Les quincados de Serge Guérin
Avec Les Quincados vous allez vers le grand public, mais vous continuez de travailler sur les représentations fausses de l’âge ?
Bien sûr ! Je défends toujours que l’âge ne suffit pas à nous définir. La période est à l’identité unique, je continue de penser que nous sommes des êtres multiples, complexes, divers et contradictoires !
Ni l’âge, ni le sexe, ni la religion, ou l’absence de religion, suffisent à nous définir. Par ailleurs, on est tous le « vieux » de quelqu’un. L’âge n’est pas une borne neutre et objective !
J’ai rédigé Les Quincados, d’abord pour continuer d’investiguer les rapports de la société avec l’âge et pour défendre que les 23 millions de plus de 45 ans ne peuvent se résumer sous le vocable de seniors ! J’avais publié il y a quelques années un livre intitulé « Silver Génération », pour évoquer les 65-80 ans, qui se distinguent des aînés qui entrent en fragilité forte.
Là je voulais parler des plus jeunes, dont je fais partie. Les plus de cinquante ans font face à une société du mépris, une société qui ne les respectent pas et les déclassent. L’âge n’est pas une marque de déclin, ni synonyme d’obsolescence programmée. Bien au contraire.
La société « du haut » n’entend pas leur message : nous sommes utiles et nous voulons mettre notre expérience au service de la société. Les seniors n’ont jamais été aussi nombreux et aussi dynamiques. Les quincados assument leur âge, mais refusent d’être sages ! Ils sont cinquantenaires et un peu ados à la fois ! Ils restent jeunes dans leur tête et veulent agir sur leur vie. Ils voient les années futures comme autant d’opportunités.
Beaucoup de personnes, de femmes notamment, se retrouvent-elles dans cette notion de quincado ?
Oui, je voyais bien qu’il y avait un tournant sociologique sur le sujet. Et je voulais le traiter de manière légère et souriante. Là ou le quincado est un senior conscient de son âge, mais qui, plutôt que de se désespérer, va considérer qu’il a encore plein de possibilités pour réaliser ses rêves.
Ce n’est pas un « vieux jeune » : il sait parfaitement qu’il a pris de l’âge et ne fuit pas nécessairement ses responsabilités : il peut avoir des enfants à aider ou des parents à charge. Mais il veut continuer à participer à la vie en société et à « croquer la vie à pleine dents ». Souvent diplômé et vivant en ville, il refuse d’être en préretraite et se voit un peu comme dans une nouvelle adolescence. Une adolescence responsable.
S’il n’a pas perdu son emploi et n’est pas arrivé au plus haut poste dans son entreprise, il a compris qu’il ne progresserait plus et que l’on ne lui proposerait guère d’opportunités. Dans le milieu familial, il fait face au départ de ses enfants, il est à un tournant dans son couple… Confronté à tout cela, à tous ces départs qui s’annoncent, au lieu de se laisser abattre, il considère qu’il doit en profiter pour prendre un nouveau départ, pour « prendre son risque » comme disait René Char.
Bien sûr ! Je défends toujours que l’âge ne suffit pas à nous définir. La période est à l’identité unique, je continue de penser que nous sommes des êtres multiples, complexes, divers et contradictoires !
Ni l’âge, ni le sexe, ni la religion, ou l’absence de religion, suffisent à nous définir. Par ailleurs, on est tous le « vieux » de quelqu’un. L’âge n’est pas une borne neutre et objective !
J’ai rédigé Les Quincados, d’abord pour continuer d’investiguer les rapports de la société avec l’âge et pour défendre que les 23 millions de plus de 45 ans ne peuvent se résumer sous le vocable de seniors ! J’avais publié il y a quelques années un livre intitulé « Silver Génération », pour évoquer les 65-80 ans, qui se distinguent des aînés qui entrent en fragilité forte.
Là je voulais parler des plus jeunes, dont je fais partie. Les plus de cinquante ans font face à une société du mépris, une société qui ne les respectent pas et les déclassent. L’âge n’est pas une marque de déclin, ni synonyme d’obsolescence programmée. Bien au contraire.
La société « du haut » n’entend pas leur message : nous sommes utiles et nous voulons mettre notre expérience au service de la société. Les seniors n’ont jamais été aussi nombreux et aussi dynamiques. Les quincados assument leur âge, mais refusent d’être sages ! Ils sont cinquantenaires et un peu ados à la fois ! Ils restent jeunes dans leur tête et veulent agir sur leur vie. Ils voient les années futures comme autant d’opportunités.
Beaucoup de personnes, de femmes notamment, se retrouvent-elles dans cette notion de quincado ?
Oui, je voyais bien qu’il y avait un tournant sociologique sur le sujet. Et je voulais le traiter de manière légère et souriante. Là ou le quincado est un senior conscient de son âge, mais qui, plutôt que de se désespérer, va considérer qu’il a encore plein de possibilités pour réaliser ses rêves.
Ce n’est pas un « vieux jeune » : il sait parfaitement qu’il a pris de l’âge et ne fuit pas nécessairement ses responsabilités : il peut avoir des enfants à aider ou des parents à charge. Mais il veut continuer à participer à la vie en société et à « croquer la vie à pleine dents ». Souvent diplômé et vivant en ville, il refuse d’être en préretraite et se voit un peu comme dans une nouvelle adolescence. Une adolescence responsable.
S’il n’a pas perdu son emploi et n’est pas arrivé au plus haut poste dans son entreprise, il a compris qu’il ne progresserait plus et que l’on ne lui proposerait guère d’opportunités. Dans le milieu familial, il fait face au départ de ses enfants, il est à un tournant dans son couple… Confronté à tout cela, à tous ces départs qui s’annoncent, au lieu de se laisser abattre, il considère qu’il doit en profiter pour prendre un nouveau départ, pour « prendre son risque » comme disait René Char.
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