« Je vis très confortablement » : l'aveu de Mélenchon sur sa retraite
Il est rare d'entendre un candidat à l'Élysée parler aussi librement de son propre niveau de vie. Jean-Luc Mélenchon l'a fait le dimanche 25 octobre, dans un entretien de deux heures et demie accordé au journaliste économique François Lenglet pour l'émission « Pourquoi président(e) ? » de TF1 Info. Interrogé sur sa vie personnelle, l'ancien sénateur de 75 ans a expliqué que sa vie matérielle s'était simplifiée et qu'il vivait désormais « très confortablement » à la retraite.
Le candidat de La France insoumise a relevé lui-même le paradoxe. Partisan déclaré de la retraite par répartition, il dit vivre, selon les propos rapportés par Planet, « de pensions que les assemblées acquièrent par des fonds de pensions ». D'après Le Figaro, il a ajouté qu'il ne s'en plaignait pas pour ce qui le concerne, mais qu'il ne recommandait pas ce système à la société. Pleine Vie, Valeurs actuelles ou La Dépêche ont repris la formule à leur tour.
Le candidat de La France insoumise a relevé lui-même le paradoxe. Partisan déclaré de la retraite par répartition, il dit vivre, selon les propos rapportés par Planet, « de pensions que les assemblées acquièrent par des fonds de pensions ». D'après Le Figaro, il a ajouté qu'il ne s'en plaignait pas pour ce qui le concerne, mais qu'il ne recommandait pas ce système à la société. Pleine Vie, Valeurs actuelles ou La Dépêche ont repris la formule à leur tour.
La Newsletter SeniorActu
Chaque vendredi
Retraite, santé, pouvoir d'achat : la synthèse de l'actualité des seniors directement dans votre boîte mail.
Pourquoi il ne veut pas de capitalisation pour votre retraite
Mais l'aveu ne change rien à sa position de fond. Selon Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon juge la capitalisation trop inégalitaire et trop instable pour la recommander aux Français. Son programme prévoit de ramener l'âge légal de départ à 60 ans, financé notamment par une hausse progressive des cotisations vieillesse et par une taxation accrue des dividendes, sans recours à la capitalisation. Pour vous qui êtes déjà à la retraite, ce choix revient à garder une pension payée par les cotisations des actifs.
Deux jours après l'entretien, mardi 27 octobre, devant les étudiants de l'ESSEC, il a défendu la solidité de la répartition : à l'en croire, les gains de productivité de ces dernières années compensent la dégradation du rapport entre actifs et retraités. Il y a aussi rappelé, rapporte 21News, les pertes subies en 2008 par certains fonds de pension américains, résumant d'un « Couic ! » ce qui arrive selon lui à l'épargne des retraités à la première crise venue.
Deux jours après l'entretien, mardi 27 octobre, devant les étudiants de l'ESSEC, il a défendu la solidité de la répartition : à l'en croire, les gains de productivité de ces dernières années compensent la dégradation du rapport entre actifs et retraités. Il y a aussi rappelé, rapporte 21News, les pertes subies en 2008 par certains fonds de pension américains, résumant d'un « Couic ! » ce qui arrive selon lui à l'épargne des retraités à la première crise venue.
Au Sénat, des placements paient l'essentiel des pensions
D'où vient alors cet argent ? J'ai voulu vérifier ce que recouvrent ces « fonds de pensions », car les trois assemblées où il a siégé ne fonctionnent pas de la même façon. Jean-Luc Mélenchon a passé près de dix-neuf ans au Sénat comme élu de l'Essonne, de 1986 à 2000 puis de 2004 à 2010, et c'est la caisse des anciens sénateurs qui se rapproche le plus de ce qu'il décrit.
Les comptes du Sénat pour l'exercice 2025 le disent sans détour : ses caisses de retraite, créées en 1905, sont gérées en répartition dite provisionnée, et leur financement repose à la fois sur les cotisations et sur des placements financiers. Cette année-là, la caisse des anciens sénateurs a versé 42 millions d'euros à 746 pensionnés, alors que les cotisations encaissées n'atteignaient que 13,33 millions. Le déficit de 28,6 millions qui en résulte a été couvert par un résultat financier de 50,1 millions d'euros, sans subvention.
