Le nombre de décès augmente en France, pour deux raisons
Les Français vivent plus longtemps, la médecine progresse, et chaque année compte pourtant davantage de morts que la précédente. Si vous avez l'impression d'aller plus souvent à des obsèques qu'il y a quinze ans, ce n'est pas une impression.
Selon le bilan publié jeudi 15 octobre par l'Insee, 647 818 personnes sont décédées en France en 2025. C'est 1,0 % de plus qu'en 2024, une fois neutralisé le jour supplémentaire de l'année bissextile. Le détail figure dans l'étude « Les décès en 2025 » de l'institut statistique, qui retient deux causes. La première est ponctuelle : l'épidémie de grippe de janvier 2025, particulièrement virulente. Ce mois-là, 70 819 personnes sont mortes, soit 2 284 par jour en moyenne.
La seconde cause est structurelle, et c'est elle qui vous concerne directement. Depuis 2011, le nombre de décès a tendance à monter parce que les générations nombreuses nées entre 1946 et 1974 arrivent aux âges de forte mortalité. L'espérance de vie, elle, continue de progresser : la hausse tient d'abord au nombre de personnes qui vieillissent ensemble.
Selon le bilan publié jeudi 15 octobre par l'Insee, 647 818 personnes sont décédées en France en 2025. C'est 1,0 % de plus qu'en 2024, une fois neutralisé le jour supplémentaire de l'année bissextile. Le détail figure dans l'étude « Les décès en 2025 » de l'institut statistique, qui retient deux causes. La première est ponctuelle : l'épidémie de grippe de janvier 2025, particulièrement virulente. Ce mois-là, 70 819 personnes sont mortes, soit 2 284 par jour en moyenne.
La seconde cause est structurelle, et c'est elle qui vous concerne directement. Depuis 2011, le nombre de décès a tendance à monter parce que les générations nombreuses nées entre 1946 et 1974 arrivent aux âges de forte mortalité. L'espérance de vie, elle, continue de progresser : la hausse tient d'abord au nombre de personnes qui vieillissent ensemble.
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Plus d'un décès sur trois touche désormais votre génération
En 2025, selon l'Insee, les personnes nées pendant le baby-boom représentent 36 % des décès, contre 21 % dix ans plus tôt. Plus d'un mort sur trois appartient donc désormais à votre génération, dont les premiers-nés, ceux de 1946, ont 79 ou 80 ans en 2026.
Le mouvement s'inscrit dans la durée : le nombre annuel de décès dépasse de 6 % son niveau de 2019 et de 19 % celui de 2011. En 2025, 90,4 % des défunts avaient 60 ans ou plus, et près de trois sur dix avaient fêté leurs 90 ans.
Le mouvement s'inscrit dans la durée : le nombre annuel de décès dépasse de 6 % son niveau de 2019 et de 19 % celui de 2011. En 2025, 90,4 % des défunts avaient 60 ans ou plus, et près de trois sur dix avaient fêté leurs 90 ans.
L'âge moyen au décès approche les 80 ans, votre horizon va plus loin
Or, si l'on meurt en plus grand nombre, on meurt aussi plus tard. L'âge moyen au décès atteint 79,5 ans en 2025, contre 78,1 ans en 2015, soit près d'un an et demi gagné en une décennie. L'Insee relève seulement deux accrocs récents, en 2021 et en 2023 : les années précédentes, marquées par le Covid, la grippe et la chaleur, avaient emporté en priorité les personnes les plus fragiles, ce qui avait mécaniquement fait baisser la moyenne l'année suivante.
L'écart entre les sexes ne se referme pas. Les hommes décèdent en moyenne à 76,0 ans, les femmes à 83,0 ans. Jusqu'à 84 ans inclus, les décès masculins dépassent les décès féminins. L'institut l'attribue en partie aux comportements : les femmes fument moins, boivent moins d'alcool et sont mieux suivies médicalement.
Pour vous qui avez passé la soixantaine, un autre indicateur parle davantage que cette moyenne. D'après les tables de l'Insee pour 2025, une femme de 60 ans peut compter vivre encore 27,9 années dans les conditions de mortalité actuelles, et un homme du même âge 23,9 années. En clair, l'âge moyen au décès de 79,5 ans ne fixe pas votre horizon : à 60 ans, une femme peut espérer atteindre près de 88 ans, et un homme près de 84 ans.
L'écart entre les sexes ne se referme pas. Les hommes décèdent en moyenne à 76,0 ans, les femmes à 83,0 ans. Jusqu'à 84 ans inclus, les décès masculins dépassent les décès féminins. L'institut l'attribue en partie aux comportements : les femmes fument moins, boivent moins d'alcool et sont mieux suivies médicalement.
