Nouveau : Posez une question à votre IA !
Obtenez des précisions ou des analyses complémentaires sur cet article en un clic
Une étude européenne dévoilée ce mercredi
Vous chauffez moins, vous isolez davantage, vous remplacez vos fenêtres et pourtant la facture grimpe. Le paradoxe vient d'être chiffré par le Bureau européen des unions de consommateurs.
L'organisme européen, qui regroupe une quarantaine d'associations dont la CLCV et l'UFC-Que Choisir, vient de publier une étude qui calcule l'impact concret sur la facture des particuliers d'ici 2030.
Selon les scénarios retenus, les ménages français se chauffant au gaz vont payer entre 43,7 % et 52,5 % de plus dans les cinq prochaines années, sur la base d'une facture moyenne actuelle proche de 1 670 €. Soit, selon le calcul du Parisien qui dévoile l'étude, un surcoût annuel moyen compris entre 729,50 € et 876 € par rapport à 2025.
Et ces chiffres ne tiennent même pas compte du prix de la matière première. Si le cours du gaz s'envole à cause d'un nouveau choc géopolitique, l'addition pourra encore s'alourdir.
L'organisme européen, qui regroupe une quarantaine d'associations dont la CLCV et l'UFC-Que Choisir, vient de publier une étude qui calcule l'impact concret sur la facture des particuliers d'ici 2030.
Selon les scénarios retenus, les ménages français se chauffant au gaz vont payer entre 43,7 % et 52,5 % de plus dans les cinq prochaines années, sur la base d'une facture moyenne actuelle proche de 1 670 €. Soit, selon le calcul du Parisien qui dévoile l'étude, un surcoût annuel moyen compris entre 729,50 € et 876 € par rapport à 2025.
Et ces chiffres ne tiennent même pas compte du prix de la matière première. Si le cours du gaz s'envole à cause d'un nouveau choc géopolitique, l'addition pourra encore s'alourdir.
Pourquoi moins consommer fait monter votre facture
La logique défie le bon sens. La consommation de gaz baisse en France, les ménages se tournent vers la pompe à chaleur ou l'électricité, le réseau perd des clients chaque année.
Or l'entretien de ce réseau, lui, reste fixe. Selon le rapport de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) sur l'avenir des infrastructures gazières, seuls 3 à 5 % des kilomètres du réseau de transport principal pourraient être abandonnés d'ici 2050.
Autrement dit, les coûts d'acheminement sont incompressibles. Plus les abonnés partent, plus la facture des restants augmente mécaniquement.
Vous payez donc pour un réseau dont vous utilisez de moins en moins, mais qui doit être entretenu pareil. Le BEUC parle d'un « emballement tarifaire » structurellement inévitable si rien ne change.
C'est le premier piège de la transition énergétique pour les retraités qui n'ont pas pu remplacer leur chaudière.
Or l'entretien de ce réseau, lui, reste fixe. Selon le rapport de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) sur l'avenir des infrastructures gazières, seuls 3 à 5 % des kilomètres du réseau de transport principal pourraient être abandonnés d'ici 2050.
Autrement dit, les coûts d'acheminement sont incompressibles. Plus les abonnés partent, plus la facture des restants augmente mécaniquement.
Vous payez donc pour un réseau dont vous utilisez de moins en moins, mais qui doit être entretenu pareil. Le BEUC parle d'un « emballement tarifaire » structurellement inévitable si rien ne change.
C'est le premier piège de la transition énergétique pour les retraités qui n'ont pas pu remplacer leur chaudière.
Les taxes empilées qui aggravent l'addition
Au coût du réseau s'ajoute la fiscalité. Et là, l'État a serré la vis sans annoncer la couleur sur la durée.
Premier coup, l'ATRD (accès des tiers aux réseaux de distribution) a augmenté de 6,1 % au 1er juillet 2025. Cette taxe d'acheminement pèse uniquement sur le gaz et fait grimper l'abonnement de tous les foyers chauffés.
Deuxième coup, la TVA sur l'abonnement gaz est passée de 5,5 % à 20 % au 1er août 2025. Une multiplication par près de quatre, qui touche d'abord les petits consommateurs.
Et le pire arrive. Au 1er janvier 2027, l'Union européenne déploie son second marché carbone, baptisé ETS 2.
Ce dispositif couvrira les consommations d'énergie des bâtiments. La Cour des comptes estime, sur l'hypothèse d'un prix du CO2 à 50 € la tonne, qu'il pourrait entraîner une hausse comprise entre 11 et 13 % sur le prix du gaz.
