Une cancérologue présente ses résultats devant une projection de poumons - Illustration générée par IA
Deux nouveaux traitements contre le cancer du poumon, une même idée
L'oncologue thoracique Nicolas Girard, de l'Institut Curie, cosignataire de l'essai SAFFRON présenté à Madrid, l'a résumée d'une phrase sur franceinfo : « l'idée ce n'est pas d'attendre que ça aille mal ». Le premier essai renforce le traitement pendant que la maladie est encore contenue. Le second change de stratégie dès que la tumeur déjoue le premier médicament, au lieu de basculer vers une chimiothérapie.
Ces résultats ont été présentés au congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO), réuni à Madrid du 23 au 27 octobre avec 37 000 participants, selon l'Institut Curie. Les deux études ont été publiées dans le New England Journal of Medicine les 24 et 25 octobre, le jour de leur présentation. Ce n'est pas un détail : nous parlons ici d'essais de phase 3, menés sur plusieurs centaines de patients, et non de premiers résultats de laboratoire.
Ces résultats ont été présentés au congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO), réuni à Madrid du 23 au 27 octobre avec 37 000 participants, selon l'Institut Curie. Les deux études ont été publiées dans le New England Journal of Medicine les 24 et 25 octobre, le jour de leur présentation. Ce n'est pas un détail : nous parlons ici d'essais de phase 3, menés sur plusieurs centaines de patients, et non de premiers résultats de laboratoire.
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Cancer à petites cellules : 58 % de risque de décès en moins
Le cancer du poumon à petites cellules représente environ 15 % des cancers du poumon, et c'est sa forme la plus agressive. Environ 70 % des malades sont pris en charge à un stade déjà étendu, avec des métastases, d'après les estimations de la Haute Autorité de santé. Après quatre cures associant chimiothérapie et immunothérapie, ceux dont la maladie a reculé poursuivent un traitement dit « d'entretien » par une immunothérapie seule, le durvalumab, et la rechute arrive souvent vite.
L'essai DeLLphi-305, présenté par l'oncologue américain Jacob Sands, a ajouté à cet entretien le tarlatamab, une immunothérapie du laboratoire Amgen, chez 563 patients. La survie médiane est passée de 12,7 mois à 21,1 mois, et le risque de décès a baissé de 58 % sur la période suivie. Au bout d'un an, 79 malades sur 100 étaient en vie avec l'association, contre 53 sur 100 avec le durvalumab seul. Le Monde parle d'un gain de survie « jamais vu » dans cette maladie.
Ce médicament ne fonctionne pas comme les immunothérapies classiques. C'est un anticorps dit « bispécifique » : d'un côté, il s'accroche à une protéine présente à la surface de la plupart des cellules de ce cancer, de l'autre, à un globule blanc capable de les détruire. J'ajoute une précision que les gros titres oublient : cette survie se compte depuis le début de l'entretien, et non depuis le diagnostic.
L'essai DeLLphi-305, présenté par l'oncologue américain Jacob Sands, a ajouté à cet entretien le tarlatamab, une immunothérapie du laboratoire Amgen, chez 563 patients. La survie médiane est passée de 12,7 mois à 21,1 mois, et le risque de décès a baissé de 58 % sur la période suivie. Au bout d'un an, 79 malades sur 100 étaient en vie avec l'association, contre 53 sur 100 avec le durvalumab seul. Le Monde parle d'un gain de survie « jamais vu » dans cette maladie.
Ce médicament ne fonctionne pas comme les immunothérapies classiques. C'est un anticorps dit « bispécifique » : d'un côté, il s'accroche à une protéine présente à la surface de la plupart des cellules de ce cancer, de l'autre, à un globule blanc capable de les détruire. J'ajoute une précision que les gros titres oublient : cette survie se compte depuis le début de l'entretien, et non depuis le diagnostic.
Cancer non à petites cellules : une nouvelle biopsie quand votre comprimé ne suffit plus
Le second essai, baptisé SAFFRON, concerne une partie précise des cancers non à petites cellules, qui représentent plus de 80 % des cas. Selon l'Institut Curie, 10 à 15 % de ces malades portent une mutation du gène EGFR et reçoivent d'abord un comprimé ciblé, l'osimertinib. Or, dans 34 % des cas, la tumeur finit par déjouer ce médicament en s'appuyant sur un autre récepteur, appelé MET.
