Droits et aides sociales

Cancer du sein : si vous avez été opérée, Stéphanie Rist a signé le projet de décret qui doit faire rembourser votre soutien-gorge adapté

Vous avez été opérée d'un cancer du sein et vous attendez encore le remboursement promis de votre soutien-gorge adapté, du tatouage qui redessine l'aréole ou du vernis qui protège vos ongles pendant la chimiothérapie. La loi votée à l'unanimité en janvier 2025 devait y pourvoir, mais trois décrets manquent à l'appel. Mercredi, la ministre de la Santé a signé le premier projet et s'est engagée sur une date pour les deux autres.

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Par | Publié le 30 Octobre 2026 à 08:02 | mis à jour le 30 Octobre 2026 à 08:30
Une orthopédiste présente un soutien-gorge adapté à une patiente - Illustration générée par IA
Une orthopédiste présente un soutien-gorge adapté à une patiente - Illustration générée par IA

Cancer du sein : le décret sur votre soutien-gorge adapté avance

Le droit a été voté à l'unanimité, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, et il ne s'applique encore qu'en partie. Promulguée le 5 février 2025, la loi n° 2025-106 prévoit la prise en charge intégrale par l'Assurance maladie de soins et de dispositifs propres au traitement du cancer du sein, du soutien-gorge adapté au tatouage de l'aréole. Sur le papier, ce droit existe donc depuis près de deux ans. Dans les faits, une partie de ces remboursements attend encore les textes qui permettront de les verser.

Mercredi 28 octobre, interrogée au Sénat par la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu qu'il manquait trois décrets. Selon la dépêche de l'AFP reprise par Vidal, elle a signé le matin même le projet de décret sur les soutiens-gorges adaptés, désormais soumis à concertation. Ce texte paraîtra une fois rendu l'avis de la Haute Autorité de santé, et la ministre assure que les trois décrets sortiront avant la fin de l'année.
 
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Tatouage de l'aréole, crèmes et vernis : ce qui coince

Et pour le tatouage de l'aréole ? Le calendrier des deux autres décrets dépend moins d'une signature que d'un casse-tête pratique. La dermopigmentation réparatrice redessine l'aréole et le mamelon après l'ablation d'un sein. Pour que l'Assurance maladie la rembourse, la ministre a expliqué qu'il fallait passer des conventions avec des professionnels qui ne sont pas des professionnels de santé, à condition qu'ils aient reçu une formation adéquate.

Le troisième décret est, selon les mots de Stéphanie Rist, « techniquement très compliqué ». Il porte sur les crèmes et les vernis à ongles qui protègent la peau et les ongles fragilisés par des traitements comme la chimiothérapie. Les associations de patientes ont été consultées tout l'été pour savoir quels produits étaient souhaités, et le ministère en est maintenant à établir une nomenclature, afin qu'ils soient remboursés comme un médicament. Je pense à celles qui, en attendant, continuent de les acheter elles-mêmes au fil de leurs cures.
 

Ce que vous pouvez déjà vous faire rembourser

Le tableau n'est pas entièrement noir pour autant. D'après la même dépêche, quatre mesures de la loi sont déjà entrées en vigueur : les prothèses capillaires, le parcours de soins global, l'activité physique adaptée et les prothèses mammaires externes. Pour les perruques, la prise en charge à 100 % avait été officialisée devant l'Assemblée nationale, avec un arrêté publié le vendredi 17 octobre 2025. Elle ne vaut cependant que pour une partie des modèles : les perruques de classes 1 et 2 sont entrées dans le panier 100 % Santé le 1er janvier 2026, tandis que celles de classes 3 et 4, riches en cheveux naturels, n'y entrent pas et peuvent laisser un reste à charge.

Le parcours de soins global, dont nous parlons trop peu, mérite qu'on s'y arrête. Il ouvre, sur prescription, des bilans d'activité physique, de diététique et de psychologie, ainsi que des consultations de suivi, sans avance de frais. Depuis le décret n° 2026-90 du 13 février 2026, il n'est plus réservé à l'après-traitement : il s'ouvre aussi aux personnes en cours de traitement. Concrètement, c'est votre cancérologue ou votre médecin traitant qui le prescrit, et la question mérite d'être posée dès la prochaine consultation.
 

Une promesse déjà faite pour décembre 2025

Mais la date de mercredi n'est pas la première avancée. Comme le rappelle la question écrite de la députée Marine Hamelet, le gouvernement s'était engagé, lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale à l'automne 2025, à publier ces textes en décembre 2025. L'engagement avait été renouvelé en séance le 10 février 2026 par le ministre chargé des relations avec le Parlement.

La sénatrice Cathy Apourceau-Poly n'a pas manqué de souligner le contraste : selon elle, les services du ministère ont su publier en quelques jours, cet été, des décrets d'économies, dont le relèvement du plafond des franchises médicales de 100 à 140 euros. L'enjeu est pourtant chiffré pour les patientes, puisque le député Joël Aviragnet évoque un reste à charge de 1 400 euros en moyenne. En attendant que ces décrets paraissent au Journal officiel, le réflexe le plus utile consiste à demander à votre complémentaire santé ce que couvre déjà votre contrat, du soutien-gorge adapté au vernis protecteur, car chaque mois de retard se paie encore de votre poche.

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