Cette hausse-là s'ajoutera aux 50 % déjà calculés par le BEUC.
Premier coup, l'ATRD (accès des tiers aux réseaux de distribution) a augmenté de 6,1 % au 1er juillet 2025. Cette taxe d'acheminement pèse uniquement sur le gaz et fait grimper l'abonnement de tous les foyers chauffés.
Deuxième coup, la TVA sur l'abonnement gaz est passée de 5,5 % à 20 % au 1er août 2025. Une multiplication par près de quatre, qui touche d'abord les petits consommateurs.
Et le pire arrive. Au 1er janvier 2027, l'Union européenne déploie son second marché carbone, baptisé ETS 2.
Ce dispositif couvrira les consommations d'énergie des bâtiments. La Cour des comptes estime, sur l'hypothèse d'un prix du CO2 à 50 € la tonne, qu'il pourrait entraîner une hausse comprise entre 11 et 13 % sur le prix du gaz.
Cette hausse-là s'ajoutera aux 50 % déjà calculés par le BEUC.
Qui sont les ménages piégés par cette flambée
Le gaz reste l'énergie de chauffage la plus utilisée en France, devant l'électricité. Près de 39 % des ménages en dépendent comme source principale, selon les chiffres de la CLCV.
Le profil-type des perdants se dessine. Ce sont les propriétaires de pavillons construits dans les années 70 et 80, souvent encore équipés de chaudières au gaz raccordées au réseau de ville.
Pour ces foyers, remplacer la chaudière coûte entre 10 000 € et 18 000 € selon les devis pompe à chaleur que nous avons consultés cette année. Une somme hors de portée pour bien des budgets après 60 ans, même avec MaPrimeRénov'.
Une donnée mérite l'attention de tous : à fin 2025, 10,34 millions de ménages sont encore abonnés à un contrat de gaz naturel selon la CRE. C'est ce vivier qui va supporter la hausse à venir, jusqu'à ce que la transition s'accélère.
Le chèque énergie, théoriquement maintenu en 2026, ne compense qu'une fraction du surcoût. Selon les calculs de Selectra publiés en mai 2026 sur la base d'une consommation de référence de 11 200 kWh par an, la facture annuelle d'un ménage chauffé au gaz atteint désormais 1 750 €, contre 747 € en mai 2016 — c'est cette base 2026 qui sert de point de départ à la projection du BEUC.
Le profil-type des perdants se dessine. Ce sont les propriétaires de pavillons construits dans les années 70 et 80, souvent encore équipés de chaudières au gaz raccordées au réseau de ville.
Pour ces foyers, remplacer la chaudière coûte entre 10 000 € et 18 000 € selon les devis pompe à chaleur que nous avons consultés cette année. Une somme hors de portée pour bien des budgets après 60 ans, même avec MaPrimeRénov'.
Une donnée mérite l'attention de tous : à fin 2025, 10,34 millions de ménages sont encore abonnés à un contrat de gaz naturel selon la CRE. C'est ce vivier qui va supporter la hausse à venir, jusqu'à ce que la transition s'accélère.
Le chèque énergie, théoriquement maintenu en 2026, ne compense qu'une fraction du surcoût. Selon les calculs de Selectra publiés en mai 2026 sur la base d'une consommation de référence de 11 200 kWh par an, la facture annuelle d'un ménage chauffé au gaz atteint désormais 1 750 €, contre 747 € en mai 2016 — c'est cette base 2026 qui sert de point de départ à la projection du BEUC.
Scénario optimiste 📈 +43,7 %
Surcoût annuel
+729,50 € / an
Horizon de la projection
D'ici 2030
Scénario pessimiste ⚠️ +52,5 %
Surcoût annuel
+876 € / an
Hors choc géopolitique
L'addition peut grimper davantage
Court terme 📊 1er mai 2026
Hausse CRE prix repère
+15,4 % TTC
Foyers concernés
7,5 millions de ménages
La première marche au 1er mai 2026
Au-delà de l'horizon 2030 du BEUC, la première marche se présente le 1er mai 2026. La CRE a annoncé le 8 avril dernier une hausse de 15,4 % du prix repère du gaz.
La cause est immédiate : la guerre en Iran a ponctuellement doublé les cours sur les marchés européens en mars. Le prix repère passe de 139,12 € à 160,54 €/MWh TTC, soit un nouveau record historique.