Autrement dit, les cotisations ne paient même pas un tiers des pensions de cette caisse, 31,7 % selon notre calcul, et ce sont les placements qui font le reste. La Fondation Ifrap y voit une part de capitalisation, quand le Sénat préfère parler de répartition. Rapportées aux 746 pensionnés, ces prestations représentent en moyenne environ 4 690 euros par mois, toujours selon notre calcul, ce qui ne dit rien du montant exact touché par Jean-Luc Mélenchon.
Les comptes du Sénat pour l'exercice 2025 le disent sans détour : ses caisses de retraite, créées en 1905, sont gérées en répartition dite provisionnée, et leur financement repose à la fois sur les cotisations et sur des placements financiers. Cette année-là, la caisse des anciens sénateurs a versé 42 millions d'euros à 746 pensionnés, alors que les cotisations encaissées n'atteignaient que 13,33 millions. Le déficit de 28,6 millions qui en résulte a été couvert par un résultat financier de 50,1 millions d'euros, sans subvention.
Autrement dit, les cotisations ne paient même pas un tiers des pensions de cette caisse, 31,7 % selon notre calcul, et ce sont les placements qui font le reste. La Fondation Ifrap y voit une part de capitalisation, quand le Sénat préfère parler de répartition. Rapportées aux 746 pensionnés, ces prestations représentent en moyenne environ 4 690 euros par mois, toujours selon notre calcul, ce qui ne dit rien du montant exact touché par Jean-Luc Mélenchon.
Strasbourg, l'Assemblée et votre propre pension
Sauf que le reste de sa carrière ne relève pas de ce modèle. Au Parlement européen, un fonds de pension volontaire avait bien été créé en 1990, mais il a été fermé aux nouveaux élus en 2009, avec l'entrée en vigueur du statut commun des eurodéputés le 14 juillet. Entré à Strasbourg à cette date et resté jusqu'en 2017, Jean-Luc Mélenchon relève de ce statut, qui prévoit, selon les règles rappelées par L'Essentiel de l'Éco, 3,5 % du salaire de référence par année de mandat.
Côté Assemblée nationale, où il a été député de 2017 à 2022, le régime des élus est aligné depuis le 1er janvier 2018 sur celui des fonctionnaires, comme l'a rappelé Public Sénat. Le montant total de sa retraite n'est pas public. En octobre 2024, les députés insoumis avaient d'ailleurs proposé, par un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2025, d'écrêter les hautes pensions cumulées des anciens élus, caisse du Sénat comprise, un texte resté sans suite.
Et votre retraite à vous ? Votre pension de base comme votre complémentaire Agirc-Arrco reposent sur la répartition, ce sont donc les cotisations des actifs en poste qui les paient chaque mois. Les partisans de la capitalisation, comme le site Contrepoints, rétorquent que l'épargne des salariés américains qui cotisaient sans interruption depuis 2007 avait dépassé son niveau d'avant la crise dès la fin de 2011. Entre ces deux lectures, nous aurons à trancher d'ici le premier tour, et l'aveu de Jean-Luc Mélenchon a au moins le mérite de nous rappeler qui paie vraiment chaque pension.
Côté Assemblée nationale, où il a été député de 2017 à 2022, le régime des élus est aligné depuis le 1er janvier 2018 sur celui des fonctionnaires, comme l'a rappelé Public Sénat. Le montant total de sa retraite n'est pas public. En octobre 2024, les députés insoumis avaient d'ailleurs proposé, par un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2025, d'écrêter les hautes pensions cumulées des anciens élus, caisse du Sénat comprise, un texte resté sans suite.
Sur le même sujet :
Retraite par capitalisation : Ciotti veut puiser dans vos 91 milliards de réserves Agirc-Arrco
Retraite par capitalisation : Ciotti veut puiser dans vos 91 milliards de réserves Agirc-Arrco
Et votre retraite à vous ? Votre pension de base comme votre complémentaire Agirc-Arrco reposent sur la répartition, ce sont donc les cotisations des actifs en poste qui les paient chaque mois. Les partisans de la capitalisation, comme le site Contrepoints, rétorquent que l'épargne des salariés américains qui cotisaient sans interruption depuis 2007 avait dépassé son niveau d'avant la crise dès la fin de 2011. Entre ces deux lectures, nous aurons à trancher d'ici le premier tour, et l'aveu de Jean-Luc Mélenchon a au moins le mérite de nous rappeler qui paie vraiment chaque pension.




