Un médicament de Johnson & Johnson qui réduit les tumeurs de la prostate
Ce médicament n'a pas été essayé sur des cancers de la prostate découverts tôt, mais sur des hommes que les traitements avaient déjà lâchés les uns après les autres. Ils en avaient reçu quatre en médiane, parmi lesquels des chimiothérapies et des radiothérapies internes ciblées, et leur cancer continuait pourtant d'avancer.
C'est chez eux que la molécule, baptisée JNJ-6143, a réduit les tumeurs de la prostate. Selon le communiqué du laboratoire, 12 malades sur 16 dont les tumeurs pouvaient être mesurées à l'imagerie ont vu celles-ci diminuer nettement ou disparaître. À la dose retenue de 50 mg par jour, le taux de PSA, ce marqueur sanguin que beaucoup d'entre nous surveillent sur leurs prises de sang, a baissé d'au moins moitié chez 77 % des patients, et d'au moins 90 % chez près d'un sur deux.
C'est chez eux que la molécule, baptisée JNJ-6143, a réduit les tumeurs de la prostate. Selon le communiqué du laboratoire, 12 malades sur 16 dont les tumeurs pouvaient être mesurées à l'imagerie ont vu celles-ci diminuer nettement ou disparaître. À la dose retenue de 50 mg par jour, le taux de PSA, ce marqueur sanguin que beaucoup d'entre nous surveillent sur leurs prises de sang, a baissé d'au moins moitié chez 77 % des patients, et d'au moins 90 % chez près d'un sur deux.
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Comment ce comprimé s'attaque aux cellules du cancer
Ces résultats tiennent à un mécanisme inédit : JNJ-6143 est la première molécule de sa famille à être testée chez l'humain, précise le laboratoire. La molécule s'accroche d'un côté au récepteur des androgènes, très abondant dans les cellules cancéreuses de la prostate, et de l'autre à une protéine dont toute cellule a besoin pour survivre. En les verrouillant ensemble, elle est conçue pour dérégler la cellule cancéreuse jusqu'à provoquer sa mort, et c'est la forte présence du récepteur dans ces cellules qui doit lui permettre de les viser. Johnson & Johnson a récupéré cette technologie en rachetant la société américaine Halda Therapeutics pour 3,05 milliards de dollars, une opération bouclée en décembre 2025.
Côté tolérance, le laboratoire décrit des effets indésirables le plus souvent légers à modérés. Les plus fréquents sont une hausse du cholestérol chez 18 % des patients, des nausées chez 16 % et une élévation des triglycérides chez 16 %. Un malade sur les 38 traités à 50 mg a dû arrêter le traitement à cause de ses effets, et 71 % le prenaient encore au moment de l'analyse, après un suivi médian de 5,6 mois. Les analystes de la banque d'affaires Leerink ont qualifié ces données d'« immaculées », ce qui, dans la bouche de financiers, n'est pas un compliment ordinaire.
Côté tolérance, le laboratoire décrit des effets indésirables le plus souvent légers à modérés. Les plus fréquents sont une hausse du cholestérol chez 18 % des patients, des nausées chez 16 % et une élévation des triglycérides chez 16 %. Un malade sur les 38 traités à 50 mg a dû arrêter le traitement à cause de ses effets, et 71 % le prenaient encore au moment de l'analyse, après un suivi médian de 5,6 mois. Les analystes de la banque d'affaires Leerink ont qualifié ces données d'« immaculées », ce qui, dans la bouche de financiers, n'est pas un compliment ordinaire.
Votre cancer de la prostate est-il concerné par ces résultats ?
L'essai portait sur une forme précise de la maladie, et mieux vaut le savoir avant de se réjouir pour soi ou pour un proche : un cancer de la prostate avancé, qui s'est étendu à d'autres parties du corps, par exemple les os ou les ganglions, et qui progresse malgré l'hormonothérapie censée le contenir. Les médecins parlent de cancer « résistant à la castration ». Pour ces hommes, la survie médiane tourne autour de deux à trois ans, rappelle Johnson & Johnson dans son communiqué, ce qui explique l'attente suscitée par la moindre piste nouvelle.
Or la plupart des cancers de la prostate ne ressemblent pas à celui-là. D'après les chiffres de l'Institut national du cancer repris sur la fiche consacrée au cancer de la prostate par le service public Santé.fr, 59 885 nouveaux cas ont été recensés en 2018 en France métropolitaine, et 80 % sont diagnostiqués alors que la tumeur est encore localisée à la prostate. Si votre cancer a été pris à ce stade, ou s'il est sous surveillance active, ces résultats ne vous concernent pas directement. Ils parlent en revanche aux familles d'hommes dont la maladie a échappé aux traitements, qui guettent ce genre d'annonce.
Or la plupart des cancers de la prostate ne ressemblent pas à celui-là. D'après les chiffres de l'Institut national du cancer repris sur la fiche consacrée au cancer de la prostate par le service public Santé.fr, 59 885 nouveaux cas ont été recensés en 2018 en France métropolitaine, et 80 % sont diagnostiqués alors que la tumeur est encore localisée à la prostate. Si votre cancer a été pris à ce stade, ou s'il est sous surveillance active, ces résultats ne vous concernent pas directement. Ils parlent en revanche aux familles d'hommes dont la maladie a échappé aux traitements, qui guettent ce genre d'annonce.
Quand ce médicament pourrait-il arriver en France ?
Je préfère le dire franchement : ce comprimé n'est disponible ni en pharmacie ni à l'hôpital. Les données présentées à Madrid viennent d'une étude de phase 1, la toute première étape chez l'humain, dont l'objet était de trouver la bonne dose. Seize malades évalués à l'imagerie, c'est encourageant, mais c'est très peu, et l'étude ne compare pas la molécule aux traitements existants. En règle générale, il faudra des essais plus larges avant qu'une autorisation puisse être demandée.
La suite a déjà commencé, mais loin de chez nous. Selon le registre américain ClinicalTrials.gov, l'essai de phase 2 a ouvert le 16 septembre 2026, prévoit 100 participants et recrute dans quatre centres aux États-Unis et un en Chine ; l'étude initiale compte dix-sept centres américains et un britannique. Ces listes ne comptent pas d'hôpital français à ce jour. Si votre mari, votre père ou vous-même êtes concernés, la bonne question à poser à l'oncologue n'est donc pas celle de ce médicament, mais celle des essais ouverts en France, que l'on peut aussi consulter dans le moteur de recherche d'essais cliniques de Santé.fr.
La suite a déjà commencé, mais loin de chez nous. Selon le registre américain ClinicalTrials.gov, l'essai de phase 2 a ouvert le 16 septembre 2026, prévoit 100 participants et recrute dans quatre centres aux États-Unis et un en Chine ; l'étude initiale compte dix-sept centres américains et un britannique. Ces listes ne comptent pas d'hôpital français à ce jour. Si votre mari, votre père ou vous-même êtes concernés, la bonne question à poser à l'oncologue n'est donc pas celle de ce médicament, mais celle des essais ouverts en France, que l'on peut aussi consulter dans le moteur de recherche d'essais cliniques de Santé.fr.





