Votre implant contre la prostate est concerné aussi
Dans les articles parus ces deux dernières semaines, le Zoladex passe pour un traitement du cancer du sein. C'est exact, mais incomplet. Ce médicament d'AstraZeneca, de la goséréline glissée sous la peau du ventre sous forme de petit implant, fait aussi chuter la testostérone qui nourrit certains cancers de la prostate. Sa notice le prévoit pour le cancer de la prostate métastasé, et en complément d'une radiothérapie quand la tumeur est localement avancée.
Or la radiation ne fait pas le tri entre les malades. D'après la synthèse publiée par Vidal, les deux dosages, 3,6 mg et 10,8 mg, sortiront de la liste des médicaments remboursés le 15 décembre 2026, pour l'ensemble de leurs indications. Côté cancer du sein, l'indication ne vise que le 3,6 mg, chez la femme non ménopausée dont le cancer est métastatique. Le 10,8 mg, lui, est réservé à l'homme adulte. La moitié de la gamme concernée ne s'adresse donc qu'à des hommes, alors que le débat public les a laissés de côté.
Or la radiation ne fait pas le tri entre les malades. D'après la synthèse publiée par Vidal, les deux dosages, 3,6 mg et 10,8 mg, sortiront de la liste des médicaments remboursés le 15 décembre 2026, pour l'ensemble de leurs indications. Côté cancer du sein, l'indication ne vise que le 3,6 mg, chez la femme non ménopausée dont le cancer est métastatique. Le 10,8 mg, lui, est réservé à l'homme adulte. La moitié de la gamme concernée ne s'adresse donc qu'à des hommes, alors que le débat public les a laissés de côté.
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Une décision venue du laboratoire
Ce déremboursement ne sanctionne pas un médicament jugé inefficace. La demande vient d'AstraZeneca. Saisie, la Haute Autorité de santé a maintenu, le 4 février 2026, son appréciation favorable faute de donnée clinique nouvelle. Le laboratoire estime que le prix fixé en France ne lui permet plus de commercialiser durablement le produit dans le cadre du remboursement. Deux arrêtés du 30 juin, parus au Journal officiel le 2 juillet, ont acté la radiation.
Ce que vous paierez si vous gardez vos injections
Le Zoladex ne disparaîtra pas des pharmacies de ville. Après le 15 décembre, il restera en vente, mais entièrement à votre charge. À l'hôpital, en revanche, il ne sera plus accessible, puisque son agrément aux collectivités tombe le même jour : si vos injections se font en service d'oncologie, l'équipe devra de toute façon passer à un autre produit. Selon la base de données publique des médicaments, l'implant de 10,8 mg, injecté tous les trois mois, est facturé 257,68 € honoraire du pharmacien compris. Celui de 3,6 mg, injecté tous les 28 jours, revient à 87,05 €.
Faisons le compte pour un traitement trimestriel : quatre injections par an représentent environ 1 030 €, le calcul est le nôtre. Au rythme mensuel du 3,6 mg, treize injections dans l'année dépassent 1 130 €. Quand l'hormonothérapie accompagne une radiothérapie, la notice en fixe la durée à trois ans, soit douze injections et un peu plus de 3 000 € si tout le traitement se faisait hors remboursement. Sauf que ce tarif n'a rien de garanti : sorti de la liste, le prix ne sera plus encadré, et nous ignorons ce que facturera le laboratoire.
Comme le souligne E-Santé, la dépense est à prévoir même pour un malade en affection de longue durée : cette reconnaissance ne rend pas, à elle seule, remboursable un médicament radié. Quant à votre mutuelle, sa participation dépend de votre contrat : mieux vaut obtenir une réponse écrite avant de compter dessus.
