Agirc-Arrco : un plafond à 1,9 % avant même le vote
Le décor est planté avant même que la séance commence. Les syndicats et le patronat qui pilotent l'Agirc-Arrco ne se réuniront que le mercredi 14 octobre pour fixer la revalorisation des retraites complémentaires, et le haut de la fourchette a déjà bougé. D'après Les Échos, qui a publié l'information mercredi soir, la hausse ne pourra pas excéder 1,9 %. Jusqu'ici, presque toute la presse annonçait une fourchette de 1,2 % à 2 %, nous compris.
Ce dixième de point ne touche pas au calendrier. Si le conseil d'administration s'entend, la nouvelle valeur du point s'appliquera au 1er novembre et arrivera avec le virement du lundi 2 novembre. Elle concernera les 14 millions de retraités qui perçoivent chaque mois une retraite complémentaire du régime, selon le décompte de l'Agirc-Arrco. Et l'an dernier a rappelé qu'un accord n'est jamais acquis : réuni le 17 octobre 2025, le conseil s'était séparé sans s'entendre, et le point n'avait pas bougé.
Ce dixième de point ne touche pas au calendrier. Si le conseil d'administration s'entend, la nouvelle valeur du point s'appliquera au 1er novembre et arrivera avec le virement du lundi 2 novembre. Elle concernera les 14 millions de retraités qui perçoivent chaque mois une retraite complémentaire du régime, selon le décompte de l'Agirc-Arrco. Et l'an dernier a rappelé qu'un accord n'est jamais acquis : réuni le 17 octobre 2025, le conseil s'était séparé sans s'entendre, et le point n'avait pas bougé.
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Pourquoi votre retraite complémentaire ne peut plus viser 2 %
Pour comprendre ce plafond, il faut revenir à la règle. L'accord signé par les syndicats et le patronat le 5 octobre 2023 fait suivre au point les prix hors tabac prévus pour l'année, moins 0,4 point. Or la note de conjoncture publiée par l'Insee le 10 septembre table sur une hausse des prix hors tabac de 2,0 % en moyenne sur 2026. La base de calcul ressort donc à 1,6 %, et le conseil peut s'en écarter de 0,4 point dans un sens ou dans l'autre. Sur le papier, le maximum tombait pile à 2 %.
L'Insee n'a pas publié de nouvelle prévision depuis. À inflation inchangée, une seule ligne de l'accord peut abaisser ce maximum : celle qui interdit de « revaloriser les pensions au-delà de l'évolution des salaires ». Tant que les salaires progressaient plus vite que les prix, cette ligne ne gênait personne, mais cette année les deux courbes se tiennent de près. Votre retraite complémentaire ne peut pas monter plus vite que la paie moyenne des salariés qui la financent.
Je l'avoue, voir ce scénario se vérifier en moins de deux semaines m'a surpris : nous l'avions décrit le 27 septembre comme une simple possibilité.
L'Insee n'a pas publié de nouvelle prévision depuis. À inflation inchangée, une seule ligne de l'accord peut abaisser ce maximum : celle qui interdit de « revaloriser les pensions au-delà de l'évolution des salaires ». Tant que les salaires progressaient plus vite que les prix, cette ligne ne gênait personne, mais cette année les deux courbes se tiennent de près. Votre retraite complémentaire ne peut pas monter plus vite que la paie moyenne des salariés qui la financent.
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Ce que le dixième perdu coûte sur votre pension
Concrètement, que coûte ce dixième de point ? Prenons une complémentaire de 1 000 euros brut par mois. À 2 %, elle aurait gagné 20 euros par mois, soit 240 euros sur l'année. À 1,9 %, le maximum désormais possible, elle gagnera au mieux 19 euros par mois, soit 228 euros par an. Le calcul est le nôtre, et il est brut : CSG, CRDS et prélèvement à la source en retireront une part.
