Médicaments anti-obésité : un Français sur cinq tenté, même sans être obèse
Ces médicaments sont indiqués pour soigner une maladie, l'obésité. Mais selon l'Ifop, le réservoir de candidats se remplit d'abord chez des personnes qui se trouvent trop grosses, et non chez celles que la médecine considère comme obèses. Le regard porté sur soi pèse davantage que la balance, et je trouve ce constat plus parlant que le résultat brut.
L'enquête, menée en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès de 3 004 personnes pour le média Darwin Nutrition et publiée le 25 août, portait sur des injections qui coupent la faim et font perdre 10 à 15 % du poids. 18 % des personnes interrogées envisagent d'en prendre pour maigrir, dont 5 % « certainement », alors que seuls 4 % des Français ont déjà essayé et 2 % en prenaient au moment de l'enquête. Pour mémoire, ces traitements ne se prescrivent qu'à partir d'un indice de masse corporelle (IMC) de 30, ou de 27 avec un problème de santé lié au poids. L'Assurance maladie, elle, ne les rembourse qu'à partir d'un IMC de 35, et encore sous conditions.
L'enquête, menée en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès de 3 004 personnes pour le média Darwin Nutrition et publiée le 25 août, portait sur des injections qui coupent la faim et font perdre 10 à 15 % du poids. 18 % des personnes interrogées envisagent d'en prendre pour maigrir, dont 5 % « certainement », alors que seuls 4 % des Français ont déjà essayé et 2 % en prenaient au moment de l'enquête. Pour mémoire, ces traitements ne se prescrivent qu'à partir d'un indice de masse corporelle (IMC) de 30, ou de 27 avec un problème de santé lié au poids. L'Assurance maladie, elle, ne les rembourse qu'à partir d'un IMC de 35, et encore sous conditions.
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La tentation se joue dans le miroir, et chez vos filles
Qui sont ces candidats ? L'attrait culmine chez les femmes de 35 à 49 ans, à 28 %, puis s'effondre après 75 ans, où il tombe à 8 %. Surtout, le facteur le plus discriminant de l'enquête n'est ni le poids ni l'âge : 44 % des femmes qui consultent chaque jour des contenus beauté sur les réseaux sociaux se disent prêtes à prendre ces médicaments, contre 17 % de celles qui en regardent moins souvent.
La tentation se trouve donc tout près de nous, chez nos filles et nos belles-filles, qui forment le cœur de la cible, et elle ne retombe nettement qu'après 75 ans. Elle traverse aussi les milieux sociaux, puisque 26 % des employées et des ouvrières se disent prêtes à sauter le pas, contre 25 % des femmes cadres : ces injections ne sont pas un caprice de privilégiés.
La tentation se trouve donc tout près de nous, chez nos filles et nos belles-filles, qui forment le cœur de la cible, et elle ne retombe nettement qu'après 75 ans. Elle traverse aussi les milieux sociaux, puisque 26 % des employées et des ouvrières se disent prêtes à sauter le pas, contre 25 % des femmes cadres : ces injections ne sont pas un caprice de privilégiés.
Sans ordonnance : le circuit qui inquiète l'Ifop
Pour l'institut, le point le plus préoccupant tient au marché parallèle. 41 % des candidats déclarent pouvoir se procurer ces médicaments sans prescription, auprès de pharmacies étrangères ou de sites non autorisés. Et plus on est loin de l'obésité, plus on y songe : la moitié des candidats de corpulence normale l'envisage, contre plus d'un tiers des personnes obèses.
Seulement, ce circuit n'a rien d'une zone grise. En France, seuls les médicaments vendus sans ordonnance peuvent être proposés en ligne, et uniquement par des pharmacies autorisées : un stylo de Wegovy ou de Mounjaro commandé sur internet est donc illégal. L'ANSM demande de ne pas utiliser un stylo qui ne vous a pas été prescrit par un médecin et délivré par un pharmacien, car il peut exposer à des risques graves, pouvant mener à l'hospitalisation voire au décès.
Seulement, ce circuit n'a rien d'une zone grise. En France, seuls les médicaments vendus sans ordonnance peuvent être proposés en ligne, et uniquement par des pharmacies autorisées : un stylo de Wegovy ou de Mounjaro commandé sur internet est donc illégal. L'ANSM demande de ne pas utiliser un stylo qui ne vous a pas été prescrit par un médecin et délivré par un pharmacien, car il peut exposer à des risques graves, pouvant mener à l'hospitalisation voire au décès.
Avec vos kilos en trop, ce que votre médecin peut prescrire
Et si vous avez vous-même quelques kilos en trop ? La porte légale existe, mais elle est étroite. Depuis le 23 juin 2025, l'agence du médicament autorise tout médecin, votre médecin traitant compris, à prescrire ces traitements selon les modalités de leur autorisation de mise sur le marché. L'ANSM précise qu'ils ne doivent pas être utilisés pour maigrir à des fins esthétiques, chez des personnes sans surpoids ni obésité et sans problème de santé lié au surpoids.
Concrètement, un IMC de 27 accompagné d'une complication liée au poids ouvre droit à une ordonnance, en seconde intention après l'échec d'une prise en charge nutritionnelle, mais tant que votre IMC reste sous 35, vous payez le traitement de votre poche. Le remboursement à 65 %, en place depuis le 15 juin 2026, reste réservé aux IMC d'au moins 40, ou d'au moins 35 avec une maladie associée, et la première ordonnance revient alors à un spécialiste habilité, qui exerce notamment en centre spécialisé de l'obésité ou en CHU, ou à un endocrinologue qui travaille avec un tel centre.
Darwin Nutrition, qui a commandé l'enquête, rappelle que ces médicaments ne sont pas des produits minceur : pris sans suivi médical, ils exposent à des carences, à une fonte de la masse musculaire et à une reprise de poids quasi systématique à l'arrêt. Entre nous, à l'âge où l'on tient à garder ses forces pour marcher, jardiner ou porter ses petits-enfants, c'est une bonne raison d'en parler à votre médecin avant d'en parler à un site.
Concrètement, un IMC de 27 accompagné d'une complication liée au poids ouvre droit à une ordonnance, en seconde intention après l'échec d'une prise en charge nutritionnelle, mais tant que votre IMC reste sous 35, vous payez le traitement de votre poche. Le remboursement à 65 %, en place depuis le 15 juin 2026, reste réservé aux IMC d'au moins 40, ou d'au moins 35 avec une maladie associée, et la première ordonnance revient alors à un spécialiste habilité, qui exerce notamment en centre spécialisé de l'obésité ou en CHU, ou à un endocrinologue qui travaille avec un tel centre.
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