Logement, rénovation énergétique et seniors : 3 questions à Thomas Abinal de Monetivia

Selon l’Observatoire national de la Rénovation Energétique, 17% du parc des résidences principales en France est composé de logements classés F ou G. Dans ce contexte, le gouvernement a accéléré les initiatives et les aides financières pour accompagner la rénovation énergétique des logements mal isolés. Alors que les seniors sont les premiers concernés, sont-ils prêts à investir dans la rénovation énergétique de leur habitation. Le point avec Thomas Abinal de Monetivia.






Les seniors sont-ils prêts à s’engager dans la rénovation énergétique de leur logement ?

Les seniors sont assez volontaires sur ce sujet. Parmi les seniors propriétaires de plus de 70 ans, 29% prévoient en effet de réaliser des travaux de rénovation énergétique dans leur logement, 18% se disant même prêts à entreprendre ces travaux avant fin 2023.
 
Ils prévoient concrètement un budget moyen de 12.131 € pour ces travaux, soit dix fois leur estimation du coût annuel moyen de leur résidence principale. A noter que le coût estimé de cette rénovation varie en fonction du type de logement : 13.390 € estimés pour les maisons et 8.156 € pour les appartements.
 
Pour ces seniors, investir dans la rénovation énergétique de leur logement est un moyen de réduire le montant de leurs charges annuelles, qui représentent un coût élevé sur le long terme. C’est aussi une démarche de valorisation de leur patrimoine, sachant qu’ils sont nombreux à s’inscrire dans une optique de transmission de leur patrimoine à des héritiers.

Comment leur permettre de financer cet investissement ?

En France, 72% des seniors de plus de 70 ans sont propriétaires de leur résidence principale et, contrairement aux idées reçues, les coûts de détention de l’immobilier sont élevés (travaux d’entretien, taxe foncière, charges de copropriété, …). 
 
Ces seniors estiment que ce coût représente en moyenne 1.183 € par an. Un montant qui a augmenté ces deux dernières années pour 77% d’entre eux et qui pourrait continuer à augmenter. Les seniors interrogés en sont bien conscients, puisque 93% d’entre eux se préparent à une hausse des prix de l’énergie dans les mois qui viennent.
 
Pour les femmes seniors, alors que le coût annuel de la résidence principale est légèrement inférieur à celui des hommes (1.100 € en moyenne, contre 1.290 € pour les hommes), cela représente une part plus importante de leur budget : 28% en moyenne, contre 20% pour les hommes.
 
Pour accélérer cette transition, qui est aussi un enjeu majeur pour le pouvoir d’achat des Français, l’Etat a mis en place un dispositif d’aides, MaPrimeRénov. Aujourd’hui, 17% du parc des résidences principales en France est composé de logements classés F ou G, c’est-à-dire considérés comme des passoires énergétiques, selon l’Observatoire national de la Rénovation Energétique.
 
Près d’un million de dossiers ont ainsi été déposés pour bénéficier de MaPrimeRénov en 2020 ou 2021. Et l’enjeu est grand puisque ces logements seront bientôt interdits à la location, un sujet pour les villes comme Paris dont ils représentent 40% du parc immobilier.
 
Une autre solution possible de financement de la rénovation énergétique d’un logement réside aussi dans l’optimisation de ce patrimoine immobilier.
 
Ainsi, certains seniors seraient prêts à tirer des liquidités de leur logement pour en financer les travaux : 17% seraient d’accord pour le vendre tout en conservant le droit de l’habiter ; 13% seraient prêts à héberger des étudiants ou jeunes travailleurs en échange d’un loyer ; ou encore 8% pourraient contracter un emprunt en donnant leur logement en garanti.

Sont-ils prêts à monétiser leur logement pour financer ces travaux ?

Les seniors ont une bonne perception de la vente en nue-propriété de leur logement, puisque 60% des interrogés pensent que c’est une bonne solution de vendre son logement tout en ayant le droit de continuer à y habiter.
 
Même si cette solution leur plaît, ils sont encore frileux pour franchir le pas. Seulement 17% des seniors propriétaires de leur logement seraient prêts à vendre leur logement tout en continuant à y vivre.
 
Dans un contexte d’inflation, cette solution fait notamment sens si ces derniers souhaitent donner en anticipation une partie de leur héritage à leurs héritiers.

Article publié le 01/12/2022 à 08:20 | Lu 2019 fois




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