Movember : Curie et Montsouris unissent leurs forces contre quatre cancers
Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers propres aux hommes, rappelle l'Institut Curie, et pourtant, à Paris, un malade pouvait être opéré dans un hôpital puis traité par radiothérapie dans un autre, chacun avec ses habitudes. C'est ce cloisonnement que l'Institut Curie et l'Institut Montsouris veulent faire tomber.
Le mercredi 28 octobre, les deux établissements ont en effet annoncé la création de l'Institut d'Onco-urologie Curie-Montsouris, une filière commune consacrée aux cancers de la prostate, du rein, de la vessie et des testicules. D'après le communiqué publié par l'Institut Curie, ce nouvel institut doit offrir aux patients d'Île-de-France des parcours de soins plus ciblés et un meilleur accès aux traitements innovants.
L'annonce tombe à quelques jours de Movember, le mois de novembre consacré chaque année à la santé masculine, et l'institut sera présenté officiellement lors d'une soirée de lancement, le 5 novembre. Trois médecins le dirigeront ensemble : le Pr Gilles Créhange, chef du département d'oncologie radiothérapie de Curie, le Dr Mostefa Bennamoun, oncologue médical à Curie, et le Pr Xavier Cathelineau, chef du département d'urologie de Montsouris. Ce rapprochement prolonge une histoire déjà engagée, puisque l'Institut Montsouris, établissement privé d'intérêt collectif, a été repris en 2025 par l'Institut Curie et l'hôpital Foch. Les deux maisons avaient créé dès 2017 l'Institut du Thorax Curie-Montsouris, et la série se prolongera en 2027 avec un institut consacré aux cancers de la tête et du cou.
Le mercredi 28 octobre, les deux établissements ont en effet annoncé la création de l'Institut d'Onco-urologie Curie-Montsouris, une filière commune consacrée aux cancers de la prostate, du rein, de la vessie et des testicules. D'après le communiqué publié par l'Institut Curie, ce nouvel institut doit offrir aux patients d'Île-de-France des parcours de soins plus ciblés et un meilleur accès aux traitements innovants.
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Votre dossier étudié par les médecins des deux hôpitaux
Pour vous, le changement le plus concret se joue autour d'une table. En France, le dossier de tout patient atteint de cancer doit être présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire, à l'initiation de son traitement ou lors de sa modification, comme le rappelle l'Institut national du cancer. C'est dans cette réunion que plusieurs spécialistes décident ensemble du traitement qui vous sera proposé. Jusqu'ici, Curie et Montsouris suivaient chacun leur propre circuit. Avec le nouvel institut, ces réunions seront partagées entre les deux établissements et s'appuieront sur des référentiels médicaux communs, explique l'Institut Curie.
Qu'est-ce que cela change, concrètement, quand on est soigné pour un cancer de la prostate, du rein ou de la vessie ? Votre cas pourra être discuté par les spécialistes des deux hôpitaux réunis. L'Institut Curie précise aussi que ses oncologues et ses radiothérapeutes assureront des consultations avancées sur le site de Montsouris, au 42 boulevard Jourdan. Un patient opéré à Montsouris pourra donc rencontrer un oncologue de Curie sans changer d'hôpital, ce qui n'est pas un détail quand chaque déplacement pèse.
Qu'est-ce que cela change, concrètement, quand on est soigné pour un cancer de la prostate, du rein ou de la vessie ? Votre cas pourra être discuté par les spécialistes des deux hôpitaux réunis. L'Institut Curie précise aussi que ses oncologues et ses radiothérapeutes assureront des consultations avancées sur le site de Montsouris, au 42 boulevard Jourdan. Un patient opéré à Montsouris pourra donc rencontrer un oncologue de Curie sans changer d'hôpital, ce qui n'est pas un détail quand chaque déplacement pèse.
Rayons à Curie, robot à Montsouris : ce que chacun apporte
Chacun des deux établissements apporte sa spécialité. L'Institut Curie revendique le plus grand plateau de radiothérapie de France, avec la radiothérapie stéréotaxique, une technique de très haute précision employée contre les cancers de la prostate et du rein, et la curiethérapie, qui place la source de rayons au contact de la tumeur. L'Institut Montsouris s'est fait un nom, de son côté, dans la chirurgie robotique et les thérapies focales, qui ne traitent que la zone malade de la prostate.
Les deux équipes ne partent pas de zéro. Leur collaboration en radiothérapie remonte à 2002, notamment pour la curiethérapie, et en 2024, sur 800 cancers de la prostate traités par radiothérapie, plus de 300 venaient de Montsouris, selon le même communiqué. Car ce cancer est le plus souvent découvert à un stade localisé, dans plus de 80 % des cas selon l'Institut Curie, ce qui laisse le choix entre l'opération et les rayons, deux options qui n'ont pas les mêmes effets sur la continence et la vie sexuelle. Quand nous avons ce choix à faire, avoir les chirurgiens et les radiothérapeutes autour du même dossier n'a rien d'un luxe.
Les deux équipes ne partent pas de zéro. Leur collaboration en radiothérapie remonte à 2002, notamment pour la curiethérapie, et en 2024, sur 800 cancers de la prostate traités par radiothérapie, plus de 300 venaient de Montsouris, selon le même communiqué. Car ce cancer est le plus souvent découvert à un stade localisé, dans plus de 80 % des cas selon l'Institut Curie, ce qui laisse le choix entre l'opération et les rayons, deux options qui n'ont pas les mêmes effets sur la continence et la vie sexuelle. Quand nous avons ce choix à faire, avoir les chirurgiens et les radiothérapeutes autour du même dossier n'a rien d'un luxe.
Des essais cliniques mis en commun pour vos traitements
Le troisième engagement du nouvel institut touche à la recherche. Les deux hôpitaux mènent déjà 29 essais cliniques actifs dans les cancers urologiques, en particulier celui de la prostate, et 7 études supplémentaires sont en cours de recrutement, d'après l'Institut Curie. En partageant leurs bases de données et en ouvrant des essais communs, ils élargiront l'éventail des traitements expérimentaux qu'un malade peut se voir proposer.
Un autre essai, national cette fois, m'a interpellé, parce qu'il parle à beaucoup d'entre nous : même quand le cancer semblait limité à la prostate, des cellules ont parfois déjà franchi son enveloppe, ou gagné la graisse et les ganglions qui l'entourent, au moment de l'opération. Selon l'Institut Curie, elles provoquent une rechute dans 10 à 50 % des cas en dix ans, et la radiothérapie de rattrapage impose alors 33 à 37 séances, du lundi au vendredi, pendant six semaines et demie à sept semaines et demie. L'essai HyPORT-01, coordonné à l'Institut Curie par le Pr Créhange, comparera ce traitement à une radiothérapie stéréotaxique en 5 séances, chez 450 patients suivis dans 35 centres français, avec une ouverture prévue au second semestre 2027. Pour qui fait l'aller-retour à l'hôpital, cela ferait des semaines de trajets en moins.
Si vous êtes suivi pour l'un de ces quatre cancers à Curie ou à Montsouris, demandez à votre urologue ou à votre oncologue si votre dossier passera en réunion commune, et si l'un des essais menés par les deux hôpitaux pourrait vous concerner. Movember commencera le 1er novembre, et c'est sans doute la question la plus utile à poser cette année.
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