Traitements hormonaux : ce que montrera l'enquête de France 5 mardi
Élise Richard a pris de l'Androcur pendant une dizaine d'années avant d'apprendre qu'une tumeur s'était formée sur ses méninges, les enveloppes du cerveau. De cette découverte, la journaliste a tiré un documentaire de 52 minutes, en ligne sur france.tv depuis le 7 octobre et programmé mardi 13 octobre à 21h05 dans « Enquête de santé ». Son fil conducteur dépasse pourtant le seul Androcur : c'est toute la famille des progestatifs, ces hormones de synthèse proches de la progestérone, qui se trouve en cause.
Et c'est là que l'affaire vous rejoint. Ces comprimés ne servaient pas qu'à la contraception des jeunes femmes. Ils ont été prescrits pendant des années contre des règles trop abondantes, des fibromes ou une endométriose, et aussi en complément du traitement de la ménopause. Si vous avez passé la cinquantaine, vous en avez peut-être pris sans jamais avoir entendu le mot méningiome. La consigne de l'ANSM tient pourtant en une phrase : après l'arrêt, aucune IRM systématique, mais un examen à tout moment si des signes apparaissent.
Et c'est là que l'affaire vous rejoint. Ces comprimés ne servaient pas qu'à la contraception des jeunes femmes. Ils ont été prescrits pendant des années contre des règles trop abondantes, des fibromes ou une endométriose, et aussi en complément du traitement de la ménopause. Si vous avez passé la cinquantaine, vous en avez peut-être pris sans jamais avoir entendu le mot méningiome. La consigne de l'ANSM tient pourtant en une phrase : après l'arrêt, aucune IRM systématique, mais un examen à tout moment si des signes apparaissent.
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Lutényl, Lutéran : votre traitement de la ménopause dans le viseur
Deux noms reviennent dans la mémoire de beaucoup de lectrices : le Lutényl et le Lutéran. Avant l'alerte de 2019, ils étaient très largement prescrits. D'après l'étude publiée en juin 2025 par EPI-PHARE, le groupement qui réunit l'ANSM et l'Assurance maladie, plus de 260 000 femmes en prenaient chaque mois en 2019, contre moins de 9 000 en 2023.
Sauf que leur usage à la ménopause n'a plus rien de banal. Dans ses recommandations sur les progestatifs et le risque de méningiome, l'ANSM range désormais le « cycle artificiel » de la ménopause, ce progestatif pris une partie du mois en complément d'un œstrogène, parmi les usages au rapport bénéfice-risque défavorable. Le risque grandit avec la dose et la durée du traitement, et il augmente « fortement avec l'âge », écrit l'agence. Or c'est justement autour de la ménopause qu'elle demande de réévaluer chaque année l'intérêt de poursuivre.
Sauf que leur usage à la ménopause n'a plus rien de banal. Dans ses recommandations sur les progestatifs et le risque de méningiome, l'ANSM range désormais le « cycle artificiel » de la ménopause, ce progestatif pris une partie du mois en complément d'un œstrogène, parmi les usages au rapport bénéfice-risque défavorable. Le risque grandit avec la dose et la durée du traitement, et il augmente « fortement avec l'âge », écrit l'agence. Or c'est justement autour de la ménopause qu'elle demande de réévaluer chaque année l'intérêt de poursuivre.
Votre ancien traitement figure-t-il sur la liste ?
L'ANSM retient cinq progestatifs à risque : l'acétate de cyprotérone (Androcur et génériques), l'acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques), l'acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques), la médrogestone (Colprone) et l'acétate de médroxyprogestérone (Depo Provera). S'y ajoute la promégestone (Surgestone), dont la commercialisation a cessé en 2020. Pour l'Androcur à forte dose, l'étude de l'Assurance maladie publiée en 2018 a mesuré un risque multiplié par 7 au-delà de six mois de traitement, et par 20 après cinq ans.
En revanche, d'autres noms bien connus de votre armoire à pharmacie sortent rassurés des travaux d'EPI-PHARE. La progestérone (Utrogestan et génériques), la dydrogestérone (Duphaston) et les stérilets au lévonorgestrel comme Mirena n'y montraient pas de surrisque de méningiome. C'est une bonne nouvelle pour nous, car c'est précisément la progestérone ou la dydrogestérone qui accompagne, le plus souvent, le gel ou le patch d'œstrogène du traitement de la ménopause.
La pilule au désogestrel, qui a valu en septembre un courrier de l'ANSM à ses utilisatrices, se situe tout en bas de l'échelle : un méningiome opéré de plus pour 67 000 femmes exposées, selon l'agence. Quant aux hommes, ils ne sont pas tout à fait hors du sujet, puisque l'Androcur reste indiqué dans certaines formes de cancer de la prostate.
