Quand un accident cardiovasculaire survient brutalement, la prise en charge rapide et efficace est obligatoire pour réduire le risque de décès, limiter les graves séquelles et favoriser la récupération des capacités le plus rapidement possible. On sait que chaque minute compte, or l’appel du 15 n’est pas rentré dans les moeurs des Français malgré les nombreuses campagnes d’information et de sensibilisation ! « Pourtant, c’est dans les 5 premières minutes que se joue le pronostic. Savoir donner l’alerte est crucial pour permettre au patient d’accéder à la meilleure prise en charge » rappelle le professeur Jacques Beaune, Président d’honneur de la FFC.
Quels sont les enjeux pour les trois grandes situations d’urgence en santé cardio-neuro-vasculaire ? - Pour la douleur thoracique (insuffisances coronaires aiguës et infarctus du myocarde), 30% des personnes ayant fait un infarctus meurent avant d’avoir un premier contact médical. Les différentes sociétés savantes fixent à trente minutes le premier contact médical, or dans le meilleur des cas, le délai d’intervention médian se situe aux alentours d’une heure.
- En ce qui concerne l’arrêt cardiaque, c’est dans les 5 premières minutes que se joue le pronostic. La campagne « une vie =3gestes » (Appeler le 15, masser, défibriller) doit être amplifiée.
- Enfin, lorsqu’il s’agit d’un accident vasculaire cérébral, le patient arrivé à l’hôpital doit être traité selon les recommandations en vigueur dans l’heure qui suit son admission. On estime aujourd’hui que pour améliorer la survie des malades sans séquelles, les délais intra-hospitaliers devraient être ramenés à 45 minutes voire 30 minutes en incluant la réalisation du scanner cérébral.
Pour mieux répondre à l’urgence, la FFC rappelle les trois actions essentielles : Apprendre à reconnaître les signes avant - coureurs de l’accident cardiaque Quand il s’agit d’un infarctus, la personne peut présenter dans les jours et les heures qui précèdent une douleur thoracique prolongée pouvant s’étendre jusqu’aux bras, une sensation d’oppression, de serrement, voire d’écrasement.
Pour l’arrêt cardiaque, celui-ci peut être précédé de palpitations anormales ou de malaise général. Faute de reconnaissance des signes avant-coureurs, le constat est alarmant : près de 40% des personnes atteintes de syndromes coronaires aigus ne sont pas hospitalisées et/ou décèdent avant l’hospitalisation. 30% des personnes ayant fait un infarctus meurent avant d’avoir un premier contact médical.
Il est impératif de former le grand-public à la reconnaissance des signes et des symptômes qui nécessitent une intervention d’urgence.
Avoir le réflexe d’appeler le numéro d’urgence Les personnes qui souffrent de fortes douleurs thoraciques doivent avoir le réflexe d’appeler le 15, leur entourage ou tout autre témoin également. Donner l’alerte très vite est crucial dans la lutte contre le temps pour accéder à la meilleure prise en charge médicale. La stratégie publique pour promouvoir l’action citoyenne en cas d’urgence doit gagner en efficacité et effectivité: le numéro d’urgence doit être bien identifié et identifiable.
En France se sont trois numéros différents qui peuvent être appelés : - Le 15 donne directement accès au Centre de réception et de régulation des appels du SAMU,
- Le 18 permet de joindre les sapeurs-pompiers,
- Le 112 est le numéro d’urgence unique pour tous les pays membre de l’Union Européenne.
Ne serait-il pas pertinent d’unifier le numéro d’appel pour toutes les urgences médicales ! Un numéro d’appel unique permettrait d’optimiser la complémentarité et la coordination des moyens entre les équipes du Samu et celles des pompiers selon le degré de l’urgence.
Apprendre les gestes qui sauvent pour optimiser les premiers secours Sans prise en charge immédiate, plus de 90% des arrêts cardiaques sont fatals. 7 fois sur 10, ils surviennent devant témoin, mais moins de 20% de ces témoins connaissent les gestes de premiers secours. Or, 4 victimes sur 5 qui survivent à un arrêt cardiaque ont bénéficié de ces gestes simples pratiqués par le premier témoin. Le taux de survie à un arrêt cardiaque en France est de 5% ; il est 4 à 5 fois plus élevé dans les pays où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes et où la population est formée aux gestes qui sauvent.
Alors que 95% des Norvégiens ont été initiés aux gestes qui sauvent, les Français dans leur grande majorité ne les maîtrisent pas et sont démunis en cas d’accidents ! Le tout premier acte est de prévenir les secours mais cela ne suffit pas. Chaque minute qui passe avant leur arrivée, c'est 10% de chances de survie en moins, sauf si un témoin sait pratiquer ʺ les gestes qui sauvent ʺ .
Osez ! Le pire est de ne rien faire… Chacun d’entre nous peut être confronté, à n’importe quel moment et n’importe où, à un arrêt cardiaque. Victime, proche d’une victime, témoin, l’arrêt cardiaque n’est pas forcément fatal. Notre coeur peut repartir s’il est pris en charge à temps. Ce sont des gestes simples qui ne nécessitent que trois heures de formation. C'est pourquoi la Fédération Française de Cardiologie sensibilise régulièrement les Français à accomplir l'acte citoyen de se former » rappelle le Professeur Claude Le Feuvre. Depuis mai 2007, toute personne a le droit d’utiliser un défibrillateur automatisé externe. Cependant, pour la FFC, l’implantation et l’accès à ces appareils ne sont pas suffisants : il faut multiplier la présence de ces appareils simples et extrêmement efficaces dans les lieux publics, les commerces et les entreprises.
Pour mieux reconnaître les symptômes et apprendre les gestes qui sauvent, la Fédération Française de Cardiologie propose une brochure et un dépliant de poche ʺ Les gestes qui sauventʺ téléchargeables gratuitement sur son site (
www.fedecardio.org)
La FFC met par ailleurs l’accent sur l’insuffisance de formations auprès des enfants. En France, former aux gestes qui sauvent se fait sur la base du volontariat. Certaines écoles ont souscrit aux formations et d’autres non ! Grâce aux ʺ Parcours du coeur Scolairesʺ , organisés chaque année en avril, dans les écoles primaires et les collèges, la FFC apprend aux enfants et adolescents les gestes qui sauvent.