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Article publié le 06/09/2021 à 01:00 | Lu 1592 fois

OMS : le problème de la démence... loin d'être résolu !




D’après le Rapport mondial de situation sur l’action de santé publique contre la démence, récemment publié par l’Organisation mondiale de la Santé, seuls un quart des pays du globe disposent d’une politique, d’une stratégie ou d’un plan national pour soutenir les personnes atteintes de démence et leurs familles. La moitié d’entre eux se trouvant en Europe. Pourtant, même ici, de nombreuses actions parviennent ou sont déjà parvenues à leur terme. D’où la nécessité d’un engagement renouvelé de la part des gouvernements.


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Alors que le monde vieillit, sans surpris, le nombre de personnes atteintes de démence s’accroît. D’après l’OMS, cette pathologie touche plus de 55 millions de personnes soit 8,1% de femmes et 5,4% des hommes de plus de 65 ans. Et selon les projections, ce nombre devrait atteindre les 78 millions en 2030 et 139 millions en 2050 ! Bref, nous n’en sommes qu’au début.
 
Rappelons que les démences sont la résultante de maladies et de traumatismes divers qui affectent le cerveau, comme la maladie d’Alzheimer ou un AVC. Elle touche la mémoire et d’autres fonctions cognitives, ainsi que la capacité à effectuer des tâches de la vie quotidienne.
 
On estime que le handicap qui en résulte s’élevait en 2019, au niveau mondial, à 1.300 milliards de dollars ! Et ce chiffre devrait atteindre 1.700 milliards d’ici à 2030 et 2.800 milliards si l’on tient compte de la hausse du coût des soins…
 
« La démence prive des millions de personnes de leurs souvenirs, de leur indépendance et de leur dignité, mais elle prive également le reste d’entre nous des personnes que nous connaissons et aimons » indique le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
 
Et de poursuivre : « le monde abandonne les personnes atteintes de démence et nous en souffrons tous. Il y a quatre ans, les gouvernements sont convenus d’un ensemble d’objectifs clairs visant à améliorer les soins aux personnes atteintes de démence. Mais les objectifs à eux seuls ne suffisent pas. Nous avons besoin d’une action concertée si nous voulons que toutes les personnes atteintes de démence puissent vivre avec le soutien et la dignité qu’elles méritent. »
 
Dans ce contexte, l’OMS considère qu’il s’avère nécessaire de renforcer de toute urgence le soutien au niveau national, tant en termes de soins aux personnes atteintes de démence que d’aide aux personnes qui dispensent ces soins, que ce soit dans un cadre formel ou informel.
 
Et d’ajouter que les patients nécessitent des soins primaires et spécialisés, des services communautaires, de réadaptation, des soins de longue durée et des soins palliatifs. Si la majorité des états (89%) qui communiquent des données à l’Observatoire mondial de la démence de l’OMS déclarent fournir certains services de proximité, l’offre est plus importante dans les pays à revenu élevé que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Sans trop de surprise d’ailleurs.
 
Les médicaments contre la démence, les produits d’hygiène, les aides techniques et les aménagements du logement sont en outre plus facilement accessibles, et bénéficient d’un meilleur niveau de remboursement, dans les pays à revenu élevé que dans les pays à plus faible revenu.
 
Le type et le niveau des services proposés par les secteurs de la santé et de l’action sociale déterminent également le niveau des soins informels, qui sont principalement dispensés par les membres de la famille ; les fameux aidants.

Cela représente environ la moitié du coût global de cette maladie, tandis que les coûts relevant de l’action sociale en représentent plus d’un tiers. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, le coût des soins prodigués relève la plupart du temps des soins informels (65%). Dans les pays plus riches, le coût des soins informels et ceux relevant de l’action sociale s’élève à environ 40 % dans chaque cas.
 
En 2019, les aidants passaient en moyenne 5h par jour à apporter une aide aux tâches de la vie quotidienne à la personne dont ils s’occupaient ; près des trois-quarts (70%) de ces soins étaient dispensés par des femmes.
 
Compte tenu des difficultés financières, sociales et psychologiques auxquelles sont confrontés les aidants, l’accès à l’information, à la formation et aux services, ainsi qu’au soutien social et financier, revêt une importance particulière. Actuellement, les trois-quarts des pays déclarent apporter un certain niveau de soutien aux aidants, même si, là encore, il s’agit principalement de pays à revenu élevé.
 
Toujours selon l’OMS, une série d’essais cliniques infructueux sur différents traitements, combinée aux coûts élevés de la recherche et du développement, a entraîné une baisse d’intérêt pour de nouveaux travaux.

On constate toutefois une augmentation récente du financement de la recherche sur la démence, principalement dans les pays à revenu élevé, comme le Canada, le Royaume-Uni et les USA qui investissent sont passés de 631 millions de dollars en 2015 à un montant estimé à 2,8 milliards de dollars en 2020.
 
Sous l’impulsion de la société civile, les pays ont bien progressé dans la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation visant à améliorer la compréhension de la démence par le grand public. Deux tiers des pays qui communiquent des données à l’Observatoire mènent des campagnes de sensibilisation.

Et deux tiers ont pris des mesures visant à améliorer l’accessibilité des environnements physiques et sociaux pour les personnes atteintes de démence et à fournir une formation et une éducation à des groupes de population en dehors du secteur de la santé et de l’action sociale, comme les bénévoles, la police, les pompiers et les intervenants de première ligne.





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