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Article publié le 20/03/2019 à 08:03 | Lu 2508 fois

Sommeil : les objets connectés sont-ils vraiment efficaces ?

De nos jours, la connectivité est partout dans nos vies… Alors qu’un tiers des personnes rencontrent des problèmes de sommeil, la Fondation MAIF a voulu étudier, en toute neutralité, l’efficacité des différents objets connectés liés au sommeil. En voici les grandes lignes.


Il suffit de surfer quelques minutes sur le web pour s’apercevoir que les objets connectés liés au sommeil se sont multipliés au cours des dernières années et représentent un marché très important au niveau mondial.
 
Qu’ils se portent au poignet ou au doigt, qu’ils se fixent sur la tête ou encore qu’ils se logent sous le matelas, les objets connectés conçus pour capter nos données de sommeil sont plutôt fiables pour évaluer le temps de sommeil passé. En revanche, ils ne se révèlent pas très efficaces pour nous aider à bien dormir.
 
Avant d’acquérir un tel dispositif, il est donc essentiel de se poser quelques questions sur les besoins que sont censés satisfaire ces objets : à la recherche du dernier gadget ? Envie d’en savoir plus sur son sommeil ? Améliorer son bien-être et ses performances ? Traiter un trouble du sommeil ?
 
Selon cette enquête qui a étudié sept dispositifs, seuls deux systèmes s’appuient sur des études de validation scientifique. Les autres sont donc susceptibles de produire des résultats imprécis, voire faux. Il est nécessaire de se renseigner sur l’existence d’études avant d’acquérir un dispositif spécifique ;
 
Autre point : la qualité du sommeil, impression subjective, s’est légèrement détériorée avec tous les dispositifs, pour les testeurs, en moyenne. Il reste très difficile d’en avoir une vision objective car les indicateurs produits par ces dispositifs sont rarement interprétés ou expliqués, laissant l’utilisateur dans l’impossibilité de comprendre aisément les résultats de sa nuit.
 
Durant la période de test, la durée moyenne d’endormissement a augmenté de 10%. Les dispositifs créant une forme d’anxiété appelée « orthosomnie » liée à la quête de l’atteinte d’un sommeil « idéal » sur le plan de son contenu ou de sa durée. Cette orthosomnie amène les utilisateurs à focaliser sur leur sommeil ce qui produit les effets inverses, à savoir une augmentation du temps d’endormissement.
 
Enfin, très peu de conseils personnalisés et pratiques sont apportés aux utilisateurs pour tenter de résoudre leurs difficultés. Sur les sept produits analysés, un seul obtient une note d’utilisabilité (facilité d’usage) supérieure à 80 sur 100. La moyenne du groupe ressort à 64 sur 100, ce qui correspond à une utilisabilité faible à modérée.
 
Les personnes utilisant des objets connectés depuis plusieurs mois déclarent qu’elles sont satisfaites de leur acquisition. Néanmoins, interrogées sur leur sommeil, à peine 22% déclarent mieux dormir alors que 42% déclarent l’inverse. Seuls 18% de ces utilisateurs familiers pensent que la qualité de leur réveil s’est améliorée et 41% pensent que non.
 
Rappelons que ces technologies reposent, pour la plupart, sur l’enregistrement de paramètres tels que les mouvements du corps, la fréquence cardiaque, la respiration, l’enregistrement sonore des ronflements. Les données sont recueillies à partir de capteurs généralement portés au poignet, insérés sous le matelas, l’oreiller ou tout simplement de ceux qui équipent nos smartphones. Quelques rares dispositifs enregistrent directement l’activité cérébrale à partir d’électrodes insérées dans un bandeau.
 
A partir de l’analyse croisée de ces données, des indicateurs sur la durée et la qualité du sommeil sont présentés à l’utilisateur sous formes de chiffres ou de graphiques directement disponibles sur son smartphone ou sa tablette. Parmi les services proposés par ces objets, certains sont très appréciés. Comme par exemple la possibilité, en fonction de notre courbe de sommeil, d’être réveillé au meilleur moment pour se réveiller frais et disponible.
 
Les objets connectés s’inscrivent dans un courant qui se développe fortement avec les progrès du digital : le quantified self. Lorsqu’ils sont bien conçus, les objets connectés peuvent sensibiliser les utilisateurs à une bonne hygiène du sommeil. Véritable enjeu puisqu’une bonne qualité de sommeil entretient la santé et l’espérance de vie. Encore faut-il que ces conseils soient clairs et personnalisés.





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