Sommaire
Senior Actu

Article publié le 11/05/2018 à 01:00 | Lu 2720 fois

Les consommateurs seniors encore trop délaissés par les marques et les enseignes

Voici une étude intéressante réalisée par l’institut Kantar Worldpanel qui dresse ici le portrait des consommateurs seniors. Des consommateurs souvent sous-estimés par les marques et les enseignes mais qui représentent pourtant un fort potentiel d’achat.


Il y a une dizaine d’années, les consommateurs seniors étaient à la mode. A l’époque, pas un mois sans qu’une étude ne fasse le point et/ou le portrait de ces clients de 55 ans et plus et ne vante leurs potentiels d’achat. Puis comme tout en marketing, les modes passent…
 
Aujourd’hui, ce sont les Millenials (les tous jeunes consommateurs) qui sont à l’honneur. Les marques et les enseignes ne jurent que par cette génération qui n’a pourtant pas, loin de là, les moyens de ses ainés.
 
C’est le cas notamment dans le luxe où les grands noms se focalisent sur ces clients de moins de trente ans dont la plupart n’a pas les moyens de s’offrir les produits mis en avant sur Instagram ou Facebook alors que leurs ainés, délaissés, sont les véritables consommateurs de ces sacs, voitures, montres ou autres !
 
Heureusement, certains instituts comme Kantar Wordlpanel sont bien conscients de l’évolution démographique du monde et du formidable potentiel que représente les consommateurs de plus de 55 ans ! « Dépensiers, désireux de profiter de leur temps libre, ils sont aussi de plus en plus nombreux puisque les 55 ans et plus représenteront 39% de la population en 2070 contre 31% aujourd’hui (INSEE) ».
 
Et de préciser : « voilà pourquoi les seniors constituent un véritable relais de croissance pour les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) comme pour les circuits hors GMS, sur lesquels ils sont déjà très présents ».
 
Comme le précise cette enquête, les « plus de 65 ans sont les seuls à avoir augmenté leur consommation en volume (1170 articles achetés par an et par ménage en 2017 contre 1152 en 2001) ». Autre chiffre important, ils sont à l’origine de la moitié des achats en grande distribution et représentent 41% des dépenses effectuées en Produits de Grande Consommation et Frais Libre-Service (PGC – FLS).
 
Plus de la moitié (54%) de leurs dépenses sont réalisées en hypermarché et supermarché. Des lieux de consommation qui permettent de faire les courses en voiture, mais aussi des endroits qui deviennent un véritable lien social et une occasion de sortie (pour les plus anciens d’entre eux). C’est pourquoi, ils préfèrent acheter peu à la fois mais plus souvent. Une aubaine pour ces magasins qui ont du mal à recruter et fidéliser de nouveaux clients.
 
Cette étude vient aussi confirmer une donnée que l’on connait depuis des années… Les seniors  sont des consommateurs avertis (n’oublions pas que les baby-boomers ont « fait » la société de consommation telle que nous la connaissons actuellement).
 
Soucieux de leur santé et sensibilisés par les scandales alimentaires successifs, ils sont plus attentifs à la qualité et à l’origine de leurs achats. Ils s’orientent vers des circuits alternatifs (18% de leurs dépenses et un quart de leurs actes d’achat) et privilégient les produits frais traditionnels (57% des dépenses effectuées en produits frais traditionnels).
 
Mais l’alimentaire n’est pas le seul marché à bénéficier de leurs dépenses. En effet, celui de l’habillement ne croît cette année que grâce aux 50 ans et plus. Là encore, les grandes marques et enseignes les délaissent totalement de leur communication…
 
Face à l’éclatement de la cellule familiale et encouragés par leurs petits-enfants, les seniors s’équipent pour rester en contact avec leur entourage : ainsi, la quasi-totalité (93%) des 55 ans et plus possède un portable, la moitié (51%) un smartphone et une large majorité (85%) est équipée d’un ordinateur et 39% d’une tablette. Bref, les seniors sont des adeptes des nouvelles technos qui leur facilitent la vie et entretiennent les relations intergénérationnelles.
 
Autre spécificité de cette clientèle : leur engouement pour la restauration hors-domicile qu’ils fréquentent de plus en plus. Même si celle-ci ne représente que 15,7% de leur consommation totale (vs 27,4 % pour la moyenne des Français), elle est en train de récupérer son retard et leurs occasions de consommation hors domicile se développent à un rythme plus soutenu que la moyenne : +17% vs +12%.