Actualité Médicale

Test du cancer du côlon positif et prévention : une coloscopie sur deux attend encore trois mois plus tard, surtout si le médecin traitant n'a rien reçu

Le courrier arrive, le mot « positif » tombe, et votre test du cancer du côlon cesse d'être une simple formalité faite à la maison. La suite, une coloscopie, ne se programme pas d'elle-même. Une étude publiée par Santé publique France a suivi plus d'un demi-million de personnes dans ce cas, et près de la moitié d'entre elles n'avaient pas encore passé l'examen trois mois plus tard.

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Par | Publié le 25 Octobre 2026 à 09:31 | mis à jour le 25 Octobre 2026 à 09:31
Un patient perfusé attend sa coloscopie au bloc d'endoscopie - Illustration générée par IA
Un patient perfusé attend sa coloscopie au bloc d'endoscopie - Illustration générée par IA

Un mois après un test revenu positif, moins de 5 % ont passé l'examen

Pourquoi un résultat qui inquiète reste-t-il si souvent sans suite ? L'étude publiée le 10 mars 2026 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire pose la question avec des chiffres qu'on aimerait moins nets. Ses auteurs ont repris les dossiers de 530 674 personnes dont le test immunologique était revenu positif entre 2016 et 2020, en France hexagonale, et regardé à quel moment chacune avait fait sa coloscopie.

Or la recommandation européenne fixe ce délai à 31 jours. Un mois après le résultat, 4,7 % des personnes avaient passé l'examen. À trois mois, la proportion montait à 52,2 %, et à deux ans à 87 %, ce qui laisse plus d'une personne sur dix sans coloscopie malgré un test positif. Vous avez bien lu : la règle prévoit un mois, la réalité en compte trois pour atteindre la moitié des patients.

Faut-il pour autant s'alarmer de ces trois mois ? Les auteurs jugent eux-mêmes la question du délai moins tranchée. Une analyse de la même cohorte française, parue dans la revue Gut, ne retrouve pas de surrisque de cancer dans les douze mois qui suivent le test, et une revue de six études publiée en 2021, portant sur 361 637 patients, n'associe davantage de cancers avancés qu'aux coloscopies faites au-delà de six mois. Le vrai danger tient à l'examen qui n'est pas fait du tout, ce qui explique que les auteurs envisagent un délai recommandé de trois à six mois, plus proche des rendez-vous réellement disponibles.
 
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Le résultat qui n'arrive pas chez votre médecin traitant

Parmi les facteurs étudiés, l'un ne dépend pas de votre santé mais du trajet de votre résultat. Quand le résultat du test n'avait pas été envoyé au médecin traitant, les chances d'avoir fait la coloscopie à trois mois chutaient nettement : l'étude publiée par Santé publique France range cette absence de transmission parmi les facteurs associés à la non-réalisation de l'examen, à côté de l'âge, du sexe masculin, d'un premier dépistage et de la défavorisation sociale.

D'ailleurs, l'explication tient à la façon dont le parcours est organisé. Le test se fait chez soi, part au laboratoire, et le résultat revient par courrier ou en ligne. C'est ensuite votre médecin traitant qui prescrit la coloscopie et vous oriente vers un gastro-entérologue. S'il n'a rien reçu, personne ne vous relance au bon moment, et nous connaissons bien ce courrier posé sur le buffet en attendant d'avoir le temps.
 

Du Territoire de Belfort au Morbihan, de 26 % à 71 %

Votre adresse pèse aussi sur la suite. À trois mois, la part des coloscopies faites après un test positif allait de 26 % dans le Territoire de Belfort à 71 % dans le Morbihan, selon le tableau départemental de l'étude. Le Territoire de Belfort affichait aussi un délai médian de 117 jours entre le test et l'examen, quand les données nationales de 2018-2019 situaient ce délai médian à 80 jours.
 

Ce que la coloscopie vous coûte depuis avril

Le kit, lui, est pris en charge à 100 % sans avance de frais, de 50 à 74 ans, tous les deux ans. Mais la coloscopie qui suit un test positif sort de ce cadre et se rembourse selon les règles ordinaires. Facturée 120 euros ou plus, elle relève de la participation forfaitaire sur les actes coûteux, que le décret du 30 mars 2026 a fait passer de 24 à 32 euros au 1er avril.

Sauf que cette somme reste à votre charge si vous n'avez pas de complémentaire santé, ce qui concerne environ 3,4 % des Français d'après la Drees. Avec une mutuelle responsable, elle est reprise par le contrat. Les dépassements d'honoraires d'un gastro-entérologue ou d'un anesthésiste en secteur 2, eux, dépendent du niveau de garantie inscrit dans votre tableau de remboursements : je vous conseille de le regarder avant de prendre rendez-vous, pas après la facture.
 

Le jour où votre courrier dit positif

Un test positif n'est pas un diagnostic de cancer. Il signale du sang dans les selles, que la coloscopie permet d'expliquer, et il concerne 3,4 % des personnes testées sur la période 2024-2025, selon le bilan national publié par Santé publique France le 11 mars 2026. Le même bilan chiffre la participation au dépistage à 30,7 %, loin du seuil européen jugé acceptable de 45 %.

En revanche, ce qui vous revient tient en trois gestes concrets. Déclarer un médecin traitant si ce n'est pas déjà fait, et vérifier que son nom figure sur la fiche jointe au test. Prendre rendez-vous avec lui dès le résultat, sans attendre de relance. Et si la date de la coloscopie s'éloigne, appeler le centre régional de coordination des dépistages des cancers dont l'adresse figure sur votre invitation, puisqu'il suit les résultats de chaque personne testée.

Détecté tôt, ce cancer se guérit dans neuf cas sur dix, rappelle l'Institut national du cancer. Entre votre test et ce chiffre, il n'y a qu'un rendez-vous à ne pas laisser filer.

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