30 % de médecins en plus d'ici 2040 : ce que publie le ministère de la Santé
La pénurie de médecins touche à sa fin, nous dit-on, et pourtant votre cabinet de quartier affiche toujours complet. Ce paradoxe n'a rien d'une impression. Il est écrit dans les projections que la Drees, le service statistique du ministère de la Santé, a publiées le mardi 6 octobre, à condition de les lire spécialité par spécialité et région par région.
Le chiffre global, lui, est spectaculaire. Selon la Drees, la France comptait en 2025 261 800 médecins en activité de moins de 70 ans et internes. Dans son scénario tendanciel, ils seront 351 300 en 2040, soit 34 % de plus, et entre 30 et 39 % selon les hypothèses retenues. À l'horizon 2060, la hausse dépasserait même 75 %. Le mouvement a déjà commencé : au 1er janvier 2026, le pays comptait 242 200 médecins en activité, 5 000 de plus qu'un an plus tôt.
Le chiffre global, lui, est spectaculaire. Selon la Drees, la France comptait en 2025 261 800 médecins en activité de moins de 70 ans et internes. Dans son scénario tendanciel, ils seront 351 300 en 2040, soit 34 % de plus, et entre 30 et 39 % selon les hypothèses retenues. À l'horizon 2060, la hausse dépasserait même 75 %. Le mouvement a déjà commencé : au 1er janvier 2026, le pays comptait 242 200 médecins en activité, 5 000 de plus qu'un an plus tôt.
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Votre généraliste, aussi rare qu'en 2025 jusqu'en 2030
Pour savoir si vous serez mieux soigné, compter les médecins ne suffit pas. La population vieillit, et nous consultons davantage avec l'âge. La Drees s'appuie sur un indicateur plus parlant, la « densité standardisée » : le nombre de médecins rapporté à la population, chaque tranche d'âge étant pesée selon les soins qu'elle consomme en ville. Ce chiffre mesure combien de médecins il y a face à vos besoins réels.
Sauf que pour la médecine générale, cet indicateur ne bouge presque pas d'ici 2030. Il valait 158 en 2012, il est tombé à 133 en 2024 et en 2025, et le scénario tendanciel de la Drees le maintient entre 133 et 134 jusqu'en 2030. Il faudra attendre 2034 pour le voir remonter à 141, et 2040 pour qu'il dépasse enfin son niveau de 2012, à 160. Les généralistes en activité de moins de 70 ans passeront bien de 91 500 à 94 000 entre 2025 et 2030, mais cette hausse sera absorbée par le vieillissement de leurs patients.
Comment expliquer un tel décalage ? Les nouveaux médecins ne choisissent pas tous la médecine générale. Entre 2025 et 2030, la France gagnera environ 13 300 médecins en activité, dont à peine 2 500 généralistes. Moins d'un nouveau médecin sur cinq viendra renforcer les cabinets de premier recours, le calcul est le nôtre à partir des tableaux de la Drees. Vous pouvez retrouver l'ensemble de ces séries, par spécialité et par région, dans le jeu de données des projections d'effectifs de médecins mis en ligne par la Drees.
Concrètement, si votre généraliste prend sa retraite dans les trois ou quatre ans qui viennent, rien dans ces projections ne promet qu'un remplaçant sera plus facile à trouver qu'il ne l'est déjà pour beaucoup de patients.
Sauf que pour la médecine générale, cet indicateur ne bouge presque pas d'ici 2030. Il valait 158 en 2012, il est tombé à 133 en 2024 et en 2025, et le scénario tendanciel de la Drees le maintient entre 133 et 134 jusqu'en 2030. Il faudra attendre 2034 pour le voir remonter à 141, et 2040 pour qu'il dépasse enfin son niveau de 2012, à 160. Les généralistes en activité de moins de 70 ans passeront bien de 91 500 à 94 000 entre 2025 et 2030, mais cette hausse sera absorbée par le vieillissement de leurs patients.
Comment expliquer un tel décalage ? Les nouveaux médecins ne choisissent pas tous la médecine générale. Entre 2025 et 2030, la France gagnera environ 13 300 médecins en activité, dont à peine 2 500 généralistes. Moins d'un nouveau médecin sur cinq viendra renforcer les cabinets de premier recours, le calcul est le nôtre à partir des tableaux de la Drees. Vous pouvez retrouver l'ensemble de ces séries, par spécialité et par région, dans le jeu de données des projections d'effectifs de médecins mis en ligne par la Drees.
Concrètement, si votre généraliste prend sa retraite dans les trois ou quatre ans qui viennent, rien dans ces projections ne promet qu'un remplaçant sera plus facile à trouver qu'il ne l'est déjà pour beaucoup de patients.
