« J'étais surveillé » : la phrase que Pierre Servent tient à souligner
Un homme suivi par ses médecins, des analyses de sang qui ne signalent rien, et pourtant un cancer de la prostate découvert à un stade très avancé : le paradoxe tient en une phrase, et c'est Pierre Servent lui-même qui la prononce. Dans un entretien accordé à Gala et largement repris depuis le 20 octobre, l'éditorialiste de LCI tient à le souligner : « J'étais surveillé et mes analyses sanguines ne montraient pas de problème ». Diagnostiqué en 2022, opéré début 2023, il raconte que sa forme avancée a été mise au jour un peu par hasard.
Son récit ne précise pas quelles analyses il faisait, ni s'il s'agissait d'un dosage du PSA. Mais la question qu'il soulève, chaque homme de plus de 50 ans peut se la poser : une prise de sang sans problème veut-elle dire que tout va bien du côté de la prostate ? La réponse est non, pas forcément, et pour deux raisons. Une prise de sang ne mesure que ce que l'ordonnance lui demande, et même le marqueur dédié à la prostate laisse passer une partie des cancers, selon l'Institut national du cancer.
Depuis, la maladie a récidivé dans sa colonne vertébrale, où il a été opéré, et sa chimiothérapie se poursuivra jusqu'en décembre. Son cancer n'est a priori pas guérissable, confie-t-il, mais il peut être contenu. Sans commenter un dossier médical que nous ne connaissons pas, la phrase qu'il a voulu souligner mérite d'être prise au sérieux.
Son récit ne précise pas quelles analyses il faisait, ni s'il s'agissait d'un dosage du PSA. Mais la question qu'il soulève, chaque homme de plus de 50 ans peut se la poser : une prise de sang sans problème veut-elle dire que tout va bien du côté de la prostate ? La réponse est non, pas forcément, et pour deux raisons. Une prise de sang ne mesure que ce que l'ordonnance lui demande, et même le marqueur dédié à la prostate laisse passer une partie des cancers, selon l'Institut national du cancer.
Depuis, la maladie a récidivé dans sa colonne vertébrale, où il a été opéré, et sa chimiothérapie se poursuivra jusqu'en décembre. Son cancer n'est a priori pas guérissable, confie-t-il, mais il peut être contenu. Sans commenter un dossier médical que nous ne connaissons pas, la phrase qu'il a voulu souligner mérite d'être prise au sérieux.
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Ce que votre prise de sang regarde vraiment
Prenez le cholestérol, la glycémie ou la numération des globules : ces lignes familières des bilans de routine ne renseignent pas sur la prostate. Le dosage sanguin qui la concerne porte un nom précis, le PSA, pour antigène prostatique spécifique, une protéine fabriquée par la prostate et présente normalement en petite quantité dans le sang, comme le décrit l'INCa.
Le geste est simple, et je vous le conseille avant votre prochain rendez-vous médical : ressortez vos derniers résultats et cherchez la mention « PSA » ou « antigène prostatique spécifique ». Si elle n'y figure pas, cette prise de sang n'a rien regardé du côté de la prostate, si rassurantes que soient les autres valeurs. Si elle y figure, notez le chiffre et la date pour en parler en consultation, en gardant à l'esprit que l'institut conseille d'éviter ce dosage dans les jours qui suivent un rapport sexuel ou un toucher rectal.
Le geste est simple, et je vous le conseille avant votre prochain rendez-vous médical : ressortez vos derniers résultats et cherchez la mention « PSA » ou « antigène prostatique spécifique ». Si elle n'y figure pas, cette prise de sang n'a rien regardé du côté de la prostate, si rassurantes que soient les autres valeurs. Si elle y figure, notez le chiffre et la date pour en parler en consultation, en gardant à l'esprit que l'institut conseille d'éviter ce dosage dans les jours qui suivent un rapport sexuel ou un toucher rectal.
Votre PSA est bas : une bonne nouvelle, pas une garantie
Admettons que votre PSA ait bien été dosé et qu'il soit bas. C'est une bonne nouvelle, le plus souvent exacte : d'après les chiffres publiés par l'INCa, un taux de PSA faible signifie dans 90 % des cas qu'il n'y a pas de cancer de la prostate. En revanche, il arrive qu'un taux soit faible alors qu'un cancer est présent, dans 10 % des cas. Le test rassure ainsi à juste titre la plupart des hommes, mais pas chacun d'entre eux.
À l'inverse, un PSA élevé n'est pas une condamnation. Une hypertrophie de la prostate, une prostatite ou une infection urinaire peuvent faire monter le taux, et dans 70 % des cas, un dosage élevé n'était en réalité pas lié à un cancer. L'institut en tire une conclusion sans détour : le PSA n'est pas assez fiable pour diagnostiquer un cancer, il sert à décider s'il faut aller plus loin.
