Retraite

Budget : le parti d'Édouard Philippe veut revenir sur la suspension de la réforme des retraites et soutient le coup de frein sur votre pension au-delà de 1 260 €

Ceux d'entre nous qui touchent une pension de retraite, ou qui approchent du départ, ont deux bonnes raisons de lire de près le budget alternatif du parti d'Édouard Philippe. Horizons y cherche 10 milliards d'économies, et ne cache pas où il compte en trouver une partie. Le message adressé aux retraités tient en une phrase : ceux qui le peuvent doivent contribuer.

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Par | Publié le 13 Octobre 2026 à 08:42 | mis à jour le 13 Octobre 2026 à 08:42
Un retraité observe l'hémicycle depuis les tribunes du public - Illustration générée par IA
Un retraité observe l'hémicycle depuis les tribunes du public - Illustration générée par IA

Vos retraites dans le budget alternatif du parti d'Édouard Philippe

Annuler des hausses d'impôts, voilà une promesse qui sonne bien aux oreilles d'un contribuable. Sauf que le budget alternatif d'Horizons a une contrepartie, et qu'elle tombe en partie sur les retraites, celles des retraités actuels comme celles des futurs retraités.

Ce budget, Laurent Marcangeli l'a esquissé lundi 12 octobre, dans un entretien repris par franceinfo, à la veille des débats budgétaires à l'Assemblée. Le chef de file des députés Horizons veut annuler 10 milliards d'euros de hausses d'impôts prévues, contre des économies du même montant, réalisées pour moitié sur les dépenses de l'État et pour moitié sur les dépenses sociales. Le parti fondé par Édouard Philippe dit partager l'objectif du gouvernement de ramener le déficit public à 5 % en 2027 : ce qu'il conteste, c'est la manière d'y arriver.
 
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Revenir sur la suspension de la réforme : votre départ à 62 ans et 9 mois en jeu

Première piste avancée : Horizons proposera de revenir sur la suspension de la réforme des retraites, une mesure qui rapporterait un milliard d'euros en 2027, selon Laurent Marcangeli. Pour mesurer ce que cela signifie, il faut repartir du calendrier en vigueur. Comme l'indique la fiche Service Public sur l'âge de départ à la retraite des salariés, les assurés nés entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 peuvent partir à 62 ans et 9 mois. Ceux nés d'avril à décembre 1965 partent à 63 ans, puis l'âge monte de trois mois par génération jusqu'à 64 ans pour les natifs de 1969 et après.

Ce calendrier est celui de la suspension, appliquée aux départs depuis le 1er septembre 2026 et prévue jusqu'au 1er janvier 2028. Avant elle, la réforme de 2023 fixait l'âge de départ de la génération 1964 à 63 ans, et celui des natifs du premier trimestre 1965 à 63 ans et 3 mois. La suspension leur a donc rendu respectivement trois et six mois. Horizons s'y était déjà opposé lors du vote de novembre 2025 à l'Assemblée, aux côtés des députés LR.
  Mais les propos rapportés ne disent pas quelles générations seraient touchées si la suspension tombait, ni à partir de quelle date. C'est pourtant toute la question pour vous si vous êtes né en 1964 ou au début de 1965 et que vous avez calé votre départ sur 62 ans et 9 mois. Un départ déjà demandé à votre caisse serait-il remis en cause ? Rien dans les déclarations d'Horizons ne permet de le dire à ce stade, et c'est le point à suivre pendant les débats.
 

Votre pension au-dessus de 1 260 euros : Horizons soutient le gouvernement

L'autre volet concerne ceux d'entre nous qui sont déjà à la retraite. Laurent Marcangeli l'a dit sans détour : Horizons soutiendra les mesures d'économies proposées par le gouvernement sur les retraités, jugeant « légitime que les retraités qui le peuvent contribuent à l'effort ».

Que contiennent ces mesures ? Le projet de budget de la Sécurité sociale, présenté le 1er octobre, maintient l'indexation sur l'inflation pour les pensions inférieures ou égales à 1 260 euros par mois, soit 85 % du Smic. Au-delà, le gouvernement fixerait par décret, avec des paliers jusqu'à 2 034 euros, une hausse inférieure à l'inflation, voire nulle, mais jamais une baisse en euros. Les 4,1 milliards d'euros d'économies affichés correspondent à un gel complet des pensions au-dessus du seuil.

Concrètement, si vous dépassez ce seuil, votre pension de base pourrait augmenter moins vite que les prix, ou pas du tout : tant qu'aucun décret n'est publié, le texte prévoit un gel. Attention, le seuil s'apprécie sur le total de vos pensions, complémentaires comprises. Savez-vous, d'ailleurs, de quel côté de la barre des 1 260 euros vous vous situez ?

Je relève une nuance dans la phrase de Laurent Marcangeli : « qui le peuvent ». Or, pour la sous-indexation, le critère retenu par le projet du gouvernement est un montant de pension, 1 260 euros par mois, et non une capacité à contribuer appréciée au cas par cas. Une pension de 1 300 euros sort ainsi de l'indexation pleine, comme une pension trois fois plus élevée, même si le décret pourra appliquer à l'une et à l'autre des paliers différents.
 

L'abattement de 10 % plafonné à 3 000 euros peut revenir en séance

Le second étage de l'effort demandé aux retraités est fiscal. Le projet de loi de finances ramène le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer, pour un gain de 1,4 milliard d'euros. Réunis en commission des finances le 7 octobre, les députés ont supprimé la mesure. En revanche, la séance publique repart du texte du gouvernement : le rabot peut revenir. Le vote d'Horizons sera à suivre de près : le 7 octobre, le groupe figurait lui-même parmi ceux qui avaient déposé un amendement de suppression de l'article, alors qu'il dit soutenir les économies demandées aux retraités.
  Faisons le calcul. Le nouveau plafond est atteint dès 30 000 euros de pensions imposables par an pour le foyer, soit 2 500 euros par mois. Un couple qui déclare 36 000 euros de pensions verrait son abattement passer de 3 600 à 3 000 euros, soit 600 euros de revenu imposable en plus, le calcul est le nôtre. L'écart maximal, 1 439 euros, concerne les foyers qui déclarent au moins 44 390 euros de pensions. Additionnées, la sous-indexation et la baisse du plafond doivent rapporter 5,5 milliards d'euros au total, selon les chiffres du gouvernement repris par franceinfo.
 

Ce qui reste à voter d'ici la fin du budget

Ce budget alternatif n'est qu'une étape. Candidat à la présidentielle, Édouard Philippe a redit jeudi 8 octobre sur France 2 vouloir porter l'âge légal à 65 ans, rapporte Euronews. En attendant, rien n'est adopté : ni la sous-indexation, ni le rabot de l'abattement, ni le retour sur la suspension. Votre pension et votre âge de départ se joueront dans les votes des prochaines semaines, et nous les suivrons un par un.

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