Un médecin généraliste présente une plaquette de comprimés préventifs à son patient - Illustration générée par IA
Un générique du traitement préventif contre le VIH à 40 dollars par an
Le médicament existe depuis plus d'un an, et c'est pourtant la nouvelle de cette semaine qui pourrait changer son destin. Le lénacapavir, mis au point par le laboratoire américain Gilead, s'injecte sous la peau deux fois par an et empêche le VIH de se multiplier dans les cellules. Son coût élevé en limitait l'accès, et les doses fournies par Gilead aux pays pauvres restaient loin de couvrir la demande.
Lundi 2 novembre, l'agence américaine du médicament, la FDA, a donné son feu vert provisoire à la première copie générique, fabriquée par le laboratoire indien Dr Reddy's. Elle sera vendue 40 dollars par personne et par an dans 120 pays à revenu faible ou intermédiaire, grâce à une licence accordée par Gilead. Selon Unitaid, l'organisation qui a soutenu le projet avec ses partenaires, plus de 125 000 personnes ont déjà commencé à recevoir le lénacapavir dans dix pays africains. Les premières livraisons du générique sont attendues avant la fin de l'année, avant un déploiement plus large en 2027.
Lundi 2 novembre, l'agence américaine du médicament, la FDA, a donné son feu vert provisoire à la première copie générique, fabriquée par le laboratoire indien Dr Reddy's. Elle sera vendue 40 dollars par personne et par an dans 120 pays à revenu faible ou intermédiaire, grâce à une licence accordée par Gilead. Selon Unitaid, l'organisation qui a soutenu le projet avec ses partenaires, plus de 125 000 personnes ont déjà commencé à recevoir le lénacapavir dans dix pays africains. Les premières livraisons du générique sont attendues avant la fin de l'année, avant un déploiement plus large en 2027.
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Pourquoi ce générique ne passera pas par votre pharmacie
Ce générique ne sera même pas vendu aux États-Unis, où un brevet protège encore le médicament d'origine de Gilead, commercialisé sous le nom de Yeztugo. Et la France ne figure pas parmi les 120 pays de la licence, une liste qui va de l'Afrique du Sud au Vietnam. Je vous l'accorde, la nouvelle a de quoi frustrer quand on la lit depuis la France.
Chez nous, le lénacapavir en prévention a pourtant décroché le feu vert de l'Europe en août 2025, sous le nom de Yeytuo. Il faut encore que la Haute Autorité de santé rende son avis sur le remboursement, puis que l'État négocie le prix avec le laboratoire. D'après Sidaction, il ne devrait pas arriver largement en France avant plusieurs mois. Environ 70 personnes le recevaient en septembre dans le cadre d'un essai clinique mené dans six hôpitaux français.
L'écart de prix donne le vertige. Prescrit en traitement à des malades dont le virus résiste aux autres molécules, le même lénacapavir coûte environ 21 000 euros pour six mois, remboursés à 100 % par la Sécurité sociale.
Chez nous, le lénacapavir en prévention a pourtant décroché le feu vert de l'Europe en août 2025, sous le nom de Yeytuo. Il faut encore que la Haute Autorité de santé rende son avis sur le remboursement, puis que l'État négocie le prix avec le laboratoire. D'après Sidaction, il ne devrait pas arriver largement en France avant plusieurs mois. Environ 70 personnes le recevaient en septembre dans le cadre d'un essai clinique mené dans six hôpitaux français.
L'écart de prix donne le vertige. Prescrit en traitement à des malades dont le virus résiste aux autres molécules, le même lénacapavir coûte environ 21 000 euros pour six mois, remboursés à 100 % par la Sécurité sociale.
Ce que votre médecin propose déjà contre le VIH
Cette attente ne laisse pas les Français sans protection, loin de là. La prévention par médicament, que les spécialistes appellent « PrEP » pour prophylaxie pré-exposition, consiste à prendre un traitement antirétroviral avant une éventuelle exposition au virus, pour empêcher l'infection. Elle se prend déjà en comprimés. La PrEP existe aussi en injection : le cabotégravir, vendu sous le nom d'Apretude, est remboursé à 100 % par l'Assurance maladie depuis le 2 mars 2026.
Mais cette injection se fait tous les deux mois, et non deux fois par an comme le lénacapavir. Chaque piqûre coûte 1 312 euros, pris en charge par l'Assurance maladie. La première prescription, en comprimés comme en injection, peut être faite par un médecin de ville, sans passer par l'hôpital.
Pour ceux d'entre nous qui ont retrouvé une vie amoureuse après un veuvage ou un divorce, la question mérite donc d'être posée à votre médecin traitant, sans gêne. C'est son métier d'y répondre, et c'est aussi le vôtre de savoir que ces protections existent.
Mais cette injection se fait tous les deux mois, et non deux fois par an comme le lénacapavir. Chaque piqûre coûte 1 312 euros, pris en charge par l'Assurance maladie. La première prescription, en comprimés comme en injection, peut être faite par un médecin de ville, sans passer par l'hôpital.
Pour ceux d'entre nous qui ont retrouvé une vie amoureuse après un veuvage ou un divorce, la question mérite donc d'être posée à votre médecin traitant, sans gêne. C'est son métier d'y répondre, et c'est aussi le vôtre de savoir que ces protections existent.
Après 50 ans, le test du VIH qui ne coûte rien
Le VIH ne s'arrête pas à un âge, et les chiffres de Santé publique France le rappellent sans détour. En 2023, 22 % des personnes qui ont découvert leur séropositivité avaient 50 ans ou plus. Le dépistage suit le mouvement : en 2024, 28 % des personnes remboursées pour un test avaient 50 ans et plus, et leur nombre continue d'augmenter plus vite que dans les autres tranches d'âge.
Or le diagnostic arrive encore souvent trop tard. En 2024, 41 % des infections ont été découvertes à un stade tardif, et fin 2024, environ 9 700 personnes vivaient avec le VIH en France sans le savoir. En 2023, les hommes hétérosexuels nés en France étaient ceux chez qui la part des personnes diagnostiquées était la plus faible, à 88 %.
Le test, lui, ne coûte rien et ne demande ni ordonnance ni rendez-vous : il suffit de le demander dans un laboratoire de biologie médicale, où il se fait par une simple prise de sang. Le site sante.fr recense les lieux où se faire dépister gratuitement. Le générique à 40 dollars n'est pas pour la France, mais le geste qui compte pour nous se fait déjà au laboratoire du quartier.
Or le diagnostic arrive encore souvent trop tard. En 2024, 41 % des infections ont été découvertes à un stade tardif, et fin 2024, environ 9 700 personnes vivaient avec le VIH en France sans le savoir. En 2023, les hommes hétérosexuels nés en France étaient ceux chez qui la part des personnes diagnostiquées était la plus faible, à 88 %.
Le test, lui, ne coûte rien et ne demande ni ordonnance ni rendez-vous : il suffit de le demander dans un laboratoire de biologie médicale, où il se fait par une simple prise de sang. Le site sante.fr recense les lieux où se faire dépister gratuitement. Le générique à 40 dollars n'est pas pour la France, mais le geste qui compte pour nous se fait déjà au laboratoire du quartier.




