Une médecin généraliste enregistre la carte Vitale d'un patient de 72 ans - Illustration générée par IA
Ce que la Cour des comptes demande aux généralistes
Sur les 100 000 médecins généralistes recensés en France en 2024, la moitié seulement jouent le rôle de médecin traitant. Ce constat ouvre le rapport présenté mercredi 30 septembre par la Cour des comptes, saisie par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale pour dresser le bilan d'un dispositif vieux de vingt ans. Les magistrats y isolent 8 553 généralistes libéraux, sur 53 840, qui n'exercent pas cette mission ou la réservent à moins de 200 patients dans l'année.
Leur réponse tient en une recommandation : rendre obligatoire, lors des prochaines négociations entre l'Assurance maladie et les syndicats de médecins, un nombre minimal de patients suivis comme médecin traitant pour tout généraliste libéral installé. Le rapport évoque une référence de 500 patients, le seuil que la Caisse nationale d'assurance maladie retient déjà pour parler d'une activité significative. Mais la Cour ne mise pas sur la seule contrainte : elle demande aussi d'augmenter la part forfaitaire de la rémunération, alors que 80 % des revenus des généralistes viennent encore du paiement à l'acte.
Leur réponse tient en une recommandation : rendre obligatoire, lors des prochaines négociations entre l'Assurance maladie et les syndicats de médecins, un nombre minimal de patients suivis comme médecin traitant pour tout généraliste libéral installé. Le rapport évoque une référence de 500 patients, le seuil que la Caisse nationale d'assurance maladie retient déjà pour parler d'une activité significative. Mais la Cour ne mise pas sur la seule contrainte : elle demande aussi d'augmenter la part forfaitaire de la rémunération, alors que 80 % des revenus des généralistes viennent encore du paiement à l'acte.
La Newsletter SeniorActu
Chaque vendredi
Retraite, santé, pouvoir d'achat : la synthèse de l'actualité des seniors directement dans votre boîte mail.
Plus de 65 ans et plusieurs traitements : vous êtes en première ligne
En 2025, près de 49 millions d'assurés, soit 88,5 % des adultes, avaient déclaré un médecin traitant. Les 6,3 millions restants ne sont pas répartis au hasard. Le rapport relève une surreprésentation des patients les plus précaires, des résidents d'Ehpad et des personnes de plus de 65 ans qui suivent plusieurs traitements : ces dernières sont environ 800 000 sans médecin traitant, à côté de 575 000 malades en affection de longue durée et de 850 000 bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
Ce sont pourtant les patients pour qui le suivi compte le plus. Quand vous prenez plusieurs médicaments chaque jour, c'est le médecin traitant qui coordonne vos soins et tient votre dossier médical, selon la définition officielle de ses missions. Et la Cour pointe un second trou, moins visible : un patient sur cinq ne voit pas son médecin traitant dans l'année, même quand il en a déclaré un.
Combien de cas la mesure réglerait-elle ? Si les 8 553 généralistes concernés montaient à 500 patients, la Cour estime qu'entre 2,5 et 4 millions de patients supplémentaires trouveraient un médecin traitant. Nous avons rapporté cette fourchette aux 6,3 millions d'adultes qui n'en ont pas : dans l'hypothèse la plus favorable, 2,3 millions resteraient sans, et 3,8 millions dans l'hypothèse basse. Le calcul est le nôtre, et il suppose que chaque place libérée profite à un patient encore sans médecin, ce qui n'a rien d'automatique.
Je le dis sans détour : même adoptée, cette obligation ne réglera pas la question pour tout le monde. Rien ne garantit non plus que les places nouvelles iront d'abord aux patients âgés et polymédiqués, même si la Cour demande d'élargir la cible du plan d'actions qui cherche à trouver un médecin traitant aux patients les plus fragiles.
Ce sont pourtant les patients pour qui le suivi compte le plus. Quand vous prenez plusieurs médicaments chaque jour, c'est le médecin traitant qui coordonne vos soins et tient votre dossier médical, selon la définition officielle de ses missions. Et la Cour pointe un second trou, moins visible : un patient sur cinq ne voit pas son médecin traitant dans l'année, même quand il en a déclaré un.
