Pas de chauffage avant décembre : le défi des internautes
Le mot d'ordre tient en une phrase, devenue le slogan de ce défi : « Le premier qui allume le chauffage a perdu ». Publiée par une créatrice de contenu sur TikTok, elle a recueilli près de 80 000 mentions « J'aime » et plus de 900 commentaires. Dans les vidéos et les commentaires, chacun montre sa parade pour tenir sans toucher aux radiateurs : vêtements superposés, couverture chauffante dans le lit, et même un tapis de marche pour se réchauffer en marchant.
Le ton est à l'ironie, le motif, lui, n'a rien d'un caprice. Les participants parlent ouvertement du prix trop élevé du gaz et de l'électricité, et le prix repère du gaz, que suivent les contrats indexés, a encore augmenté de 6,6 % au 1er novembre. Une nouvelle hausse pourrait suivre en décembre, au moment précis où le défi prendra fin pour ceux qui l'auront tenu.
Le ton est à l'ironie, le motif, lui, n'a rien d'un caprice. Les participants parlent ouvertement du prix trop élevé du gaz et de l'électricité, et le prix repère du gaz, que suivent les contrats indexés, a encore augmenté de 6,6 % au 1er novembre. Une nouvelle hausse pourrait suivre en décembre, au moment précis où le défi prendra fin pour ceux qui l'auront tenu.
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Derrière le jeu, 72 % des foyers ont déjà restreint leur chauffage
Ce jeu des réseaux sociaux ne fait d'ailleurs que mettre en scène ce que la plupart d'entre nous font déjà sans le filmer. D'après le baromètre énergie-info publié le 3 novembre par le médiateur national de l'énergie, 72 % des foyers ont restreint leur chauffage l'hiver dernier pour ne pas avoir de factures trop élevées. Ils n'étaient que 53 % en 2020, et 34 % des foyers disent avoir eu du mal à régler certaines factures d'électricité ou de gaz.
Cette prudence a un prix, qui ne se lit pas sur la facture. Le médiateur relève aussi que 35 % des foyers ont souffert du froid chez eux l'hiver dernier, et parmi eux, le chauffage limité pour payer moins est la première cause citée, devant la mauvaise isolation du logement. Notre génération n'est pas en reste : chez les 55 ans et plus, 93 % de ceux qui réduisent leur consommation d'énergie le font d'abord pour alléger leurs factures.
Cette prudence a un prix, qui ne se lit pas sur la facture. Le médiateur relève aussi que 35 % des foyers ont souffert du froid chez eux l'hiver dernier, et parmi eux, le chauffage limité pour payer moins est la première cause citée, devant la mauvaise isolation du logement. Notre génération n'est pas en reste : chez les 55 ans et plus, 93 % de ceux qui réduisent leur consommation d'énergie le font d'abord pour alléger leurs factures.
Avec l'âge, votre corps se réchauffe plus lentement
Or le froid ne se supporte pas de la même façon à tout âge, et ce n'est pas une question de courage. Le ministère des Solidarités l'explique dans sa fiche de bonnes pratiques de température en hiver dans les structures pour personnes âgées : avec l'âge, la sensation de froid augmente, parce que les capacités de régulation thermique de l'organisme se détériorent. Les personnes âgées se réchauffent donc plus lentement, et la dénutrition, certains traitements ou l'inactivité physique aggravent encore ces troubles.
Tenir dans un salon à 16 degrés en marchant sur un tapis n'est pas la même épreuve que d'y passer l'après-midi assis dans son fauteuil, quand le corps peine à se réchauffer. L'Organisation mondiale de la santé retient 18 °C comme température intérieure sûre pour protéger la santé de la population en général pendant les saisons froides. Pour les Ehpad et les structures qui hébergent des personnes âgées, le ministère recommande même une moyenne de 20 à 22 °C, sans descendre sous 18 °C la nuit. Un logement trop froid favorise en outre l'humidité et les moisissures, et peut provoquer certains problèmes respiratoires.
Tenir dans un salon à 16 degrés en marchant sur un tapis n'est pas la même épreuve que d'y passer l'après-midi assis dans son fauteuil, quand le corps peine à se réchauffer. L'Organisation mondiale de la santé retient 18 °C comme température intérieure sûre pour protéger la santé de la population en général pendant les saisons froides. Pour les Ehpad et les structures qui hébergent des personnes âgées, le ministère recommande même une moyenne de 20 à 22 °C, sans descendre sous 18 °C la nuit. Un logement trop froid favorise en outre l'humidité et les moisissures, et peut provoquer certains problèmes respiratoires.
Votre thermostat n'est pas bloqué à 19 °C
Vous pensez peut-être que la loi vous oblige à rester à 19 °C, comme on l'entend à chaque hiver. Le Code de l'énergie limite bien la température moyenne de chauffage à 19 °C dans les logements, sauf que c'est un plafond, pas un objectif. Et ce plafond se relève pour nous : en application d'un arrêté du 25 juillet 1977, la température moyenne peut être portée à 22 °C dans les logements qui hébergent des personnes âgées, une pièce ne devant pas dépasser 24 °C.
Le gouvernement l'a confirmé dans une réponse publiée au Journal officiel le 16 janvier 2024, après qu'un député a relevé que de nombreux propriétaires et bailleurs sociaux méconnaissent ce droit. Si vous vivez dans un immeuble à chauffage collectif et que vous avez froid chez vous, c'est un argument à faire valoir auprès de votre syndic ou de votre bailleur. Je ne vous conseille pas pour autant de pousser le thermostat à 22 °C par principe : chaque degré se paie, et personne ne vous impose de grelotter pour respecter une règle qui ne vous vise pas.
Le gouvernement l'a confirmé dans une réponse publiée au Journal officiel le 16 janvier 2024, après qu'un député a relevé que de nombreux propriétaires et bailleurs sociaux méconnaissent ce droit. Si vous vivez dans un immeuble à chauffage collectif et que vous avez froid chez vous, c'est un argument à faire valoir auprès de votre syndic ou de votre bailleur. Je ne vous conseille pas pour autant de pousser le thermostat à 22 °C par principe : chaque degré se paie, et personne ne vous impose de grelotter pour respecter une règle qui ne vous vise pas.
Baisser votre chauffage sans grelotter
Entre le défi des réseaux sociaux et un logement surchauffé, il existe un réglage plus raisonnable. L'Agence de la transition écologique recommande de maintenir 19 degrés dans les pièces de vie et 17 degrés dans les chambres la nuit. Quand vous sortez quelques heures, elle conseille 16 à 17 degrés dans les pièces de vie inoccupées. Baisser vaut mieux que tout éteindre : un logement qui se refroidit trop réclame ensuite beaucoup d'énergie pour revenir à température.
Et si c'est la facture qui vous fait hésiter à allumer, la trêve hivernale court du 1er novembre au 31 mars : pendant cette période, votre fournisseur ne peut pas couper l'électricité ni le gaz de votre résidence principale pour une facture impayée. Il peut en revanche réduire la puissance électrique, sauf si vous touchez le chèque énergie et lui avez transmis l'attestation reçue avec le chèque, et la dette reste due. Dès les premières difficultés, mieux vaut l'appeler pour demander un échéancier. Le froid, lui, n'attend pas, et à notre âge, le chauffage est bien la dernière dépense sur laquelle rogner.
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