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Alzheimer : l'étude ALZEVIT cherche 50 000 volontaires de 45 ans et plus, un simple prélèvement de salive à faire chez soi

Une inscription et un consentement signés en ligne sur le site d’ALZEVIT, puis un écouvillon passé quelques secondes à l’intérieur de la joue, un tube que l'on referme, une enveloppe que le facteur vient chercher à votre domicile ou que vous pouvez déposer dans n'importe quel bureau de La Poste : c'est tout ce que l'étude ALZEVIT demande aux 50 000 volontaires de 45 ans et plus qu'elle cherche à recruter en France métropolitaine. Derrière ce geste minuscule se construit le premier registre national consacré au gène codant pour APOE, celui qui pèse le plus sur le risque d'Alzheimer.

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Par | Publié le 22 Octobre 2026 à 07:15 | mis à jour le 21 Octobre 2026 à 21:49
Une femme fait un prélèvement buccal devant le miroir de sa salle de bains - Illustration générée par IA
Une femme fait un prélèvement buccal devant le miroir de sa salle de bains - Illustration générée par IA

Qui porte l'étude ALZEVIT, et pourquoi votre salive intéresse les scientifiques

Alzheimer, on y pense souvent pour un parent, plus rarement pour soi, et encore moins à 45 ou 50 ans, quand la mémoire ne donne aucun signe de fatigue. C'est pourtant à partir de cet âge que l'étude ALZEVIT vient chercher ses volontaires, parce que la recherche s'intéresse désormais à ce qui se passe des années avant les premiers oublis, à un moment de la vie où l'on se sent en pleine forme et où l'on ne songe guère à se faire examiner.

L'équipe qui lance cet appel connaît la maladie de longue date. À l'origine d'ALZEVIT, on trouve Firalis, une entreprise de biotechnologie de Huningue, dans le Haut-Rhin, que le Pr Hüseyin Firat a cofondée en 2008 et dont il coordonne l'étude. Ce médecin-chercheur travaille sur Alzheimer depuis plus de dix ans : dès 2015, l'Union européenne confiait près de 5 millions d'euros à un programme mené par Amoneta Diagnostics, société qu'il préside également, avec le soutien de l'association de patients Alzheimer Europe. Quatre ans plus tard, Amoneta comptait parmi les tout premiers lauréats du Diagnostics Accelerator, ce fonds américain que Bill Gates a contribué à créer pour accélérer le diagnostic précoce de la maladie. Ce savoir-faire se retrouvera jusque dans votre enveloppe, puisque c’est grâce au test de génotypage APO-Easy, mis au point par Firalis, que sera analysé votre prélèvement si vous décidez, comme moi, d’y participer. La version de ce test conçue pour les prises de sang a été autorisée d’abord en Europe (GMED/ANSM), puis en juin 2025 par la très rigoureuse agence américaine du médicament, la FDA, ce qui en dit long sur le sérieux de l'étude et de l’équipe scientifique qui la conduit.

Pour le volet médical, l'entreprise s'est entourée du Pr Audrey Gabelle, neurologue au centre mémoire de ressources et de recherche du CHU de Montpellier, qui est l’investigatrice principale de l’étude ALZEVIT, dont les responsables de 14 centres mémoire universitaires sont co-investigateurs. C'est d'ailleurs en présence des responsables de la Fédération des centres mémoire, de France Alzheimer et de la Fédération française de neurologie que l'étude a été présentée, le 10 septembre dernier à Paris.

Ce qui réunit tout ce monde tient en quatre lettres : APOE. Le nom un peu étrange d'un gène que nous portons tous en deux exemplaires, l'un transmis par notre mère, l'autre par notre père. Il existe sous trois formes, baptisées ε2, ε3 et ε4, et c'est la dernière qui intrigue les chercheurs, puisque le site de l'étude la présente comme un facteur de risque de la maladie. Selon Firalis, les personnes qui en portent deux copies ne représentent qu’environ 2 % de la population en France, alors qu'on les retrouve en bien plus grand nombre parmi les malades.

Faut-il en conclure que tout est écrit d'avance ? C'est précisément la question qui anime les chercheurs, car d'un porteur à l'autre la maladie ne survient ni au même âge ni de la même manière, et ces écarts restent mal compris. Plutôt que de tester un médicament, ALZEVIT a donc choisi d'observer ses volontaires dans la durée, pour repérer ce qui, dans la vie de chacun, accélère ou retarde les choses.

Et c'est là que vous entrez en jeu, car on ne comprend ce qui protège qu'en le comparant à ce qui expose : les chercheurs ont besoin de toutes les combinaisons du gène, que l'on porte la forme ε4 ou non. Or, comme le rappelle Firalis, le promoteur de l'étude, aucune donnée nationale ne permet encore de dresser ce portrait en France, si bien que chaque prélèvement, le vôtre compris, peut ajouter une pièce essentielle à une carte nationale qui reste à dessiner.
 