Pour vous qui avez passé la soixantaine, un autre indicateur parle davantage que cette moyenne. D'après les tables de l'Insee pour 2025, une femme de 60 ans peut compter vivre encore 27,9 années dans les conditions de mortalité actuelles, et un homme du même âge 23,9 années. En clair, l'âge moyen au décès de 79,5 ans ne fixe pas votre horizon : à 60 ans, une femme peut espérer atteindre près de 88 ans, et un homme près de 84 ans.
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L'espérance de vie a presque effacé le recul du Covid, pas les années en bonne santé : après 65 ans, les vôtres n'ont gagné qu'un à quatre mois depuis 2019
D'ailleurs, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. En 2024, l'espérance de vie à la naissance y atteint 85,8 ans pour les femmes, deuxième niveau de l'Union, et 80,2 ans pour les hommes, au dixième rang. L'espérance de vie a presque effacé le recul du Covid, pas les années en bonne santé : après 65 ans, les vôtres n'ont gagné qu'un à quatre mois depuis 2019
L'été 2026 a fait repartir les décès à la hausse
Et l'année 2026 ne marque pas de pause. Sur les huit premiers mois, de janvier à août, le nombre de décès progresse légèrement, de 0,5 %, par rapport à la même période de 2025. Les premiers mois ont pourtant été plus cléments, l'épidémie de grippe de l'hiver 2026 s'étant montrée moins virulente. Sauf que les décès sont repartis à la hausse à la fin du printemps, puis au cours de l'été.
L'Insee qualifie juin 2026 de mois « particulièrement atypique », avec 12 % de décès de plus qu'en juin 2025, et rapproche cette hausse des canicules qui ont touché la quasi-totalité de la métropole. Santé publique France avait déjà chiffré l'épisode du 17 juin au 2 juillet : au moins 5 764 décès en excès, dont 3 719 chez les 75 ans et plus, soit les deux tiers du bilan. Nous en avions rendu compte au fil de l'été, et ces chiffres trouvent désormais leur place dans la statistique annuelle.
L'Insee qualifie juin 2026 de mois « particulièrement atypique », avec 12 % de décès de plus qu'en juin 2025, et rapproche cette hausse des canicules qui ont touché la quasi-totalité de la métropole. Santé publique France avait déjà chiffré l'épisode du 17 juin au 2 juillet : au moins 5 764 décès en excès, dont 3 719 chez les 75 ans et plus, soit les deux tiers du bilan. Nous en avions rendu compte au fil de l'été, et ces chiffres trouvent désormais leur place dans la statistique annuelle.
La grippe, la part du bilan sur laquelle vous pouvez agir
L'autre cause mise en avant par l'Insee pour 2025, la grippe, se joue dès maintenant. L'épidémie de janvier 2025 a pesé sur le bilan de toute l'année, et la campagne de vaccination 2026-2027 a commencé le 13 octobre, en même temps que celle contre le Covid-19.
En revanche, les seniors restent loin du compte. Selon le message adressé aux soignants par la Direction générale de la santé, 56,7 % seulement des 65 ans et plus se sont fait vacciner contre la grippe lors de la dernière campagne, alors que l'objectif est fixé à 75 %. Pour cette campagne, deux vaccins sont recommandés en priorité à partir de 65 ans, l'un plus fortement dosé, l'autre avec adjuvant. Votre pharmacien peut prescrire et injecter le vaccin, et les deux injections, grippe et Covid, peuvent se faire lors du même passage, une dans chaque bras. Je retiens de ce bilan une chose simple. La hausse de fond décrite par l'Insee tient aux effectifs du baby-boom, et elle ne dépend pas de nous. Ce qui reste entre nos mains, c'est la part sur laquelle on peut agir : une vaccination faite à temps avant l'hiver, et un logement rafraîchi avant la prochaine canicule.
En revanche, les seniors restent loin du compte. Selon le message adressé aux soignants par la Direction générale de la santé, 56,7 % seulement des 65 ans et plus se sont fait vacciner contre la grippe lors de la dernière campagne, alors que l'objectif est fixé à 75 %. Pour cette campagne, deux vaccins sont recommandés en priorité à partir de 65 ans, l'un plus fortement dosé, l'autre avec adjuvant. Votre pharmacien peut prescrire et injecter le vaccin, et les deux injections, grippe et Covid, peuvent se faire lors du même passage, une dans chaque bras. Je retiens de ce bilan une chose simple. La hausse de fond décrite par l'Insee tient aux effectifs du baby-boom, et elle ne dépend pas de nous. Ce qui reste entre nos mains, c'est la part sur laquelle on peut agir : une vaccination faite à temps avant l'hiver, et un logement rafraîchi avant la prochaine canicule.