Sud-Ouest, Languedoc, Corse : là où les généralistes vont encore manquer
Et la moyenne nationale cache des trajectoires opposées. Les données régionales de la Drees, présentées selon les anciennes régions d'avant 2015, montrent que la densité de généralistes va même baisser d'ici 2030 dans plusieurs territoires très prisés à la retraite. En Languedoc-Roussillon, elle passera de 140 à 132. En Midi-Pyrénées, de 137 à 129, et en Aquitaine, de 158 à 151. La Corse décroche plus nettement encore, de 140 à 119, et touchera un plancher de 103 en 2037, avant de remonter à 110 en 2040.
À l'inverse, la Bretagne, déjà la mieux dotée avec 162, grimpera à 200 en 2040. Le Centre restera la région la plus démunie, avec 101 en 2025 et 104 en 2030, loin derrière la moyenne nationale de 133. Ces trajectoires reposent sur l'hypothèse que les jeunes médecins continueront de s'installer comme ils l'ont fait ces dernières années. Si vous avez prévu de vous installer au soleil pour votre retraite, mieux vaut donc trouver votre médecin traitant avant de signer, et non après.
À l'inverse, la Bretagne, déjà la mieux dotée avec 162, grimpera à 200 en 2040. Le Centre restera la région la plus démunie, avec 101 en 2025 et 104 en 2030, loin derrière la moyenne nationale de 133. Ces trajectoires reposent sur l'hypothèse que les jeunes médecins continueront de s'installer comme ils l'ont fait ces dernières années. Si vous avez prévu de vous installer au soleil pour votre retraite, mieux vaut donc trouver votre médecin traitant avant de signer, et non après.
Votre cardiologue, pas moins rare en 2040
Le constat est tout aussi net chez les spécialistes que nous voyons souvent après 60 ans. Le nombre de cardiologues progressera de 6 800 à 7 900 entre 2025 et 2040, mais leur densité standardisée reste figée à 10 sur toute la période, comme depuis 2021. Même chose pour les dermatologues : ils étaient 4 000 en 2012, ils ne sont plus que 3 300, et les 3 800 attendus en 2040 laisseront leur densité inchangée. Leurs effectifs se contentent de suivre la hausse des besoins liée à l'âge.
Pénurie de médecins : pourquoi la fin se joue après 2030
Ces projections ont malgré tout de quoi rassurer à plus long terme. Il faut une dizaine d'années pour former un médecin, et comme le précise la Drees, la démographie médicale de 2040 est déjà en grande partie déterminée par les praticiens en exercice et les étudiants actuels. Les trois scénarios de formation testés aboutissent ainsi à des résultats très proches à cette date, entre 340 600 et 362 500 médecins et internes. Pour l'ensemble des spécialités, la densité standardisée, tombée à 315 en 2023, dépassera dès 2034 son record de 1998, à 356 contre 353.
Un paramètre pèse en revanche très lourd : les médecins diplômés à l'étranger, qui représentent déjà 11 % des médecins en activité. Le scénario central suppose qu'il en arrive 2 500 chaque année, en plus des 12 200 étudiants qui entrent en deuxième année de médecine. Sans eux, la hausse tomberait à 21 % en 2040, et la France ne compterait que 400 800 médecins et internes en 2060 au lieu de 464 200. Autant dire que la fin de la pénurie dépend aussi de décisions qui restent à prendre.
Pour ma part, je retiens de cette étude une date plus qu'un pourcentage. Les 30 % de 2040 profiteront surtout à nos enfants, alors que pour nous, l'échéance utile se situe après 2030, quand le nombre de généralistes commencera enfin à progresser plus vite que nos besoins. D'ici là, garder votre médecin traitant déclaré reste le meilleur réflexe.
Un paramètre pèse en revanche très lourd : les médecins diplômés à l'étranger, qui représentent déjà 11 % des médecins en activité. Le scénario central suppose qu'il en arrive 2 500 chaque année, en plus des 12 200 étudiants qui entrent en deuxième année de médecine. Sans eux, la hausse tomberait à 21 % en 2040, et la France ne compterait que 400 800 médecins et internes en 2060 au lieu de 464 200. Autant dire que la fin de la pénurie dépend aussi de décisions qui restent à prendre.
Pour ma part, je retiens de cette étude une date plus qu'un pourcentage. Les 30 % de 2040 profiteront surtout à nos enfants, alors que pour nous, l'échéance utile se situe après 2030, quand le nombre de généralistes commencera enfin à progresser plus vite que nos besoins. D'ici là, garder votre médecin traitant déclaré reste le meilleur réflexe.




