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Chauffage au gaz ou à l'électricité : avec le prix repère de la CRE relevé au 1er novembre, votre vieille chaudière coûte presque autant qu'un radiateur

Le thermostat remonte d'un cran dans les salons, et la même question revient avec le froid : gaz ou électricité, quel chauffage coûte le moins cher cet hiver ? Pour ceux d'entre nous qui vivent avec un chauffage au gaz, la réponse ne se lit plus sur la ligne du kilowattheure de la facture. Depuis ce dimanche, l'écart avec le radiateur électrique s'est resserré, au point de ne plus tenir qu'à quelques dixièmes de centime dans les maisons équipées d'une chaudière ancienne.

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Par | Publié le 1 Novembre 2026 à 09:53 | mis à jour le 1 Novembre 2026 à 10:13
Une femme règle sa chaudière au gaz, un radiateur électrique visible dans le séjour - Illustration générée par IA
Une femme règle sa chaudière au gaz, un radiateur électrique visible dans le séjour - Illustration générée par IA

Gaz : ce que la hausse du 1er novembre change sur votre facture

Sur votre facture, le gaz garde l'avantage : son kilowattheure reste affiché moins cher que celui de l'électricité. Sauf que votre maison ne se chauffe pas avec des kilowattheures achetés, elle se chauffe avec la chaleur que votre appareil restitue dans les pièces, et c'est là que le classement se joue.

La hausse de ce 1er novembre a resserré l'écart. Selon la Commission de régulation de l'énergie, le prix repère de vente du gaz augmente de 6,6 % en novembre, à 194,90 € le mégawattheure TTC, contre 182,88 € en octobre. Le régulateur chiffre le surcoût à 12 € en moyenne sur la facture de novembre, pour les contrats indexés sur ce prix repère, et il estime, si les marchés restent à peu près stables, une facture annuelle 2026 plus lourde d'environ 135 € qu'en 2025. Les ménages qui ont signé une offre à prix fixe, environ 40 % des clients résidentiels à fin 2025, échappent à cette hausse.

Pour le chauffage, la marche est plus haute que la moyenne. D'après Kelwatt, le kilowattheure de gaz destiné au chauffage passe à 0,1576 € au prix repère de novembre, soit 8,3 % de plus qu'en octobre. Celui de l'électricité au tarif réglementé reste à 0,2001 €.
 
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Votre chaudière ne rend pas tout le gaz que vous payez

Une chaudière ne transforme pas en chaleur tout le gaz qu'elle brûle, une partie s'en va par les fumées. Le comparateur Selectra, qui a fait le calcul pour cet hiver, retient qu'une chaudière à condensation récente rend environ 90 % de l'énergie facturée, et qu'un modèle plus ancien tourne autour de 80 %.

Rapporté au prix de novembre, le kilowattheure de chaleur revient donc à 17,5 centimes avec une chaudière à condensation, et à 19,7 centimes avec une chaudière ancienne. Le radiateur électrique, lui, transforme chaque kilowattheure consommé en un kilowattheure de chaleur, et coûte exactement le prix du courant : 20 centimes. Entre la vieille chaudière et le convecteur, l'écart ne tient plus qu'à trois dixièmes de centime.

Et l'abonnement creuse encore la différence dans l'autre sens. Selectra le chiffre à 360,79 € par an pour un contrat de gaz de chauffage au prix repère, une somme qui disparaît avec les radiateurs, l'abonnement d'électricité courant déjà. Pour une maison chauffée par une chaudière ancienne, le gaz peut donc finir l'hiver plus cher que des radiateurs, même s'il faut alors souscrire une puissance électrique plus élevée.
 

Électricité : vos radiateurs face à la pompe à chaleur

Côté électricité, le prix ne bougera pas avant le 1er février. Le tarif réglementé est à 0,2001 € le kilowattheure en option Base 6 kVA depuis le 1er août, et sa prochaine révision interviendra le 1er février 2027. En heures creuses, le kilowattheure descend à 0,1589 €, ce qui profite surtout aux appareils que l'on peut programmer la nuit.

Mais tout change avec une pompe à chaleur. Quand elle consomme un kilowattheure d'électricité, une pompe à chaleur air/eau en produit en moyenne trois pour le chauffage, comme le précise EDF dans son guide, et son coefficient reste supérieur à 2 jusqu'à -5 °C dehors. Une étude de l'Ademe menée sur 100 maisons, citée par Selectra, retient une moyenne de 2,9 : le kilowattheure de chaleur tombe alors à 6,9 centimes, moins de la moitié du prix d'une chaudière à condensation.
 
La moyenne cache des écarts. La même étude place une installation mal réglée à un coefficient de 1,8, soit 11,1 centimes le kilowattheure de chaleur, et une installation bien réglée au-delà de 4. Si vous avez déjà une pompe à chaleur, la température de l'eau envoyée aux radiateurs mérite donc d'être vérifiée par votre chauffagiste avant les grands froids.
 

Chauffage au fioul : la chaleur la plus chère de l'hiver

Pour les maisons chauffées au fioul, le calcul est devenu cruel. D'après le relevé de la Direction générale de l'énergie et du climat, le litre se vendait 1,95 € TTC le 23 octobre, pour une livraison de 2 000 à 4 999 litres. Avec dix kilowattheures par litre et une chaudière qui en rend 85 %, le kilowattheure de chaleur atteint 23 centimes, plus cher que celui du radiateur électrique.

Un coup de pouce arrive, sans renverser le classement. Le décret du 23 octobre 2026, qui autorise la vente de stocks de l'État aux distributeurs, inclut le fioul domestique, et la baisse peut apparaître sur les prix dès ce 1er novembre. TotalEnergies a promis 200 € de moins par mètre cube, soit 20 centimes par litre. Même avec cette remise, le kilowattheure de chaleur au fioul resterait autour de 20,6 centimes, au-dessus du radiateur.
 

Gaz ou électricité : ce que pèse votre chauffage sur un hiver

Pour une maison qui a besoin de 10 000 kilowattheures de chaleur sur l'hiver, aux prix connus au 1er novembre, fioul compté avant remise et hors abonnement, la facture irait de 690 € avec une pompe à chaleur moyenne à 1 751 € avec une chaudière gaz à condensation, 1 970 € avec une chaudière ancienne, 2 001 € avec des radiateurs électriques et 2 296 € avec le fioul. Ces montants se calculent en divisant le prix de chaque énergie par le rendement de l'appareil. Pour chacun de nous, c'est donc l'appareil installé à la maison, bien plus que l'énergie, qui fait la facture.

D'ailleurs, le premier geste ne coûte rien. Regardez sur votre facture de gaz si votre contrat suit le prix repère : si c'est le cas, votre prix suivra chaque mois les marchés, à la hausse comme à la baisse, et une offre à prix fixe mérite d'être comparée. Ensuite, demandez lors de l'entretien annuel quel est l'âge et le rendement de votre chaudière, car c'est ce rendement qui vous place du côté des 17,5 centimes ou des 19,7. Je préfère que vous le sachiez dès la première vague de froid plutôt qu'en ouvrant la facture de février, et nous avons intérêt à refaire ce calcul avec nos propres chiffres avant de changer quoi que ce soit.

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