Trois paliers, calculés sur l'ensemble de vos pensions
Le dispositif tient en trois paliers, et c'est le total de vos pensions qui vous range dans l'un d'eux. En dessous de 1 260 euros par mois, votre pension de base suivrait l'inflation comme le prévoit la loi. Entre 1 260 et 2 034 euros, elle augmenterait moins vite que les prix, selon un coefficient que fixerait un décret. À partir de 2 034 euros, elle ne bougerait plus du tout au 1er janvier.
Ce classement additionne tout ce que vous percevez, régime général et complémentaires réunis, d'après les éléments de l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale publiés par Le Monde. Mais le gel lui-même ne viserait que la retraite de base. Autrement dit, une même pension complémentaire peut vous faire changer de palier sans être gelée elle-même.
Ce classement additionne tout ce que vous percevez, régime général et complémentaires réunis, d'après les éléments de l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale publiés par Le Monde. Mais le gel lui-même ne viserait que la retraite de base. Autrement dit, une même pension complémentaire peut vous faire changer de palier sans être gelée elle-même.
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Votre complémentaire vous classe, sans être gelée
Prenons un ancien salarié du privé qui touche 1 400 euros de la Carsat et 700 euros de l'Agirc-Arrco. Son total atteint 2 100 euros, il tombe dans le palier du gel. Sa pension de base de 1 400 euros resterait alors figée en janvier 2027, quelle que soit la hausse des prix.
J'ai refait le calcul pour lui, et le calcul est le nôtre : chaque point d'inflation non répercuté lui coûte 14 euros par mois, soit 168 euros sur l'année. Et la perte ne se rattrape pas l'année suivante, puisque la prochaine revalorisation partira du montant gelé.
Sa complémentaire, en revanche, obéit à d'autres règles. Elle est revalorisée chaque 1er novembre par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco, où siègent syndicats et patronat, et non par le gouvernement. Or ce conseil n'avait trouvé aucun accord à l'automne 2025, ce qui avait laissé la valeur du point inchangée. Sa décision pour novembre 2026 n'est pas encore connue.
J'ai refait le calcul pour lui, et le calcul est le nôtre : chaque point d'inflation non répercuté lui coûte 14 euros par mois, soit 168 euros sur l'année. Et la perte ne se rattrape pas l'année suivante, puisque la prochaine revalorisation partira du montant gelé.
Sa complémentaire, en revanche, obéit à d'autres règles. Elle est revalorisée chaque 1er novembre par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco, où siègent syndicats et patronat, et non par le gouvernement. Or ce conseil n'avait trouvé aucun accord à l'automne 2025, ce qui avait laissé la valeur du point inchangée. Sa décision pour novembre 2026 n'est pas encore connue.
Un mécanisme déjà utilisé en 2014
En 2014 déjà, le gel des pensions de base avait épargné les retraités touchant moins de 1 200 euros bruts par mois environ, tous régimes confondus. Le ministère du Travail prévient d'ailleurs que les textes ne sont pas encore finement écrits ni arbitrés. Brut ou net, lissage ou non pour qui dépasse le seuil de quelques euros : ces détails décideront de votre palier.
Le Parlement avait retiré le gel pour 2026
Vous vous souvenez peut-être que le gel avait déjà été proposé pour 2026, et pour tout le monde. Le Parlement l'avait retiré de la loi de financement adoptée le 16 décembre 2025, et vos pensions de base avaient finalement augmenté de 0,9 % au 1er janvier 2026. Comme le rappelle Service Public dans son actualité consacrée à la revalorisation du 1er janvier 2026, cette hausse a suivi la règle légale d'indexation sur les prix.
