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Article publié le 24/08/2018 à 01:00 | Lu 1333 fois

Les vieux fourneaux : entretien avec Eddy Mitchell, interprète de Mimile

On l’attendait depuis des mois. Enfin, ils arrivent. Les vieux fourneaux, film issu de la bande dessinée phénomène arrive sur nos grands écrans ce jour dans toute la France avec en prime, le bonheur de retrouver Eddy Mitchell, Pierre Richard et Roland Giraud qui interprètent trois amis d’enfance de 70 balais qui ont bien compris que vieillir était le seul moyen de ne pas mourir et ils sont bien déterminés à le faire avec style ! Entretien avec Eddy Mitchell, interprète de Mimile.


Quand on me demande pourquoi j’ai joué dans un film, invariablement ma réponse est : parce que j’en ai vraiment aimé le scénario. Au ciné, je peux ne faire que ce qu’il me plait. Je peux m’offrir le luxe de choisir. Je suis un enfant gâté (rires).
 
Pour Les vieux fourneaux, j’ai trouvé à la fois marrante et très originale l’histoire de ces trois anciens anars au caractère bien trempé, qui arrivent à former un trio de copains qui fonctionne, malgré leurs engueulades, leurs différences et leurs divergences de points de vue. Je ne connaissais pas du tout la BD originelle. Mais après avoir lu le script, je me la suis procurée pour voir à quoi ces trois types ressemblaient sous les coups de crayon de leur dessinateur.
 
Je ne sais pas pourquoi, parmi ces trois « Fourneaux-là », on m’a proposé d’être Mimile. Mais ça tombait bien : il se trouve que je le trouvais très drôle. J’ai toutefois été surpris par cette proposition parce que, dans l’album, Mimile est costaud et râblé, et donc physiquement, assez éloigné de moi.
 
Personnellement, pour l’incarner, j’aurais plutôt vu un acteur à la Bernard Blier. Mais bon ! Le choix de la distribution ne me regardait pas. Ce qui me concernait, en revanche, c’est la bobine qu’on allait donner à Mimile dans le film.
 
Dans la BD, Paul Cauuet, le graphiste, l’a dessiné très déplumé. Pour évoquer ce début de calvitie, on m’a demandé de me couper les cheveux. Ensuite, tous les jours, on me les plaquait vers l’arrière. Si on ajoute le temps du maquillage, ce petit exercice me prenait environ deux heures. En plus, on me teignait, chaque jour aussi, en noir geai, ce qui n’est pas vraiment mon genre ! (Rires)
 
Ce qui m’a intéressé, et je l’ai pris comme une petite performance, ça a été de faire ressentir ce que ce Mimile, aussi hâbleur que bougon, cache comme humanité. Ça a été de faire comprendre que, sous son côté vieux beau, se planque un mec qui, en réalité, a un coeur gros comme ça et une sensibilité de pâquerette. On peut appeler ça un « challenge ».
 
Sur le plateau, peut-être inexplicablement, je n’ai plus pensé au Mimile de la BD. J’ai surtout suivi les indications de jeu de Christophe Duthuron. Il avait beau être un bleu en matière de réalisation de ciné, il connaissait son affaire mieux que certains cinéastes soi-disant confirmés. C’est un passionné qui a le sens du détail et surtout celui de la direction d’acteurs.
 
Je lui souhaite une grande réussite professionnelle. Je n’avais encore jamais travaillé ni avec Pierre Richard ni avec Roland Giraud. Pierre, je ne l’avais même jamais rencontré. Quant à Roland, je l’avais croisé il y a longtemps chez Coluche au moment de la création des Restos du coeur. Travailler avec eux a été très agréable.
 
D’abord, il n’y a eu, entre nous, aucun problème d’ego. Ensuite Pierre et Roland sont, comme moi, je crois, des pros qui connaissent bien leur affaire. Et enfin, ce sont, comme moi aussi de bons vivants. À nous trois, si j’ose dire, on faisait « la paire » ! Notre trio est unanimement tombé sous le charme, le talent et la gentillesse d’Alice Pol.
 
Je ne suis pas du genre à me confondre en compliments, mais j’ai vraiment beaucoup aimé tourner Les vieux fourneaux. Une histoire d’amitié comme celle-là, pleine de drôlerie, de burlesque, d’humanité et qui, en plus, se passe à la campagne, loin des faux-semblants et des maniérismes parisiens, ça ne court pas les écrans ! Pour l’instant, je n’ai pas d’autre projet de cinéma. Je prends des vacances !