Faisons le compte pour un traitement trimestriel : quatre injections par an représentent environ 1 030 €, le calcul est le nôtre. Au rythme mensuel du 3,6 mg, treize injections dans l'année dépassent 1 130 €. Quand l'hormonothérapie accompagne une radiothérapie, la notice en fixe la durée à trois ans, soit douze injections et un peu plus de 3 000 € si tout le traitement se faisait hors remboursement. Sauf que ce tarif n'a rien de garanti : sorti de la liste, le prix ne sera plus encadré, et nous ignorons ce que facturera le laboratoire.
Comme le souligne E-Santé, la dépense est à prévoir même pour un malade en affection de longue durée : cette reconnaissance ne rend pas, à elle seule, remboursable un médicament radié. Quant à votre mutuelle, sa participation dépend de votre contrat : mieux vaut obtenir une réponse écrite avant de compter dessus.
D'autres traitements restent pris en charge
Faut-il pour autant s'alarmer ? Pas forcément, car l'arrêt du remboursement ne vous laisse pas sans solution. Dans un message d'information de santé publique diffusé à la mi-octobre, le ministère de la Santé indique que l'arrêt de prise en charge a été autorisé après vérification de l'existence et de la disponibilité d'alternatives. Selon l'indication, d'autres médicaments de la même famille, notamment la triptoréline ou la leuproréline, peuvent être envisagés. Ils agissent sur la même hormone, par injection eux aussi.
Mais ce changement ne se décide pas au comptoir. Le ministère précise que le choix de l'alternative doit tenir compte de l'indication, de la situation clinique du patient et des recommandations de la Haute Autorité de santé. Le rythme des injections peut changer, le produit aussi : c'est votre urologue ou votre oncologue qui tranchera.
Mais ce changement ne se décide pas au comptoir. Le ministère précise que le choix de l'alternative doit tenir compte de l'indication, de la situation clinique du patient et des recommandations de la Haute Autorité de santé. Le rythme des injections peut changer, le produit aussi : c'est votre urologue ou votre oncologue qui tranchera.
Votre prochaine injection, la date à vérifier
Le premier geste tient sur votre ordonnance. Cherchez le nom Zoladex ou celui de sa substance, la goséréline, puis la date de votre prochaine injection. Et si elle tombe juste après le 15 décembre ? C'est maintenant qu'il faut en parler, pas devant le pharmacien le jour venu. Le ministère demande d'ailleurs aux soignants de repérer leurs patients sous Zoladex et d'anticiper les prochaines dates d'administration, en coordination avec les pharmacies.
À votre place, je n'attendrais pas l'appel du cabinet : je poserais la question dès le prochain rendez-vous, ou par un message au secrétariat. Surtout, n'interrompez pas vos injections de vous-même, la notice du médicament demande de ne pas arrêter le traitement sans l'accord du médecin.
La décision peut-elle encore bouger ? Au Sénat, Corinne Bourcier a interrogé le gouvernement sur ce déremboursement, et une pétition circule en ligne. Rien n'annonce pour l'heure un report de l'échéance, et le pari d'un recul de dernière minute se paierait comptant si l'injection tombait après le 15 décembre. Deux mois, c'est le temps qui nous reste pour que le changement se règle dans le cabinet de votre médecin plutôt qu'à la caisse de votre pharmacie.
À votre place, je n'attendrais pas l'appel du cabinet : je poserais la question dès le prochain rendez-vous, ou par un message au secrétariat. Surtout, n'interrompez pas vos injections de vous-même, la notice du médicament demande de ne pas arrêter le traitement sans l'accord du médecin.
La décision peut-elle encore bouger ? Au Sénat, Corinne Bourcier a interrogé le gouvernement sur ce déremboursement, et une pétition circule en ligne. Rien n'annonce pour l'heure un report de l'échéance, et le pari d'un recul de dernière minute se paierait comptant si l'injection tombait après le 15 décembre. Deux mois, c'est le temps qui nous reste pour que le changement se règle dans le cabinet de votre médecin plutôt qu'à la caisse de votre pharmacie.




