Les vieux fourneaux 2, Bons pour l'asile : ce qu'en dit Eddy Mitchell

Alors que « Les vieux fourneaux 2, Bons pour l’asile » vient de sortir sur grand écran, on retrouve avec bonheur nos trois vieux « potes » qui s’embarquent dans de nouvelles aventures : Eddy Mitchell, Pierre Richard et Roland Giraud. Ce qu’en pense l’acteur Eddy Mitchell.





Je n’ai eu aucun mal à prendre la décision de me lancer dans cette nouvelle aventure des Vieux Fourneaux. Un rôle comme celui de Mimile, ça ne s’oublie pas ! J’avais tout aimé de lui : son look impossible de vieux gominé, son extravagance, son ton bougon, sa sensibilité de pâquerette et son cœur gros comme ça.
 
La perspective de réenfiler son costume 4 ans après, m’a fait replonger sans hésitation. Et puis le nouveau scénario m’a bien fait marrer. Ce qui ne m’a pas empêché d’être très touché par cette histoire de migrants en galère.
 
Retrouver Pierre n’était pas non plus pour me déplaire, et c’est un euphémisme ! On s’était tellement bien entendus sur le tournage précédent, que j’étais vraiment content de rejouer avec lui. Non seulement il connaît bien la musique (avec lui, ça va vite !) et est d’une inventivité sidérante mais il a cette qualité devenue rare chez les acteurs stars  : il est totalement dépourvu d’ego.
 
Ce qui fait qu’on peut s’amuser à le taquiner ou chahuter avec lui. Et en plus, ce qui ne gâte rien, il est un bon vivant.
 
Pour en revenir à Mimile, des trois vieux lascars, il est celui qui parle le moins. Ce qui ne signifie pas qu’il est celui qui pense le moins. C’est peut-être même celui qui gamberge le plus. Mais il est né comme ça, taiseux. Un peu comme moi, qui partage aussi avec lui d’être un râleur patenté (rires !).
 
Le retrouver m’amusait d’autant plus que dans ce second volet, il prend tous les jours du fumier dans la tronche. L’idée de jouer cette scène, comme elle était écrite, avec dignité, impassibilité et tristesse me faisait marrer.
 
Mis à part que, malgré un soleil éclatant, il faisait un froid de canard ce qui m’a valu de traîner un rhume jusqu’à la fin, le tournage s’est divinement passé. Christophe Duthuron, notre cher réalisateur, était détendu, tout en ayant l’œil à tout, car il est un directeur d’acteurs très attentif.
 
Le seul point de discorde entre lui et moi concernait la nourriture : il est délibérément « viandard », je suis plutôt pâtes. Mais on se retrouvait sur notre détestation commune pour le lait !
 
L’équipe technique était du tonnerre. Wilfrid Lupano -dont j’avais adoré le scénario autant pour son extravagance rebelle que pour son point de vue sur l’obligation morale de respecter la dignité des migrants -venait nous voir souvent et, cerise sur le gâteau, mes partenaires étaient tous formidables.
 
On a tourné, si j’ose dire, comme « en famille ». Myriam Boyer est une vieille connaissance. Je l’ai rencontrée en 1988, quand elle était l’épouse de John Berry. Lui réalisait Il y a maldonne et elle avait accompagné sur le tournage son fils, Clovis Cornillac, dont c’était le premier rôle au cinéma.
 
Pour ma part, j’étais venu avec Pierre Papadiamandis qui signait la musique du film dont, si je me
souviens bien, il était prévu que je fasse quelques arrangements.
 
Claire Nadeau aussi est une vieille copine. Oserais-je rappeler que je l’ai rencontrée pour la première fois sur Cocoricocoboy dans les années 80 ?
Quant à Alice Pol, je l’ai retrouvée avec un grand plaisir, car c’est une grande comédienne. Sur le plateau comme dans la vie, Alice est un phénomène. Avec elle, à la cantine, il faut planquer la bouffe et surtout les desserts. C’est une grande dévoreuse. Elle avale tout, sauf… ses répliques.
 
De ce côté-là, elle a la chance d’avoir une mémoire d’éléphant. Pas comme la mienne, qui est plutôt « immédiate », dans l’instant. Chez moi, la nuit efface tout. Je ne me souviens jamais de ce que j’ai appris la veille.
 
Ma grande chance a été que me transformer en Mimile nécessitait deux heures de maquillage. Je pouvais en profiter pour apprendre mon texte.
 
Je n’avais jamais tourné avec Bernard Le Coq, venu remplacer Roland Giraud qui, à notre grande tristesse, avait déclaré forfait. Psychologiquement, cela n’a pas dû être facile pour lui de reprendre, presque au pied levé, le rôle de Roland, qu’il connaît en outre très bien.
 
Il a été, d’emblée, sensationnel. Bernard est un grand acteur, un travailleur acharné et un homme charmant. Lui, Pierre et moi nous sommes payés quelques fous rires, surtout quand l’un d’entre nous perdait sa réplique ou butait sur un mot.
 
Comme je suis assez fâché avec les noms propres et que je travaille à « l’ancienne », sans oreillette, ni pense-bête, j’avoue avoir provoqué plusieurs fois d’intenses rigolades.
 
Dire que, comme le précédent, ce tournage a eu un goût de vacances n’est pas exagéré. On nous a pris en charge et dorloté. Au fond, je crois que j’adore le cinéma à cause de ça : exceptée l’exigence de tenir son rôle le mieux possible, on n’a rien à faire.
 
On vient nous chercher le matin, on nous ramène le soir et entre-temps, tout le monde est à nos petits soins. Rien à voir avec les tournées de chanteurs dont on est le patron et dont on sort crevé !
 
Si je suis partant pour un numéro 3 ? À condition que l’équipe soit la même et le scénario aussi bon, pourquoi pas ? Mais sans attendre quatre ans, alors ! (rires).

Article publié le 23/08/2022 à 01:00 | Lu 2403 fois