Habitat

Déménager à la retraite au bord de la mer ? Pour habiter en 2050, Guillaume Faburel a retenu sept territoires résilients, tous en retrait des côtes

Vous songez à déménager à la retraite, et l'été caniculaire a peut-être ajouté une question à votre liste : où habiter en 2050, quand le réchauffement aura redessiné la carte de France ? Un géographe a tracé la sienne en sept territoires résilients. Elle ne passe pas par les plages où tant de projets de retraite prennent forme.

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Par | Publié le 26 Octobre 2026 à 08:43 | mis à jour le 26 Octobre 2026 à 08:44
Un couple de jeunes retraités visite un coin de bocage en Bretagne intérieure - Illustration générée par IA
Un couple de jeunes retraités visite un coin de bocage en Bretagne intérieure - Illustration générée par IA

Où habiter en 2050 : les sept territoires du géographe

Guillaume Faburel, géographe et professeur à l'université Lyon 2, s'est posé à l'échelle du pays la question que bien des futurs retraités se posent au moment de faire leurs cartons : où vivra-t-on encore bien en 2050 ? Sa réponse tient dans un livre, Où habiter ?, coécrit avec Isabelle Brokman et paru le 10 septembre aux éditions Tana. Auprès du média Vert, il prévient d'emblée : « Il ne s'agit pas de refuges où l'on serait protégé de tout. »

La carte qu'il a dressée avec d'autres géographes retient trois ensembles de collines : la Bretagne intérieure, jusqu'à la forêt de Brocéliande, les collines normandes et celles du Poitou, dont la Gâtine des Deux-Sèvres. S'y ajoutent quatre massifs de moyenne montagne, entre 500 et 1 200 mètres d'altitude : la partie centrale des Pyrénées autour de l'Ariège, les plateaux du Massif central, le Morvan et les Préalpes. Auprès de Vert, il en exclut les Pyrénées-Atlantiques, soumises selon lui à la pression de la côte basque.
 
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Une trentaine de critères, et le climat n'en est qu'un

Pour dresser cette carte, les géographes du mouvement post-urbain ont croisé une trentaine d'indicateurs. France 3 les range en trois familles : l'état des milieux naturels, l'économie locale, avec la diversité agricole et l'artisanat, et les inégalités sociales, avec le prix des logements et la part de résidences secondaires ou de logements vacants. Seuls les territoires qui remplissent au moins les trois quarts de ces critères ont été retenus, rapporte Ouest-France.

Le thermomètre n'est ainsi qu'un indicateur parmi d'autres. Guillaume Faburel a cherché une forêt diversifiée plutôt qu'une plantation exploitée par coupes rases, des maisons que l'on peut habiter de nouveau sans bâtir de lotissement, et des terres agricoles en petites parcelles, à un prix accessible. La forêt pèse lourd dans son choix, parce qu'elle fournit du bois, de quoi se nourrir et de la fraîcheur : en pleine canicule, l'écart peut atteindre 12 °C entre le cœur de Toulouse et une campagne arborée située à 40 ou 50 kilomètres, selon lui.
 

Votre maison au bord de la mer, hors de sa carte

C'est sur la mer que cette carte bouscule nos projets. D'après une étude de l'Insee publiée en 2022, 12 % des personnes qui partent à la retraite déménagent dans les trois ans qui entourent ce départ, et les départements des littoraux atlantique et méditerranéen comptent parmi leurs destinations privilégiées. Chez les 60-64 ans, le solde entre arrivées et départs représente 2 % de la population de cet âge dans les Pyrénées-Orientales, les Landes et le Morbihan, et monte à 5 % sur le littoral des Landes et à 6 % sur celui de la Vendée.

Sauf qu'aucun des sept territoires du géographe ne borde la mer. Il les a choisis en retrait des côtes, qu'il juge exposées à la submersion marine et à la pression des résidences secondaires, une pression qui évince déjà une partie des habitants. La maison face à l'océan, celle qui fait rêver tant de jeunes retraités, n'entre donc pas dans ses critères.

Un territoire fait le lien entre les deux cartes : le Massif central. L'Insee y relève de nombreuses arrivées de jeunes retraités, et ses plateaux figurent parmi les sept ensembles retenus par Guillaume Faburel. Je trouve ce croisement parlant, car une partie d'entre nous a déjà choisi l'intérieur des terres, sans attendre l'avis des géographes.
 

Des territoires résilients, à condition d'y vivre autrement

Encore faut-il accepter d'y vivre autrement. Le géographe parie sur une vie plus autonome, où l'on produit près de chez soi, et s'appuie sur les habitants à la vie sobre qui réparent, réemploient, mettent en bocaux et entretiennent un potager ou un verger. Ces gestes ont souvent été ceux de nos parents. Selon lui, environ 100 000 personnes quittent chaque année les grandes métropoles françaises, un mouvement discret mais installé depuis dix ou quinze ans.

Il met aussi en garde contre l'effet pervers de ces départs. Un appartement parisien qui a pris de la valeur en vingt ans se revend assez cher pour acheter une très grande propriété dans ces campagnes, et le marché immobilier y fait déjà monter les prix. Avant de s'installer, il recommande auprès de France 3 de se rendre plusieurs fois sur place.
 

Ce que le réchauffement réserve à votre commune

Pour savoir ce qui attend votre commune, ou celle qui vous fait envie, Météo-France propose un outil gratuit, Climadiag Commune. Un nom ou un code postal suffit pour obtenir les évolutions attendues en 2030, 2050 et 2100, de la sécheresse des sols au niveau de la mer, sur la trajectoire de référence de +2,7 °C en 2050 en France métropolitaine. À nos âges, la distance jusqu'au médecin compte autant que le climat, mais cette synthèse mérite d'être lue avant de signer un compromis de vente.

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