Pouvez-vous participer ? Les critères à partir de 45 ans

Rassurez-vous, les conditions sont peu nombreuses : il suffit d’avoir 45 ans ou plus, de résider en France métropolitaine, d’être affilié à la Sécurité sociale et de disposer d’internet et d’une adresse e-mail, puisque tout se passe en ligne.

Seules quelques situations ferment la porte, comme une infection en cours, un traitement connu pour agir sur la mémoire ou la concentration, ou un trouble lié à l'alcool ou à la drogue au cours des 24 derniers mois. Et si vous hésitez sur votre cas, inutile de vous inquiéter, puisque le questionnaire en ligne tranche pour vous avant toute inscription.
 

Votre participation en quatre étapes, sans quitter la maison

Je l'avoue, je m'attendais à une démarche lourde pour une étude génétique de cette ampleur, avec rendez-vous, prise de sang, salle d'attente et tutti quanti. Mais il n'en est rien, puisque le site d'ALZEVIT annonce une dizaine de minutes pour participer et que tout se fait depuis chez soi, gratuitement.

Le parcours commence par la lecture de la note d'information, suivie de trois ou quatre questions qui vérifient votre éligibilité sans même vous demander de créer un compte. Si la réponse est positive, vous signez les consentements en ligne, et ce n'est qu'à ce moment-là que vos coordonnées sont recueillies, en même temps qu'un questionnaire de santé.

Le kit arrive ensuite dans votre boîte aux lettres, accompagné de sa notice et d'une enveloppe de retour prépayée. Le prélèvement se fait à l'intérieur de la bouche en quelques secondes, sans aiguille ni prise de sang, et la FAQ le décrit comme totalement indolore. Quant au renvoi, vous n'avez même pas à sortir, puisqu'un facteur peut passer prendre l'enveloppe chez vous 4 jours après la livraison, à moins que vous ne préfériez la déposer vous-même à La Poste.

Si ce parcours vous paraît aussi simple qu'à moi, vous pouvez vérifier votre éligibilité et vous inscrire en ligne.


Votre ADN et vos données de santé sont-ils protégés ?

Confier son ADN n'a rien d'anodin, et il est légitime de vouloir savoir où il va. ALZEVIT a reçu le 8 juin 2026 l’avis favorable du comité de protection des personnes Île-de-France VIII. Elle est enregistrée sous le numéro national ID-RCB 2026-A00246-45 et déclarée à la CNIL au titre de sa méthodologie de référence MR-001, dans le respect du règlement européen sur la protection des données.

Concrètement, vos données sont pseudonymisées : votre nom est remplacé par un code, et seules les personnes habilitées y ont accès. La politique de confidentialité précise qu'elles sont hébergées en France, chez Microsoft Azure, sur une infrastructure certifiée Hébergeur de données de santé (HDS), qu’aucune n’est utilisée à des fins commerciales et qu’aucun transfert hors de l’Union européenne n’est actuellement prévu.

Mais surtout, vous gardez la main du début à la fin, puisque vous pouvez quitter l'étude à tout moment, sans avoir à vous justifier, et demander la suppression de vos données, comme la CNIL le détaille dans sa fiche sur les droits pour maîtriser vos données personnelles. Si ces garanties vous rassurent, l'inscription à ALZEVIT se fait en ligne.
 

Après votre enveloppe, la suite de l'étude ALZEVIT

Une fois votre enveloppe postée, l'aventure continue, car ALZEVIT est pensée pour durer. La première phase, celle du registre, doit s'étendre sur 18 mois, et dès le 6e mois, environ 2 350 participants issus de toutes les combinaisons du gène (dont près de 750 porteurs de deux copies ε4) seront sollicités, jusqu'au 24e mois, pour un examen approfondi en centre mémoire ou en téléconsultation. Viendra enfin un suivi à long terme, destiné à constituer une cohorte prête pour les futurs essais de prévention. 

Nous ne parlons donc pas d'une promesse pour demain matin, mais bien d'une recherche qui prépare les années à venir, pour nous comme pour ceux qui viendront après nous.

Si vous avez une question avant de vous décider, l'équipe répond à alzevit at firalis.com et au 03 89 91 01 10. Et si, comme moi, vous avez envie d'aider la recherche sans quitter votre salon, rejoindre l'étude ALZEVIT vous prendra moins de temps qu'un rendez-vous chez le médecin, et votre prélèvement viendra s’ajouter à ceux des 50 000 participants attendus.


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