Sébastien Lecornu avait lui-même écarté toute baisse des pensions dans Le Figaro, en évoquant plutôt une moindre revalorisation pour certains retraités. Cette fois, le gouvernement cible les pensions les plus élevées. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré dans La Tribune Dimanche qu'aucune pension versée ne diminuerait. L'exécutif cherche environ 6 milliards d'euros d'économies sur les retraites, dans un effort total de 54 milliards annoncé par le Premier ministre. Le projet doit être présenté en Conseil des ministres d'ici début octobre, avant plusieurs semaines de débat à l'Assemblée et au Sénat.
Du côté des retraités, le ton n'est pas au refus pur et simple. Invité de RMC, Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités, s'est dit prêt à participer, à condition que les efforts soient partagés.
Sébastien Lecornu avait lui-même écarté toute baisse des pensions dans Le Figaro, en évoquant plutôt une moindre revalorisation pour certains retraités. Cette fois, le gouvernement cible les pensions les plus élevées. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré dans La Tribune Dimanche qu'aucune pension versée ne diminuerait. L'exécutif cherche environ 6 milliards d'euros d'économies sur les retraites, dans un effort total de 54 milliards annoncé par le Premier ministre. Le projet doit être présenté en Conseil des ministres d'ici début octobre, avant plusieurs semaines de débat à l'Assemblée et au Sénat.
Du côté des retraités, le ton n'est pas au refus pur et simple. Invité de RMC, Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités, s'est dit prêt à participer, à condition que les efforts soient partagés.
Votre abattement de 10 % visé lui aussi
Le gouvernement envisage aussi d'abaisser le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, de 4 439 euros aujourd'hui à 3 000 euros. Selon son propre chiffrage, cette mesure rapporterait 1,4 milliard d'euros.
Ce plafond s'apprécie par foyer fiscal, et non par personne. Un plafond de 3 000 euros serait atteint dès 30 000 euros de pensions déclarées par le foyer, contre 44 390 euros avec le plafond actuel. Pour un couple qui déclare 40 000 euros de pensions, 1 000 euros de plus deviendraient imposables, soit environ 110 euros d'impôt s'il est dans la tranche à 11 %, et 300 euros dans la tranche à 30 %. Là encore, le calcul est le nôtre.
Un couple dont chaque membre se situe dans le palier intermédiaire, sous-indexé mais pas gelé, peut ainsi perdre aussi une partie de son abattement. Les deux mesures ne se lisent pas sur le même document, puisque l'une porte sur votre pension et l'autre sur votre avis d'impôt.
Ce plafond s'apprécie par foyer fiscal, et non par personne. Un plafond de 3 000 euros serait atteint dès 30 000 euros de pensions déclarées par le foyer, contre 44 390 euros avec le plafond actuel. Pour un couple qui déclare 40 000 euros de pensions, 1 000 euros de plus deviendraient imposables, soit environ 110 euros d'impôt s'il est dans la tranche à 11 %, et 300 euros dans la tranche à 30 %. Là encore, le calcul est le nôtre.
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Les deux montants à noter avant janvier
Où vous situez-vous exactement ? Nous vous conseillons de sortir deux montants dès maintenant : la pension de base versée par votre caisse et la complémentaire versée par l'Agirc-Arrco. Tous deux figurent dans votre espace personnel en ligne, sur le relevé de paiements de chaque caisse. Additionnez-les pour savoir de quel côté des seuils de 1 260 et 2 034 euros vous vous situez, en gardant en tête que le texte final précisera s'il faut raisonner en brut ou en net.
Conservez aussi le relevé de décembre 2026. La pension de janvier 2027 est versée début février par le régime général, et c'est en comparant les deux montants que nous saurons tous, chiffres en main, si la revalorisation a été appliquée, rognée ou gelée. D'ici là, rien n'est voté, et chaque palier peut encore bouger au Parlement.
Conservez aussi le relevé de décembre 2026. La pension de janvier 2027 est versée début février par le régime général, et c'est en comparant les deux montants que nous saurons tous, chiffres en main, si la revalorisation a été appliquée, rognée ou gelée. D'ici là, rien n'est voté, et chaque palier peut encore bouger au Parlement.