En revanche, d'autres noms bien connus de votre armoire à pharmacie sortent rassurés des travaux d'EPI-PHARE. La progestérone (Utrogestan et génériques), la dydrogestérone (Duphaston) et les stérilets au lévonorgestrel comme Mirena n'y montraient pas de surrisque de méningiome. C'est une bonne nouvelle pour nous, car c'est précisément la progestérone ou la dydrogestérone qui accompagne, le plus souvent, le gel ou le patch d'œstrogène du traitement de la ménopause.
La pilule au désogestrel, qui a valu en septembre un courrier de l'ANSM à ses utilisatrices, se situe tout en bas de l'échelle : un méningiome opéré de plus pour 67 000 femmes exposées, selon l'agence. Quant aux hommes, ils ne sont pas tout à fait hors du sujet, puisque l'Androcur reste indiqué dans certaines formes de cancer de la prostate.
Faut-il passer une IRM des années après l'arrêt ?
C'est la question que l'enquête de France 5 posera mardi soir dans bien des foyers. Le détail des recommandations de l'ANSM le confirme : après l'arrêt de l'un de ces progestatifs, une IRM du cerveau n'est demandée qu'en cas de signes évocateurs d'un méningiome, et elle peut l'être à tout moment, même des années plus tard. Le suivi systématique, avec une première IRM au bout d'un an puis des contrôles réguliers, concerne les femmes dont le traitement se poursuit.
D'ailleurs, un méningiome lié à ces hormones tend souvent à se stabiliser, voire à régresser, quand le traitement s'arrête, comme l'ont relevé les experts réunis par l'agence. Une seule situation change la donne : si vous reprenez un progestatif à risque, ou au risque encore inconnu, après plus d'un an sous l'un de ces produits, l'ANSM demande une IRM au démarrage du nouveau traitement. Ce suivi reste peu pratiqué : en 2023, 22 % des femmes exposées plus d'un an aux progestatifs avaient passé une IRM de surveillance, contre 5 % en 2019, selon EPI-PHARE.
D'ailleurs, un méningiome lié à ces hormones tend souvent à se stabiliser, voire à régresser, quand le traitement s'arrête, comme l'ont relevé les experts réunis par l'agence. Une seule situation change la donne : si vous reprenez un progestatif à risque, ou au risque encore inconnu, après plus d'un an sous l'un de ces produits, l'ANSM demande une IRM au démarrage du nouveau traitement. Ce suivi reste peu pratiqué : en 2023, 22 % des femmes exposées plus d'un an aux progestatifs avaient passé une IRM de surveillance, contre 5 % en 2019, selon EPI-PHARE.
Les signes qui doivent vous faire consulter
Un méningiome est une tumeur le plus souvent non cancéreuse, qui grossit lentement et ne se manifeste que lorsqu'elle appuie sur le cerveau ou sur un nerf. L'ANSM cite en premier des maux de tête fréquents, des vertiges, des troubles de la vision, une faiblesse dans un bras ou une jambe, des troubles du langage, de l'audition ou de l'odorat, des pertes de mémoire et des convulsions.
Mais gardons-nous de tout lui attribuer. À nos âges, une oreille qui faiblit ou des clés égarées ont mille explications plus ordinaires, et l'agence rappelle que, dans la population générale, environ 9 à 10 personnes sur 100 000 développent un méningiome chaque année. Le bon réflexe, quand l'un de ces signes s'installe chez une femme qui a pris l'un de ces traitements hormonaux, consiste à en parler à son médecin en citant le nom du médicament et la durée approximative du traitement. Je crois que c'est le geste le plus utile après le documentaire, car sans le nom du médicament, aucun médecin ne peut appliquer les recommandations de l'agence.
Mais gardons-nous de tout lui attribuer. À nos âges, une oreille qui faiblit ou des clés égarées ont mille explications plus ordinaires, et l'agence rappelle que, dans la population générale, environ 9 à 10 personnes sur 100 000 développent un méningiome chaque année. Le bon réflexe, quand l'un de ces signes s'installe chez une femme qui a pris l'un de ces traitements hormonaux, consiste à en parler à son médecin en citant le nom du médicament et la durée approximative du traitement. Je crois que c'est le geste le plus utile après le documentaire, car sans le nom du médicament, aucun médecin ne peut appliquer les recommandations de l'agence.
Méningiomes opérés : dix fois moins de cas depuis l'alerte
Le scandale raconté par France 5 a aussi une suite moins sombre. Selon EPI-PHARE, le nombre de méningiomes opérés attribuables au Lutényl et au Lutéran est passé de 152 femmes en 2018 à 15 en 2023, une division par dix en cinq ans.
Vous avez gardé une vieille ordonnance ou une boîte au fond d'un tiroir ? Elle vous redonnera le nom exact de votre ancien traitement, première chose que votre médecin vous demandera.
Vous avez gardé une vieille ordonnance ou une boîte au fond d'un tiroir ? Elle vous redonnera le nom exact de votre ancien traitement, première chose que votre médecin vous demandera.