Jusqu'ici, on passait alors le plus souvent à la chimiothérapie. Dans SAFFRON, les médecins ont refait un prélèvement de la tumeur pour y chercher cette anomalie, puis ajouté au premier comprimé un second, le savolitinib, qui la bloque. Sur 338 patients, le risque de décès a baissé de 32 % par rapport à la chimiothérapie, et la survie médiane est passée de 12,9 à 17,8 mois, selon les résultats détaillés par la revue OncLive. Le risque de voir la maladie progresser a reculé de 45 %, ce que franceinfo traduit par un risque de récidive divisé par deux.
Jusqu'ici, on passait alors le plus souvent à la chimiothérapie. Dans SAFFRON, les médecins ont refait un prélèvement de la tumeur pour y chercher cette anomalie, puis ajouté au premier comprimé un second, le savolitinib, qui la bloque. Sur 338 patients, le risque de décès a baissé de 32 % par rapport à la chimiothérapie, et la survie médiane est passée de 12,9 à 17,8 mois, selon les résultats détaillés par la revue OncLive. Le risque de voir la maladie progresser a reculé de 45 %, ce que franceinfo traduit par un risque de récidive divisé par deux.
Votre oncologue peut-il déjà prescrire ces traitements en France ?
Pour le tarlatamab, la réponse est non dans l'usage testé à Madrid. Le médicament a reçu une autorisation européenne le 29 mai 2026, mais seul, et pour une autre situation : après une rechute. En France, la Haute Autorité de santé lui a accordé le 18 juin 2026 une autorisation d'accès précoce, réservée aux malades en rechute qui ne peuvent plus recevoir de chimiothérapie à base de platine. Son association avec le durvalumab en entretien devra encore être évaluée par l'Agence européenne du médicament, puis par la HAS.
Pour le savolitinib, une demande d'autorisation a été déposée en septembre auprès de l'agence américaine du médicament, et la combinaison est déjà autorisée en Chine dans une indication voisine. L'essai SAFFRON prévoyait 17 centres en France, mais il ne recrute plus depuis le 6 avril 2026, d'après le registre des essais de l'Institut national du cancer. Si vous ou un proche êtes suivi pour un cancer du poumon avec mutation EGFR, la question utile à poser à votre oncologue est simple : en cas de résistance au comprimé, une nouvelle biopsie est-elle prévue, et un autre essai est-il ouvert près de chez vous ?
Pour le savolitinib, une demande d'autorisation a été déposée en septembre auprès de l'agence américaine du médicament, et la combinaison est déjà autorisée en Chine dans une indication voisine. L'essai SAFFRON prévoyait 17 centres en France, mais il ne recrute plus depuis le 6 avril 2026, d'après le registre des essais de l'Institut national du cancer. Si vous ou un proche êtes suivi pour un cancer du poumon avec mutation EGFR, la question utile à poser à votre oncologue est simple : en cas de résistance au comprimé, une nouvelle biopsie est-elle prévue, et un autre essai est-il ouvert près de chez vous ?
Des chances de survie en plus, au prix d'effets indésirables à surveiller
Ces gains ont toutefois un prix. Avec le tarlatamab, un « syndrome de relargage des cytokines », une réaction inflammatoire qui peut provoquer fièvre et chute de tension, est survenu chez la moitié des patients, sous une forme sévère chez un seul d'entre eux. Les effets indésirables sévères liés au traitement ont concerné 20,9 % des malades sous l'association, contre 10,8 % sous durvalumab seul. D'où des premières perfusions réalisées sous surveillance à l'hôpital.
Dans SAFFRON, à l'inverse, les effets sévères liés au traitement ont été moins fréquents qu'avec la chimiothérapie, 40 % contre 52 %, mais un œdème, c'est-à-dire un gonflement des membres, a touché près d'un patient sur deux. L'Institut Curie parle d'ailleurs d'une option « guidée par des biomarqueurs » : elle ne vise que les malades dont la tumeur présente cette anomalie de MET, ce qui rend le nouveau prélèvement indispensable. Pour une famille qui vient de lire « jamais vu » dans la presse, c'est sans doute la précision que nous garderions en tête avant la prochaine consultation.
Dans SAFFRON, à l'inverse, les effets sévères liés au traitement ont été moins fréquents qu'avec la chimiothérapie, 40 % contre 52 %, mais un œdème, c'est-à-dire un gonflement des membres, a touché près d'un patient sur deux. L'Institut Curie parle d'ailleurs d'une option « guidée par des biomarqueurs » : elle ne vise que les malades dont la tumeur présente cette anomalie de MET, ce qui rend le nouveau prélèvement indispensable. Pour une famille qui vient de lire « jamais vu » dans la presse, c'est sans doute la précision que nous garderions en tête avant la prochaine consultation.




