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Article publié le 19/02/2021 à 01:00 | Lu 11583 fois

Les troubles du sommeil : le point avec le docteur Rémi Lombard (partie 1)




Depuis plusieurs décennies, le nombre de personnes atteintes de troubles du sommeil ne cesse d’augmenter et les durées de nos nuits, de diminuer. Or, le sommeil joue un rôle déterminant sur notre état de santé et sur nombreuses de nos fonctions biologiques (mémoire, apprentissage, métabolisme, immunité…).


Une prise en charge médicale est absolument nécessaire en cas d’insomnies ou d’apnée du sommeil, notamment pour se prémunir de risques accrus de maladies cardio-vasculaires.
 
Des médecins spécialisés dans les troubles du sommeil (ou somnologues) proposent désormais une prise en charge de l’ensemble des pathologies liées aux troubles du sommeil.
 
Comment définir le sommeil ?
Le sommeil correspond à une baisse de l'état de conscience qui sépare deux périodes d'éveil. Il est caractérisé par une perte de la vigilance, une diminution du tonus musculaire et une conservation partielle de la perception sensitive.
 
Il s’agit d’un besoin vital, nécessaire à notre récupération sur les plans physique, psychologique et psychique. La phase de sommeil lent profond nous permet de récupérer sur le plan physique, la phase de sommeil paradoxal, sur le plan psychique. L’organisme profite également de ces moments de repos pour réguler ses hormones. 
 
Le sommeil est organisé en plusieurs cycles de 90 minutes en moyenne avec une alternance de sommeil lent et de sommeil paradoxal. Le sommeil lent comprend lui-même une première phase de transition entre la veille et le sommeil (stade 1), une phase de sommeil lent-léger (stade 2), puis une phase de sommeil lent-profond (stades 3). Chaque nuit compte 4 à 6 cycles.
 
Quels sont exactement nos besoins en termes de sommeil ?
Nos besoins en sommeil sont variables et strictement individuels. On distingue trois grandes catégories de dormeurs : les courts dormeurs (moins de 6h de sommeil nécessaire), les longs dormeurs (plus de 9h) et les dormeurs « moyen » (7-8h). Une bonne nuit de sommeil se caractérise par le nombre d’heures dont nous avons besoin pour être en forme le lendemain.
 
A chacun sa durée de sommeil idéale ! Sachant que ce besoin en sommeil n’est pas un choix et qu’il est avant tout déterminé par des facteurs génétiques.
 
Comment favoriser un sommeil de qualité ?
Quelques conseils :
- Se réveiller à heure fixe pour préserver notre horloge biologique. Nous restons des animaux diurnes, régulés par le soleil et sa lumière ! Ces derniers se lèvent à heures régulières.
- Se coucher quand on se sent somnolent (yeux qui piquent, difficulté à fixer son attention…) : ni avant (ce qui risquerait au contraire de provoquer une insomnie), ni après !
- Éviter les écrans avant le coucher : en l’absence de lumière, nous sécrétons une hormone, la mélatonine, qui lance le signal de l’endormissement. Notre cerveau ne faisant pas la différence entre la lumière naturelle et celle émise par un écran, le fait de consulter son téléphone ou de surfer sur sa tablette ou son ordinateur retardera notre endormissement.
- Dormir dans une chambre avec une température aux alentours de 18°C : l’endormissement est provoqué par une baisse de température de notre corps. En passant trop de temps au lit avant d’essayer de s’endormir (télévision au lit par exemple), on augmente la température des draps. Pour trouver le sommeil facilement, mieux vaut entrer dans un lit encore frais et réserver la chambre au sommeil ou aux activités de couple.
- Éviter de pratiquer une activité sportive trop tardivement (c’est-à-dire dans les trois heures avant le coucher) : le sport, de même que les douches chaudes, augmentent notre température corporelle.
- Éviter les excitants trop tardifs comme le café, le thé, le coca, le chocolat noir qui retardent l’endormissement… ainsi que l’alcool qui perturbe l’architecture du sommeil et le rend moins réparateur.
- Ne pas avoir de lumière en rayonnement direct à proximité de ses yeux : si l’on a besoin d’une veilleuse, il est préférable de la mettre sous le lit par exemple.
- Ne pas dormir avec des animaux domestiques ; ils n’ont pas le même rythme que nous !
 
En quoi le sommeil impacte-t-il notre santé ?
Les Français dorment en moyenne 1h30 de moins qu’il y a 50 ans (moyenne de 7h13) et 30% d’entre eux se plaignent de troubles du sommeil. L’évolution de nos habitudes de vie, avec l’usage tardif des écrans et une charge de travail en hausse, peut largement expliquer ces phénomènes.
 
Nous avons de plus en plus tendance à sacrifier notre temps de sommeil, parfois vécu comme une perte de temps. Or, il n’en est rien : un mauvais sommeil augmente les risques de maladies cardiovasculaires, d’obésité, de diabète, de cancer.
 
Le manque de sommeil est également à l’origine d’un ralentissement des réflexes moteurs. Un tiers des accidents de la route est d’ailleurs lié à des problèmes de somnolence.








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