Actualité Médicale

Des docteurs juniors déployés contre les déserts médicaux dès ce lundi : ce qu'ils peuvent faire pour vous, et ce qui reste à votre médecin traitant

Ce lundi 2 novembre, un visage inconnu peut vous appeler dans la salle d'attente de votre généraliste, de votre maison de santé ou de votre centre de santé. Les docteurs juniors, déployés contre les déserts médicaux, y commencent la dernière année de leur formation de médecin généraliste. Et quand on cherche un médecin traitant depuis des mois, une question vient tout de suite : ce jeune médecin peut-il prendre la suite ?

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Par | Publié le 2 Novembre 2026 à 11:00 | mis à jour le 2 Novembre 2026 à 11:00
Un docteur junior prend la tension d'une patiente de 70 ans dans un centre de santé - Illustration générée par IA
Un docteur junior prend la tension d'une patiente de 70 ans dans un centre de santé - Illustration générée par IA

Docteurs juniors : 3 000 jeunes généralistes déployés contre les déserts médicaux

La réforme a été votée en 2022, et c'est ce lundi qu'elle prend corps dans les cabinets médicaux. Environ 3 000 docteurs juniors en médecine générale y arrivent, ainsi que dans les maisons et les centres de santé, pour une année de stage qui termine leur formation. Selon le ministère de la Santé, 80 % d'entre eux sont affectés dans des zones à forte difficulté d'accès aux soins. C'est d'abord là où les généralistes manquent que vous risquez de croiser l'un de ces nouveaux venus.

Ces jeunes médecins consultent comme des généralistes, mais une porte leur reste fermée. L'ARS Hauts-de-France, qui annonce 214 docteurs juniors dans la région, est très claire sur ce point. Le docteur junior « ne peut pas être déclaré médecin traitant par les patients ». Votre médecin traitant reste donc celui que vous avez déclaré, et ce que l'arrivée d'un docteur junior change, c'est d'abord le nombre de rendez-vous proposés dans le cabinet médical qui l'accueille.
 
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Le docteur junior qui vous reçoit consulte seul, mais pas sans filet

Ne vous fiez pas au mot « junior ». Ces futurs généralistes ont en principe déjà soutenu leur thèse et en sont à la quatrième et dernière année de leur internat, au terme d'un parcours désormais porté à au moins dix ans d'études. Comme un médecin installé, ils assurent les consultations, les soins et le suivi des maladies chroniques, votre tension ou votre diabète par exemple. En cabinet, chacun reçoit seul ses patients, sous la responsabilité de son maître de stage, un généraliste en exercice.

Ce maître de stage reste à portée de main. Pendant les consultations, lui ou un autre médecin de la structure doit être présent ou joignable, et le docteur junior se tourne vers lui quand la situation le demande. Un même médecin ne pourra encadrer que deux docteurs juniors au plus, précise l'ARS Hauts-de-France. L'année de chaque docteur junior se compose de deux stages de six mois. Pour vous, la consultation se passe ainsi avec un seul médecin dans la pièce, mais pas avec un médecin isolé.
 

Ce qui reste à votre médecin traitant

Le docteur junior n'a pas accès à la déclaration de médecin traitant. Si vous êtes déjà suivi dans le cabinet médical qui l'accueille, votre médecin traitant reste le généraliste que vous avez déclaré. Le docteur Matthieu Kurtz, maître de stage de l'un de ces docteurs juniors, l'a résumé sur franceinfo : « L'idée, c'est que les patients restent mes patients, j'en suis le médecin traitant ». Avec son docteur junior, il prévoit des moments d'échange sur ce qui s'est passé en consultation et sur la suite de la prise en charge.

Or le médecin traitant compte aussi pour le remboursement. Hors parcours de soins, le taux de remboursement d'une consultation est de 30 % du tarif conventionnel, contre 70 % chez votre médecin traitant. Un rendez-vous chez un docteur junior ne règle donc pas, à lui seul, la question du médecin traitant pour ceux d'entre nous qui n'en ont plus : il reste à trouver un généraliste qui accepte d'être déclaré.
 

Des rendez-vous en plus près de chez vous, et une seconde vague en mai

Le ministère de la Santé promet « plusieurs millions de consultations supplémentaires au plus près des patients ». La Sarthe donne une idée de ce que cela représente sur le terrain. Ce lundi, 39 docteurs juniors y rejoignent leur lieu de stage, et selon ici Maine, les habitants du département sans médecin traitant sont prioritaires pour les consultations qu'ils proposent. Je vous conseille de poser la question au secrétariat de votre maison de santé ou de votre cabinet médical, puisque l'ARS Hauts-de-France rappelle que les consultations sont organisées par le médecin encadrant.

D'ailleurs, le renfort ne s'arrêtera pas là. Une deuxième vague d'environ 500 docteurs juniors sera déployée début mai, a précisé le ministère de la Santé. Un an de stage ne redessinera pas à lui seul la carte des déserts médicaux, mais il laisse le temps à ces jeunes généralistes de connaître votre commune, eux qui pourront s'installer directement à l'issue de leur formation. C'est peut-être là que se joue la suite pour nous, patients, bien plus que dans les rendez-vous de cet hiver.

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