Le bas de la fourchette, lui, ne bouge pas. À 1,2 %, la même pension progressera de 12 euros par mois. Exprimé en valeur du point, toujours fixée à 1,4386 €, l'écart se lit ainsi : 1,4559 € au plus bas, 1,4659 € au plus haut, au lieu des 1,4674 € qu'aurait donnés une hausse de 2 %. Si votre complémentaire tourne autour de 500 euros, divisez tout par deux.
Le bas de la fourchette, lui, ne bouge pas. À 1,2 %, la même pension progressera de 12 euros par mois. Exprimé en valeur du point, toujours fixée à 1,4386 €, l'écart se lit ainsi : 1,4559 € au plus bas, 1,4659 € au plus haut, au lieu des 1,4674 € qu'aurait donnés une hausse de 2 %. Si votre complémentaire tourne autour de 500 euros, divisez tout par deux.
Des prix à 3 % sur un an en septembre
Le décalage avec les prix pèse bien plus lourd que ce dixième. Selon l'estimation provisoire publiée par l'Insee le 30 septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3,0 % sur un an en septembre, tirés par l'énergie. Votre retraite complémentaire, elle, n'a pas bougé depuis le 1er novembre 2024. Même au plafond de 1,9 %, la hausse de novembre ne rattrapera ni l'année de gel ni les prix de cet automne.
Le 14 octobre, les syndicats réclameront plus que le plafond
Les syndicats n'en démordent pas pour autant. L'UNSA Retraités réclame une revalorisation de 3 % : 2,1 % au titre de l'inflation de 2026, soit le chiffre tabac compris, plus un rattrapage du gel. L'union confédérale des retraités de la CGT appelle à un rassemblement devant le siège du régime à Paris le 14 octobre, et demande un plan de rattrapage de 10 % depuis 2020. Les retraités se mobilisent aussi en région, dans le Tarn, le Puy-de-Dôme ou le Loir-et-Cher.
Sauf que ces revendications dépassent le cadre fixé par l'accord de 2023. Au-delà de 1,9 %, le conseil d'administration n'a plus la main, et la décision se jouera entre 1,2 % et 1,9 %. En face, le patronat n'avait proposé que 0,2 % l'an dernier, alors que les syndicats avaient d'abord demandé ensemble 1 %. Faute de compromis, le point était resté figé.
Sauf que ces revendications dépassent le cadre fixé par l'accord de 2023. Au-delà de 1,9 %, le conseil d'administration n'a plus la main, et la décision se jouera entre 1,2 % et 1,9 %. En face, le patronat n'avait proposé que 0,2 % l'an dernier, alors que les syndicats avaient d'abord demandé ensemble 1 %. Faute de compromis, le point était resté figé.
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Votre virement du 2 novembre dira quel taux a été retenu
Et vous, comment saurez-vous quel taux a été retenu ? Le plus simple sera d'attendre le virement du lundi 2 novembre, puis d'ouvrir votre espace personnel sur le site de l'Agirc-Arrco. Comparez le montant brut de novembre à celui d'octobre, divisez l'écart par le brut d'octobre : si vous trouvez 1,9 %, le conseil aura accordé le maximum. Le net peut varier pour d'autres raisons, comme un nouveau taux de prélèvement à la source.
La décision du 14 octobre sera aussi la dernière prise selon les règles de 2023, puisque l'accord arrive à échéance le 31 décembre 2026. Ce que syndicats et patronat écriront pour la suite dira si une année sans revalorisation peut encore se reproduire. Pour 14 millions de retraités du privé, le 14 octobre ne fixera donc pas seulement un taux, il donnera le ton des années qui viennent.
La décision du 14 octobre sera aussi la dernière prise selon les règles de 2023, puisque l'accord arrive à échéance le 31 décembre 2026. Ce que syndicats et patronat écriront pour la suite dira si une année sans revalorisation peut encore se reproduire. Pour 14 millions de retraités du privé, le 14 octobre ne fixera donc pas seulement un taux, il donnera le ton des années qui viennent.




