 2025, le COR projetait un déficit du système de retraite à 1,4 % du PIB en 2070. Douze mois plus tard, le projet de rapport annuel 2026 (dont les membres doivent voter l'adoption jeudi 11 juin) porte cette projection à 2,4 % !
En 2024, le COR estimait le déficit 2070 à 0,8 % du PIB. En 2025, il le portait à 1,4 %. En 2026, il bondit de 71%. La courbe s'accélère donc sensiblement d'un rapport à l'autre. Un doux euphémisme.
À court terme, rien ne bouge : le déficit 2030 reste estimé à 0,2 % du PIB, soit environ 6,6 milliards d'euros. Celui de 2045 est stable à 0,9 %.
Tout se joue en fait après 2045, là où le système perd ses cotisants. Et le COR, pour la première fois, a modifié les hypothèses démographiques qui servaient de socle à ses projections depuis trois ans.
En 2024, le COR estimait le déficit 2070 à 0,8 % du PIB. En 2025, il le portait à 1,4 %. En 2026, il bondit de 71%. La courbe s'accélère donc sensiblement d'un rapport à l'autre. Un doux euphémisme.
À court terme, rien ne bouge : le déficit 2030 reste estimé à 0,2 % du PIB, soit environ 6,6 milliards d'euros. Celui de 2045 est stable à 0,9 %.
Tout se joue en fait après 2045, là où le système perd ses cotisants. Et le COR, pour la première fois, a modifié les hypothèses démographiques qui servaient de socle à ses projections depuis trois ans.
1,45 enfant par femme : la correction reportée depuis deux ans
Le rapport de 2025 reposait sur une fécondité de 1,8 enfant par femme, hypothèse centrale de l'Insee héritée des projections 2021. Le COR savait depuis sa lettre de février 2026 que ce chiffre ne correspondait plus à rien : la fécondité observée en 2025 était tombée à 1,56, plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale selon le bilan démographique de l'Insee.
En 2010, l'indice de fécondité français était encore de 2,02. En 2024, il est descendu à 1,61.
Le COR considère désormais que la baisse est durable et retient 1,45 comme nouvelle hypothèse de référence. Le rapport 2026 acte cette rupture, et l'ensemble des projections du COR sera consultable sur le site officiel du Conseil d'orientation des retraites dès sa publication.
Un taux de fécondité plus bas signifie moins de naissances aujourd'hui, donc moins d'actifs cotisants dans vingt ans. Le ratio entre cotisants et retraités, qui est actuellement de 1,7, pourrait descendre entre 1,3 et 1,4 en 2070.
Avec la même enveloppe de pensions à financer et moins de contributeurs pour la remplir, l'équation se referme donc d'elle-même.
En 2010, l'indice de fécondité français était encore de 2,02. En 2024, il est descendu à 1,61.
Le COR considère désormais que la baisse est durable et retient 1,45 comme nouvelle hypothèse de référence. Le rapport 2026 acte cette rupture, et l'ensemble des projections du COR sera consultable sur le site officiel du Conseil d'orientation des retraites dès sa publication.
Un taux de fécondité plus bas signifie moins de naissances aujourd'hui, donc moins d'actifs cotisants dans vingt ans. Le ratio entre cotisants et retraités, qui est actuellement de 1,7, pourrait descendre entre 1,3 et 1,4 en 2070.
Avec la même enveloppe de pensions à financer et moins de contributeurs pour la remplir, l'équation se referme donc d'elle-même.
67,6 ans : un levier de modèle, pas un âge de départ
Le COR ne propose pas la retraite à 67,6 ans. Il simule ce qui se passerait si la France n'utilisait que le levier de l'âge de départ pour atteindre l'équilibre financier du système en 2070.
Dans ce scénario unique, l'âge moyen de départ devrait passer à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070. En 2025, la même simulation donnait 66,5 ans en 2070, soit un an de plus en un an de rapport, conséquence directe du changement d'hypothèse de fécondité.
Sauf qu'aucun gouvernement n'actionnera ce seul levier. Reculer l'âge légal de cinq ans supplémentaires, alors que 58 % des 60-64 ans ne sont déjà plus en emploi, produirait surtout une explosion du chômage senior et des minima sociaux.
Le COR estime en effet que le niveau de vie relatif des retraités pourrait tomber sous les 90 % de celui de la population générale d'ici 2070. En 2021, ce ratio était de 98,7 %, la quasi-parité.
Vous l'avez compris : le système de retraite ne vous enverra pas travailler jusqu'à 67,6 ans. Il érodera votre pouvoir d'achat, année après année, par la sous-indexation des pensions sur les salaires.
Sur une pension de 1 500 € nets, la dérive cumulée pourrait ainsi représenter un décrochage de 130 à 150 € en valeur réelle sur une décennie.
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Retraite à 65 ans : le rapport du COR qui oublie que 58 % des 60-64 ans ne travaillent déjà plus
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Sur une pension de 1 500 € nets, la dérive cumulée pourrait ainsi représenter un décrochage de 130 à 150 € en valeur réelle sur une décennie.
Agirc-Arrco : vos revalorisations aggravent l'addition
Le deuxième facteur identifié par le COR surprend : ce sont les nouvelles règles de revalorisation adoptées par les partenaires sociaux gestionnaires de l'Agirc-Arrco.
À partir de 2038, les pensions complémentaires seront revalorisées de manière plus favorable qu'auparavant. Vos futures revalorisations complémentaires y gagneront à court terme. En revanche le surcoût, lui, creuse le déficit à long terme.
Le COR le dit sans détour : les nouvelles règles Agirc-Arrco sont l'une des deux raisons principales de la révision à la hausse du déficit 2070.
Le paradoxe est saisissant.
Le régime complémentaire Agirc-Arrco reste lui-même excédentaire sur toute la période de projection, ses réserves dépassent largement les six mois de prestations qui servent de règle de pilotage. C'est précisément cet excédent qui a permis aux partenaires sociaux de voter des revalorisations plus généreuses.
Sauf que ces revalorisations alourdissent une facture qui nous revient, tôt ou tard.
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Sauf que ces revalorisations alourdissent une facture qui nous revient, tôt ou tard.
Dernier rapport avant la présidentielle
Le rapport 2026 du COR sera voté jeudi 11 juin en séance plénière. Le COR l'a lui-même rappelé dans son édition 2025 : c'est le dernier rapport annuel avant l'élection présidentielle de 2027. Les projections qui y figureront serviront donc de base aux programmes des candidats.
Reste à savoir maintenant quel candidat mettra ces chiffres sur la table et, surtout, quel levier sera appliqué à votre pension à l'arrivée par celui qui sera élu...
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