À l'inverse, un PSA élevé n'est pas une condamnation. Une hypertrophie de la prostate, une prostatite ou une infection urinaire peuvent faire monter le taux, et dans 70 % des cas, un dosage élevé n'était en réalité pas lié à un cancer. L'institut en tire une conclusion sans détour : le PSA n'est pas assez fiable pour diagnostiquer un cancer, il sert à décider s'il faut aller plus loin.
Le toucher rectal et l'IRM complètent la prise de sang
Le premier examen complémentaire se fait en quelques secondes, en consultation. Le toucher rectal, inconfortable mais indolore selon l'INCa, permet au médecin d'apprécier le volume, la consistance et la texture d'une partie de la prostate. Il a ses limites, lui aussi, puisqu'il ne repère que les tumeurs palpables. Une anomalie au toucher suffit néanmoins à justifier une biopsie, quelle que soit la valeur du PSA, précise l'institut.
C'est là que les deux examens se complètent : le PSA peut rester bas face à une tumeur que le doigt du médecin sent, et le toucher peut paraître normal quand le dosage s'élève. Les médecins croisent donc la prise de sang, l'examen clinique et votre histoire familiale avant de décider de la suite.
Cette suite passe désormais par l'imagerie. Dans ses recommandations de 2024, l'Association française d'urologie préconise une IRM de la prostate avant toute biopsie : l'examen repère les zones suspectes et permet de cibler les prélèvements. La biopsie, qui confirme ou non la présence de cellules cancéreuses, n'est pas infaillible non plus, puisque l'INCa estime que 20 % des hommes ayant un résultat négatif ont en réalité un cancer.
C'est là que les deux examens se complètent : le PSA peut rester bas face à une tumeur que le doigt du médecin sent, et le toucher peut paraître normal quand le dosage s'élève. Les médecins croisent donc la prise de sang, l'examen clinique et votre histoire familiale avant de décider de la suite.
Cette suite passe désormais par l'imagerie. Dans ses recommandations de 2024, l'Association française d'urologie préconise une IRM de la prostate avant toute biopsie : l'examen repère les zones suspectes et permet de cibler les prélèvements. La biopsie, qui confirme ou non la présence de cellules cancéreuses, n'est pas infaillible non plus, puisque l'INCa estime que 20 % des hommes ayant un résultat négatif ont en réalité un cancer.
Les signes qui doivent vous faire consulter
Un cancer de la prostate peu évolué ne provoque généralement pas de symptôme, rappelle le Service public d'information en santé. Quand la tumeur grossit, peuvent apparaître des difficultés à uriner, du sang dans les urines ou le sperme, des éjaculations douloureuses, ou des douleurs dans le bassin, les hanches et le haut des cuisses. Ces signes justifient une consultation, sans attendre le prochain bilan.
Après 50 ans, le dépistage se décide avec votre médecin
Faut-il alors réclamer un dosage du PSA à chaque prise de sang ? La question se règle avec votre médecin. Il n'existe pas en France, ni dans aucun autre pays, de programme national de dépistage systématique du cancer de la prostate, rappelle l'INCa, parce que son bénéfice n'est pas clairement démontré et qu'il expose à des biopsies et des traitements parfois inutiles. C'est un choix personnel, à faire en connaissance de cause, comme l'explique la page de l'Institut national du cancer consacrée au dépistage du cancer de la prostate.
Les urologues, eux, fixent des repères d'âge. L'Association française d'urologie situe le début de la détection précoce à 50 ans, à 45 ans en cas d'antécédents familiaux de cancer de la prostate ou d'origine afro-antillaise, et à 40 ans pour les porteurs d'une mutation génétique de type BRCA2. Si un père ou un frère a eu ce cancer, dites-le à votre médecin : cette information change le calendrier.
L'enjeu est réel : le cancer de la prostate a causé 9 228 décès en 2022, d'après l'INCa, et le stade au moment du diagnostic reste le premier facteur de pronostic, alors que huit cancers sur dix sont découverts encore localisés à la prostate. Pierre Servent n'a pas eu cette chance, et il a choisi d'en parler. Pour nous qui avons passé la cinquantaine, la meilleure façon de l'entendre est de relire notre dernière prise de sang avant d'en parler à notre médecin.
Les urologues, eux, fixent des repères d'âge. L'Association française d'urologie situe le début de la détection précoce à 50 ans, à 45 ans en cas d'antécédents familiaux de cancer de la prostate ou d'origine afro-antillaise, et à 40 ans pour les porteurs d'une mutation génétique de type BRCA2. Si un père ou un frère a eu ce cancer, dites-le à votre médecin : cette information change le calendrier.
L'enjeu est réel : le cancer de la prostate a causé 9 228 décès en 2022, d'après l'INCa, et le stade au moment du diagnostic reste le premier facteur de pronostic, alors que huit cancers sur dix sont découverts encore localisés à la prostate. Pierre Servent n'a pas eu cette chance, et il a choisi d'en parler. Pour nous qui avons passé la cinquantaine, la meilleure façon de l'entendre est de relire notre dernière prise de sang avant d'en parler à notre médecin.