Concrètement, pour un ménage chauffé au gaz consommant 11 200 kWh par an, c'est environ 240 € de hausse sur la facture annuelle, selon les calculs de Selectra.
Près de 7,5 millions de foyers sont en première ligne. Ce sont les ménages dont l'offre est indexée sur ce prix repère, soit environ 73 % des abonnés résidentiels au gaz.
Les 27 % restants qui ont signé une offre à prix fixe sont protégés pendant la durée de leur contrat. Mais à l'échéance, le rattrapage tarifaire les attendra au tournant.
La cause est immédiate : la guerre en Iran a ponctuellement doublé les cours sur les marchés européens en mars. Le prix repère passe de 139,12 € à 160,54 €/MWh TTC, soit un nouveau record historique.
Concrètement, pour un ménage chauffé au gaz consommant 11 200 kWh par an, c'est environ 240 € de hausse sur la facture annuelle, selon les calculs de Selectra.
Près de 7,5 millions de foyers sont en première ligne. Ce sont les ménages dont l'offre est indexée sur ce prix repère, soit environ 73 % des abonnés résidentiels au gaz.
Les 27 % restants qui ont signé une offre à prix fixe sont protégés pendant la durée de leur contrat. Mais à l'échéance, le rattrapage tarifaire les attendra au tournant.
Les leviers concrets pour limiter la casse
Devant cette spirale tarifaire, deux leviers concrets existent pour vous, sans attendre la prochaine hausse. Le premier consiste à comparer les offres : à fin 2025, près de trois quarts des abonnés gaz sont en offre indexée et subissent chaque hausse mensuelle de la CRE.
Le passage en offre à prix fixe vous protège pendant 12 ou 24 mois. Le comparateur officiel de l'énergie permet de trancher en connaissance de cause, fournisseur par fournisseur.
Le second levier touche la fiscalité énergétique. La Cour des comptes a pointé en septembre 2024 une incohérence : alors qu'il pollue davantage, le gaz est aujourd'hui taxé au même niveau que l'électricité.
Plusieurs économistes plaident pour un rééquilibrage qui rendrait l'électricité moins chère et le gaz plus représentatif de son coût climatique. Une position défendue notamment par le BEUC dans son étude. La délibération officielle de la CRE détaille la mécanique du prix repère mensuel et les volumes concernés.
Reste qu'à l'échelle individuelle, l'arme la plus efficace demeure la sobriété chiffrée : baisser la consigne d'un degré, c'est environ 7 % d'économie sur la facture annuelle selon l'ADEME.
Sur 1 750 € en 2026, cela représente plus de 120 € qui restent dans votre poche, et autant de soustrait à la prochaine répercussion tarifaire.
Le passage en offre à prix fixe vous protège pendant 12 ou 24 mois. Le comparateur officiel de l'énergie permet de trancher en connaissance de cause, fournisseur par fournisseur.
Le second levier touche la fiscalité énergétique. La Cour des comptes a pointé en septembre 2024 une incohérence : alors qu'il pollue davantage, le gaz est aujourd'hui taxé au même niveau que l'électricité.
Plusieurs économistes plaident pour un rééquilibrage qui rendrait l'électricité moins chère et le gaz plus représentatif de son coût climatique. Une position défendue notamment par le BEUC dans son étude. La délibération officielle de la CRE détaille la mécanique du prix repère mensuel et les volumes concernés.
Reste qu'à l'échelle individuelle, l'arme la plus efficace demeure la sobriété chiffrée : baisser la consigne d'un degré, c'est environ 7 % d'économie sur la facture annuelle selon l'ADEME.
Sur 1 750 € en 2026, cela représente plus de 120 € qui restent dans votre poche, et autant de soustrait à la prochaine répercussion tarifaire.
Sources :
- Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), étude publiée le 29 avril 2026
- Le Parisien, 29 avril 2026
- Commission de régulation de l'énergie (CRE), délibération du 8 avril 2026
- Cour des comptes, rapport sur la fiscalité de l'énergie, septembre 2024
- SDES, Prix du gaz naturel en France et dans l'UE en 2024
- Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), étude publiée le 29 avril 2026
- Le Parisien, 29 avril 2026
- Commission de régulation de l'énergie (CRE), délibération du 8 avril 2026
- Cour des comptes, rapport sur la fiscalité de l'énergie, septembre 2024
- SDES, Prix du gaz naturel en France et dans l'UE en 2024

Par 
