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Article publié le 24/02/2015 à 02:59 | Lu 1666 fois

​Résidences intergénérationnelles : témoignage de Samuel Boureille, maire de Follainville-Dennemont

Dans la commune de Follainville-Dennemont (Yvelines), le projet d’ouverture de logements sociaux intergénérationnels s’inscrit dans une démarche volontariste du maire, Samuel Boureille. Prévue pour octobre 2015, l’implantation de la résidence « Maisons de Marianne » devrait apporter une réponse économique à la problématique du logement des seniors, tout en laissant une large place au maintien à domicile et à la création de lien social. Samuel Boureille revient sur ce projet et ses impacts sur la vie de la collectivité.


Maisons de Marianne, Follainville-Dennemont
« Maisons de Marianne », une réponse pertinente aux enjeux des collectivités pour l’intégration des seniors. Depuis mon plus jeune âge et jusqu’en 2005, j’ai connu une maison de retraite sur ma commune qui a dû fermer suite à des dysfonctionnements... Cet établissement et les bons contacts avec ses résidents m’ont laissé d’agréables souvenirs et nous souhaitions tous pouvoir apporter de nouvelles solutions à nos anciens.
 
Mes recherches de logements destinés à cette population ont abouti à un constat : hormis à des prix faramineux, aucune des solutions proposées actuellement sur le marché ne correspondait à mes attentes. Trouver une formule peu onéreuse, permettant de conserver un cadre de vie et un lien social important, avec une forme d’indépendance, commençait à me paraître impossible… En réalité, je cherchais une solution proposant un logement à loyer modéré dans lequel il aurait pu y avoir une graduation de services en fonction des besoins des locataires. Lorsque j’ai pris connaissance du concept « Maisons de Marianne », j’ai tout de suite été séduit !
 
Ce projet au sein de notre commune a été unanimement plébiscité par le conseil municipal dans sa totalité et par tous les habitants, dont un bon nombre avait la nostalgie de l’ancienne maison de retraite. De nombreuses personnes âgées de la commune me demandent d’ailleurs régulièrement quand ils vont pouvoir emménager dans cette nouvelle résidence. Ils sont impatients. Il faut dire qu’à Follainville-Dennemont, nous avons le souci de l’accueil diversifié : nous avons un centre EMMAÜS, des gens du voyage ferrailleurs sédentarisés, ainsi qu’un centre médical moyen séjour. Historiquement, la commune a toujours reçu des publics très variés, cela fait partie de notre culture.
 
Depuis 2005, nous avons perdu 200 emplois au sein de la ville, il est donc indispensable d’en proposer de nouveaux, en particulier dans le domaine médico-social. En parallèle de cette nouvelle résidence, des services publics et un pôle commercial vont être créés dans la partie basse du nouveau quartier. La construction de cette résidence tombe donc à point nommé pour apporter une dynamique supplémentaire à ces futurs commerces, qui ouvriront courant 2015. Nous avons aujourd’hui sur la commune 22 logements sociaux et l’ajout de ces 83 appartements va également nous permettre d’embaucher un gardien à demeure.
 
De plus, nous espérons obtenir, grâce à cet apport de population, un développement plus important de nos transports en commun. Aujourd’hui, seul un service à la demande existe en journée, ce qui est insuffisant vis-à-vis de nos perspectives d’évolution pour la commune. Compte tenu de la composition sociale des retraités de notre agglomération, ce type de structure devrait être reproduit à deux ou trois exemplaires. En effet, la population du Mantois possède un pouvoir d’achat peu élevé, il est donc important de proposer de telles solutions économiques.
 
Rappelons que « Maisons de Marianne » est un concept d’habitat social intergénérationnel répondant à une demande croissante des collectivités et bailleurs sociaux. Bien plus qu’un simple toit, elles constituent des lieux de vie répondant au risque d’isolement des personnes âgées et conçus pour accueillir d’autres populations (handicapés, mais aussi populations plus jeunes éligibles au logement social), permettant ainsi de préserver et de promouvoir l’insertion des seniors dans la collectivité. Avec une retraite moyenne de 1.256 euros par mois, les seniors voient là l’opportunité de préserver leur pouvoir d’achat tout en accédant à un logement adapté à leur perte d’autonomie.