Combien de cas la mesure réglerait-elle ? Si les 8 553 généralistes concernés montaient à 500 patients, la Cour estime qu'entre 2,5 et 4 millions de patients supplémentaires trouveraient un médecin traitant. Nous avons rapporté cette fourchette aux 6,3 millions d'adultes qui n'en ont pas : dans l'hypothèse la plus favorable, 2,3 millions resteraient sans, et 3,8 millions dans l'hypothèse basse. Le calcul est le nôtre, et il suppose que chaque place libérée profite à un patient encore sans médecin, ce qui n'a rien d'automatique.
Je le dis sans détour : même adoptée, cette obligation ne réglera pas la question pour tout le monde. Rien ne garantit non plus que les places nouvelles iront d'abord aux patients âgés et polymédiqués, même si la Cour demande d'élargir la cible du plan d'actions qui cherche à trouver un médecin traitant aux patients les plus fragiles.
Sans médecin traitant, chaque consultation vous coûte 12 euros de plus
En attendant, l'absence de médecin traitant a un prix, et c'est vous qui le payez. Pour une consultation de généraliste à 30 euros, l'Assurance maladie rembourse normalement 70 % du tarif. Hors parcours de soins, sa prise en charge tombe à 30 %, soit 9 euros, détaille Service public dans sa fiche sur le ticket modérateur, vérifiée le 1er octobre. Une fois retirée la participation forfaitaire de 2 euros, vous recevez 7 euros au lieu de 19.
Vous comptez sur votre mutuelle pour combler l'écart ? La même fiche précise que cette majoration n'est pas remboursée par les complémentaires santé dans le cadre d'un contrat responsable, une mention que vous retrouverez sur votre tableau de garanties. Ce sont donc 12 euros qui restent à votre charge à chaque passage chez un généraliste, soit 72 euros sur six consultations dans l'année, selon notre calcul. Quand on consulte plusieurs fois par an pour renouveler un traitement, la note grimpe vite.
Vous comptez sur votre mutuelle pour combler l'écart ? La même fiche précise que cette majoration n'est pas remboursée par les complémentaires santé dans le cadre d'un contrat responsable, une mention que vous retrouverez sur votre tableau de garanties. Ce sont donc 12 euros qui restent à votre charge à chaque passage chez un généraliste, soit 72 euros sur six consultations dans l'année, selon notre calcul. Quand on consulte plusieurs fois par an pour renouveler un traitement, la note grimpe vite.
Votre médecin est parti à la retraite : un an sans pénalité
Une exception vous protège si votre médecin traitant a cessé son activité récemment. Comme le rappelle la fiche officielle consacrée au médecin traitant et au parcours de soins, vous êtes remboursé normalement s'il est parti à la retraite ou a changé de département il y a moins d'un an. Passé ce délai, la pénalité s'applique de nouveau.
Qui appeler pour retrouver un médecin traitant
La première porte est l'organisation coordonnée territoriale de votre secteur, ces regroupements de soignants d'un même bassin de vie auxquels Service public renvoie les patients qui ne trouvent pas de médecin traitant. Si votre territoire n'en compte pas, adressez-vous à votre caisse d'Assurance maladie, la CPAM ou la MSA si vous relevez du régime agricole. Signalez d'emblée vos traitements en cours et, le cas échéant, votre affection de longue durée, car ce sont ces profils que le plan d'actions vise en priorité.
Sur le même sujet :
Santé : une nouvelle consultation à 60 € créée pour les plus de 80 ans
Une fois un généraliste d'accord, la déclaration est vite faite. Le médecin l'enregistre en ligne avec votre carte Vitale, sans formulaire ni courrier, et vous restez libre d'en changer plus tard sans justificatif. Nous suivrons la négociation qui tranchera le seuil de 500 patients, car c'est elle qui dira si cette obligation verra vraiment le jour.
Santé : une nouvelle consultation à 60 € créée pour les plus de 80 ans



