Une boîte de Spasfon et son étiquette de prix sur un comptoir de pharmacie - Illustration générée par IA
Ce que votre boîte de Spasfon coûte déjà
Prenez la boîte que votre médecin vous prescrit contre les douleurs de ventre. D'après la base publique des médicaments, tenue par l'agence du médicament, le Spasfon en comprimés se vend 2,14 euros, auxquels s'ajoute l'honoraire de dispensation du pharmacien, 1,02 euro. Le ticket de caisse affiche donc 3,16 euros. La Sécurité sociale en rembourse 15 %, soit 47 centimes.
Sauf que la franchise médicale ampute chaque remboursement d'un euro par boîte, comme le rappelle la fiche de Service Public sur le ticket modérateur et les franchises. Quarante-sept centimes moins un euro : il ne reste rien à vous verser. La franchise ne peut pas dépasser le remboursement, elle s'arrête donc à 47 centimes, et rien n'est reporté sur un autre versement. Ce calcul est le nôtre, mais les deux chiffres qui l'alimentent sont publics et vérifiables en trois clics.
Sauf que la franchise médicale ampute chaque remboursement d'un euro par boîte, comme le rappelle la fiche de Service Public sur le ticket modérateur et les franchises. Quarante-sept centimes moins un euro : il ne reste rien à vous verser. La franchise ne peut pas dépasser le remboursement, elle s'arrête donc à 47 centimes, et rien n'est reporté sur un autre versement. Ce calcul est le nôtre, mais les deux chiffres qui l'alimentent sont publics et vérifiables en trois clics.
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Le 1er octobre, 171 boîtes sortent du 100 %
Jusqu'ici, cette arithmétique ne concernait pas tout le monde. Une personne en affection de longue durée, ce statut qui couvre le diabète, un cancer, une insuffisance cardiaque ou une maladie de Parkinson, était dispensée de payer sa part sur l'ensemble de ses traitements, y compris ceux dont l'utilité médicale est jugée faible. Le décret n° 2026-285 du 16 avril met fin à cette exception le 1er octobre 2026.
Or ce statut est massivement le nôtre. Les chiffres publiés par l'Assurance Maladie recensent 13,8 millions de personnes concernées au régime général. La revue de dépenses que l'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale des finances ont consacrée au dispositif va plus loin : après 70 ans, près d'une personne sur deux qui consulte est enregistrée en affection de longue durée, contre moins d'une sur dix avant 45 ans.
171 spécialités basculent. Gaviscon, Spasfon, Météospasmyl, Dexeryl, Tanakan, Bétadine dermique, Zovirax, Valium : la liste tient dans une armoire à pharmacie ordinaire. Les traitements de fond, eux, ne bougent pas, et c'est le point que les caisses répètent depuis avril : insuline, antihypertenseurs, anticancéreux restent pris en charge intégralement. Ce sont les compléments qui changent de camp, ceux qu'on n'a jamais comptés parce qu'ils ne coûtaient rien.
Or ce statut est massivement le nôtre. Les chiffres publiés par l'Assurance Maladie recensent 13,8 millions de personnes concernées au régime général. La revue de dépenses que l'Inspection générale des affaires sociales et l'Inspection générale des finances ont consacrée au dispositif va plus loin : après 70 ans, près d'une personne sur deux qui consulte est enregistrée en affection de longue durée, contre moins d'une sur dix avant 45 ans.
171 spécialités basculent. Gaviscon, Spasfon, Météospasmyl, Dexeryl, Tanakan, Bétadine dermique, Zovirax, Valium : la liste tient dans une armoire à pharmacie ordinaire. Les traitements de fond, eux, ne bougent pas, et c'est le point que les caisses répètent depuis avril : insuline, antihypertenseurs, anticancéreux restent pris en charge intégralement. Ce sont les compléments qui changent de camp, ceux qu'on n'a jamais comptés parce qu'ils ne coûtaient rien.
Ce que le décret du 22 août autorise vraiment
Mais le texte du 22 août ne fixe aucun taux. Le décret n° 2026-811, signé la veille et publié au Journal officiel le lendemain, déplace seulement les bornes à l'intérieur desquelles l'Union nationale des caisses d'assurance maladie arrêtera la participation de l'assuré. Pour les médicaments à faible utilité médicale, cette participation pourra désormais aller de 93 à 97 % du prix. Traduit dans l'autre sens, cela signifie un remboursement compris entre 3 et 7 %, contre 15 % actuellement. Pour ceux dont l'utilité est jugée modérée, remboursés à 30 %, la fourchette descend entre 5 et 15 %.
Le chiffre de 5 % qui circule depuis la parution des décrets est donc le point médian de cette fourchette, pas encore une décision. Il n'en change pas moins ce que vous payez. Reprenons les trois boîtes les plus courantes de la liste, aux prix relevés dans la base publique des médicaments : le Spasfon en comprimés, 3,16 euros, dont le remboursement tombe à 16 centimes ; le Gaviscon en sachets, 4,99 euros, qui descend à 25 centimes ; le Météospasmyl, 3,64 euros, qui rend 18 centimes.
