Douches froides : ce qu'ont vécu les 719 volontaires de Bâle
Ce n'est pas d'abord notre santé qui intéressait Lena Glaser : ce sont nos habitudes. Psychologue et psychothérapeute, elle a consacré sa thèse de doctorat, achevée récemment à la faculté de psychologie de l'université de Bâle, à une question simple : adopte-t-on plus volontiers un geste bon pour le climat quand il apporte aussi un bénéfice personnel ? Pour le vérifier, elle a demandé à des volontaires de prendre des douches froides.
Ils étaient 719, âgés de 18 à 65 ans, en bonne santé et sans habitude de la douche froide. Pendant douze semaines, ils ont dû se doucher aussi froid que leur installation le permettait. Beaucoup ont abandonné au cours des deux premières semaines, puis les départs se sont raréfiés, un signe que l'on s'y habitue peu à peu, conclut Lena Glaser. Ceux qui ont tenu se sont sentis de mieux en mieux, physiquement et moralement, et en moyenne, les participants ont pris 31 % de jours d'arrêt maladie en moins que le groupe témoin.
Ils étaient 719, âgés de 18 à 65 ans, en bonne santé et sans habitude de la douche froide. Pendant douze semaines, ils ont dû se doucher aussi froid que leur installation le permettait. Beaucoup ont abandonné au cours des deux premières semaines, puis les départs se sont raréfiés, un signe que l'on s'y habitue peu à peu, conclut Lena Glaser. Ceux qui ont tenu se sont sentis de mieux en mieux, physiquement et moralement, et en moyenne, les participants ont pris 31 % de jours d'arrêt maladie en moins que le groupe témoin.
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Moins d'arrêts maladie, mais pas moins souvent malades
Ce résultat n'est pas le premier du genre. En 2016, une équipe néerlandaise a publié dans la revue PLOS ONE un essai mené auprès de 3 018 participants de 18 à 65 ans, sans maladie grave. Les volontaires terminaient leur douche chaude habituelle par 30, 60 ou 90 secondes à l'eau la plus froide possible, chaque jour pendant 30 jours consécutifs. Au bout du compte, ils ont déclaré 29 % d'absences au travail pour maladie en moins que le groupe témoin.
Sauf que, sur le nombre de jours de maladie eux-mêmes, l'écart avec le groupe témoin n'était pas significatif. Les volontaires néerlandais n'avaient pas sensiblement moins de jours de maladie ; ils s'absentaient en revanche moins de leur travail. Les travaux de Bâle, de leur côté, sont publiés sous forme de thèse, et le mieux-être y repose sur ce que les participants ont déclaré ressentir. Selon le site StudyFinds, qui a lu cette thèse, les volontaires suisses ont aussi déclaré 26 % de jours où ils se sentaient malades en moins, mais la comparaison oppose ceux qui ont pris au moins 70 % de douches froides aux autres, sans tirage au sort. Une partie de l'écart pourrait donc tenir au profil de ceux qui ont persévéré. On ignore aussi si les participants de Bâle ont continué à se doucher froid une fois l'étude terminée.
Sauf que, sur le nombre de jours de maladie eux-mêmes, l'écart avec le groupe témoin n'était pas significatif. Les volontaires néerlandais n'avaient pas sensiblement moins de jours de maladie ; ils s'absentaient en revanche moins de leur travail. Les travaux de Bâle, de leur côté, sont publiés sous forme de thèse, et le mieux-être y repose sur ce que les participants ont déclaré ressentir. Selon le site StudyFinds, qui a lu cette thèse, les volontaires suisses ont aussi déclaré 26 % de jours où ils se sentaient malades en moins, mais la comparaison oppose ceux qui ont pris au moins 70 % de douches froides aux autres, sans tirage au sort. Une partie de l'écart pourrait donc tenir au profil de ceux qui ont persévéré. On ignore aussi si les participants de Bâle ont continué à se doucher froid une fois l'étude terminée.
Après 65 ans, votre douche froide n'a pas été étudiée
C'est là que ces études nous laissent sur le seuil de la salle de bains. Ni à Bâle ni aux Pays-Bas, les chercheurs n'ont recruté de volontaires de plus de 65 ans. Les participants suisses devaient être en bonne santé, les néerlandais sans maladie grave. Le résultat de 31 % ne dit rien de ce qu'une douche froide quotidienne produit à 70 ou 80 ans, ni chez quelqu'un qui suit un traitement pour le cœur ou la tension.
Le froid, lui, n'est pas anodin pour notre circulation. Au contact du froid, les vaisseaux périphériques se contractent, la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent. Si vous êtes suivi pour de l'hypertension ou une maladie cardiaque, c'est une question à poser à votre médecin avant de vous lancer, puisque ni l'une ni l'autre de ces études ne vous concerne directement.
Le froid, lui, n'est pas anodin pour notre circulation. Au contact du froid, les vaisseaux périphériques se contractent, la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent. Si vous êtes suivi pour de l'hypertension ou une maladie cardiaque, c'est une question à poser à votre médecin avant de vous lancer, puisque ni l'une ni l'autre de ces études ne vous concerne directement.
Pas besoin de pousser votre mitigeur à fond sur le froid
La chercheuse elle-même invite à la nuance. D'après le communiqué de l'université de Bâle, même une petite baisse de la température de l'eau peut avoir un effet positif, et il n'est pas nécessaire de tout miser sur le froid. L'eau n'a pas besoin d'être aussi froide chaque jour, explique Lena Glaser, puisque nous ne nous sentons pas aussi courageux d'un jour à l'autre. Elle propose de régler l'eau aussi froide que vous le supportez ce jour-là, en écoutant votre corps.
Votre facture d'eau chaude y gagne aussi. Pour une douche de 45 litres, passer de 40 °C à 15 °C économise 1,3 kWh d'énergie, et sur les douze semaines de l'étude, les participants ont réduit leurs émissions de CO2 de 15 kg chacun, à peu près ce qu'émet une voiture sur 100 kilomètres. Pour ma part, je commencerais par les trente dernières secondes d'une douche tiède, comme dans l'essai néerlandais, plutôt que par un jet froid d'entrée de jeu. Votre douche du matin n'a vraiment pas besoin de devenir une épreuve désagréable pour que vous en tiriez quelque chose de positif.
Votre facture d'eau chaude y gagne aussi. Pour une douche de 45 litres, passer de 40 °C à 15 °C économise 1,3 kWh d'énergie, et sur les douze semaines de l'étude, les participants ont réduit leurs émissions de CO2 de 15 kg chacun, à peu près ce qu'émet une voiture sur 100 kilomètres. Pour ma part, je commencerais par les trente dernières secondes d'une douche tiède, comme dans l'essai néerlandais, plutôt que par un jet froid d'entrée de jeu. Votre douche du matin n'a vraiment pas besoin de devenir une épreuve désagréable pour que vous en tiriez quelque chose de positif.