En revanche, la franchise s'arrête à 50 euros par an et par personne, et un projet de décret transmis fin août porte ce plafond à 70 euros dès le 1er octobre. Une fois ce plafond atteint, les centimes réapparaissent sur le relevé. Ceux qui achètent beaucoup de boîtes retrouvent donc une prise en charge symbolique en fin d'année, quand ceux qui en achètent dix ou quinze n'en verront jamais la couleur.
Le chiffre de 5 % qui circule depuis la parution des décrets est donc le point médian de cette fourchette, pas encore une décision. Il n'en change pas moins ce que vous payez. Reprenons les trois boîtes les plus courantes de la liste, aux prix relevés dans la base publique des médicaments : le Spasfon en comprimés, 3,16 euros, dont le remboursement tombe à 16 centimes ; le Gaviscon en sachets, 4,99 euros, qui descend à 25 centimes ; le Météospasmyl, 3,64 euros, qui rend 18 centimes.
Sur le même sujet :
Recul du gouvernement sur les franchises médicales : celle pour vos médicaments monte vers 70 euros par an au lieu des 100 annoncés
Les trois montants passent sous la franchise d'un euro. Autrement dit, à ce niveau de prise en charge, la caisse ne verse plus rien du tout sur ces boîtes : la franchise se limite au montant du remboursement, et il ne reste rien à prélever. Je le formule sans détour : sur ces produits, le remboursement à 5 % est une écriture comptable, pas un versement. Recul du gouvernement sur les franchises médicales : celle pour vos médicaments monte vers 70 euros par an au lieu des 100 annoncés
En revanche, la franchise s'arrête à 50 euros par an et par personne, et un projet de décret transmis fin août porte ce plafond à 70 euros dès le 1er octobre. Une fois ce plafond atteint, les centimes réapparaissent sur le relevé. Ceux qui achètent beaucoup de boîtes retrouvent donc une prise en charge symbolique en fin d'année, quand ceux qui en achètent dix ou quinze n'en verront jamais la couleur.
Votre mutuelle n'est pas obligée de suivre
D'ailleurs, l'idée répandue selon laquelle la complémentaire santé rattrapera la différence mérite d'être regardée de près. Le cahier des charges des contrats dits responsables, qui couvrent environ 95 % du marché, oblige ces organismes à prendre en charge la part restante sur les consultations, les actes et les hospitalisations. Il prévoit trois exceptions, écrites noir sur blanc depuis le décret du 18 novembre 2014 : les cures thermales, l'homéopathie et précisément les médicaments dont le service médical rendu est jugé faible ou modéré.
Sur ces boîtes, votre mutuelle rembourse si elle l'a prévu au contrat, et non parce que la loi l'y oblige. Certaines le font, d'autres non, et la ligne se trouve rarement en première page du tableau de garanties. C'est tout le sens de la démarche engagée cette semaine par les organismes complémentaires auprès du gouvernement : ils réclament un droit de regard sur des transferts qu'ils chiffrent à 1,5 milliard d'euros par an et qu'ils n'ont pas approuvés.
L'Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie avait rendu un avis défavorable à l'unanimité le 31 juillet, et le conseil de la caisse nationale s'était prononcé dans le même sens. Les décrets sont parus quand même. La conséquence, pour vous, se lira sur les cotisations de 2027, celles dont l'avis d'échéance arrive à l'automne.
Sur ces boîtes, votre mutuelle rembourse si elle l'a prévu au contrat, et non parce que la loi l'y oblige. Certaines le font, d'autres non, et la ligne se trouve rarement en première page du tableau de garanties. C'est tout le sens de la démarche engagée cette semaine par les organismes complémentaires auprès du gouvernement : ils réclament un droit de regard sur des transferts qu'ils chiffrent à 1,5 milliard d'euros par an et qu'ils n'ont pas approuvés.
L'Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie avait rendu un avis défavorable à l'unanimité le 31 juillet, et le conseil de la caisse nationale s'était prononcé dans le même sens. Les décrets sont parus quand même. La conséquence, pour vous, se lira sur les cotisations de 2027, celles dont l'avis d'échéance arrive à l'automne.
Trois vérifications à faire avant le 1er octobre
Trois gestes suffisent avant le 1er octobre. Sortez un relevé de remboursement et repérez le taux de chaque ligne de pharmacie : celles à 15 % vont bouger. Ouvrez votre tableau de garanties et cherchez-y les médicaments à service médical rendu faible ou modéré ; absente, la mention signifie que votre contrat ne les couvre pas. Posez enfin la question à votre pharmacien, qui voit le taux de la boîte avant vous. Une boîte à 3,16 euros ne ruine personne ; la ligne qu'elle inaugure sur votre relevé, si.


