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Article publié le 15/06/2018 à 06:21 | Lu 1741 fois

Les Français de 45 ans et plus et la perte d'autonomie

Dans le cadre de son 42ème Congrès qui se tient actuellement à Montpellier, la Mutualité française a sollicité Harris Interactive de réaliser une étude sur la perception de la prise en charge de la perte d'autonomie auprès des Français âgés de 45 ans et plus, c'est-à-dire les générations potentiellement les plus concernées par ce sujet, que ce soit directement ou indirectement (via un rôle d'aidant), que ce soit à court ou à plus long terme. En voici les grandes lignes.


Les Français de 45 ans et plus et la perte d'autonomie
D’une manière générale, nos compatriotes se disent partagés quant à leur vision du futur : à peine plus de la moitié estime avoir confiance (54%). Par contre, tous les sujets ne les préoccupent pas de la même façon. Quand il se projettent dans l’avenir, les sondés se montrent avant tout inquiets sur les questions de santé…
 
Leurs craintes ? La baisse des capacités physiques ou intellectuelles (79% déclarent s'en inquiéter beaucoup ou plutôt), les risques de maladie (77%), le risque de dépendance pour soi-même (77%). Sans trop de surprise, les plus âgés d’entre eux se disent encore plus concernés par ces thématiques…
 
Le risque de dépendance pour les proches est également une préoccupation importante pour pratiquement les trois-quarts (72%), mais celle-ci touche avant tout les actifs de 45 à 54 ans, qui pensent principalement à leurs parents.
 
Juste derrière les problèmes de santé, c’est l’idée de faire face à des difficultés financières qui soucie les deux tiers des sondés. Naturellement, ce pessimisme est encore plus fort chez les revenus les plus modestes. Toujours selon ce sondage, la majorité s’estime mal préparée d'un point de vue financier, au risque de dépendance, que ce soit pour eux-mêmes (66%) ou pour leurs proches (63%).
 
De nos jours, la dépendance ne représente pas qu'une inquiétude pour l'avenir car certains sont déjà confrontés à cette problématique. Ainsi, plus d'un Français de 45 ans et plus sur 10 (11%) déclare être aujourd'hui l'aidant(e) d'une personne en situation de dépendance.
 
Précisons que la moitié des aidants indique passer du temps à cette tâche tous les jours et que le type d'aide le plus fréquent consiste en l'accompagnement dans les démarches administratives et l'organisation de la vie quotidienne (mais le fait de prodiguer des soins concerne également 35% des aidants, l'hébergement au moins occasionnel 20% et l'aide financière 19%).
 
Toujours selon ce nouveau sondage, la très grande majorité des sondés considère que la dépendance est un sujet qui devrait être prioritaire pour les pouvoirs publics (90%)… mais ceux-ci, selon eux, ne le prennent pas suffisamment en compte aujourd'hui (85%), les propositions et aides financières pour faire face à ce type de situation apparaissant globalement insatisfaisantes (84%).
 
On constate donc un qu’il y a un fossé entre l'importance que représente l'enjeu de la dépendance aujourd'hui et le manque de moyens qui y sont consacrés selon les Français, d'où la forte inquiétude exprimée à ce sujet. Et les attentes sont multiples en la matière, que ce soit en termes de dispositifs d'accompagnement pour favoriser le maintien à domicile des personnes en situation de dépendance (une priorité pour 81% des Français), de développement d'infrastructures adaptées (structures d'accueil temporaire ou de jour : 61%, maisons de retraite médicalisées : 59%, logements de type « intermédiaire » adaptés aux personnes entrant en dépendance : 53%), ou d'aide… pour les aidants (56%).
 
D’une manière générale, la majorité des sondés se dit mal informée sur les différents sujets concernant la dépendance, notamment au niveau des solutions visant à aider et accompagner les aidants, au sujet des différentes solutions de prise en charge de la dépendance ainsi que leur coût et les solutions pour maintenir à domicile le plus longtemps possible les personnes en situation de dépendance (entre 68 et 76% se déclarent mal informés en moyenne pour chacun de ces sujets).
 
Pour s'informer sur la question, les 45 ans et plus font avant tout confiance aux professionnels de santé (77%), à leur entourage (76%) et aux associations (72%), devant les collectivités locales (60%) et les mutuelles (59%). En revanche, les compagnies d'assurances, les pouvoirs publics et les entreprises ne suscitent qu'un faible niveau de confiance (moins de 35%).
 
Autre point à souligner : selon ce sondage, nos compatriotes de 45 ans et plus estiment que c'est la Sécurité sociale qui devrait contribuer en priorité au financement de la prise en charge de la dépendance (54% la citent en premier, 64% au total), devant les mutuelles (en premier : 10%, au total : 49%) et les personnes elles-mêmes via leur épargne (en premier : 12%, au total : 24%).
 
D'ailleurs, quand on les interroge sur différentes pistes possibles pour financer la perte d'autonomie, ils privilégient nettement celle d'une prise en charge par la Sécurité sociale (57%), devant une assurance-dépendance obligatoire pour tous (33%) et une nouvelle journée de solidarité (7%).
 
Cependant, on constate un certain décalage entre l'idéal et la réalité. S'ils souhaitent majoritairement que la Sécu prenne une large part dans le financement de la dépendance, ils semblent ne pas trop y croire, peut-être en raison des éléments d'information dont ils disposent sur le déficit de celle-ci et les faibles marges de manœuvre financières qui en découlent selon eux….
 
Ce qui peut expliquer que, s'ils devaient financer une éventuelle situation de dépendance pour eux-mêmes ou leurs proches, ils compteraient en priorité sur leur épargne personnelle (41%), devant la Sécu (32%) et leur mutuelle (16%). On note bien sûr ici une différence importante entre les personnes plus aisées, qui misent avant tout sur leurs ressources personnelles, et les personnes les plus modestes, qui comptent davantage sur la collectivité.
 
Enquête réalisée en ligne du 7 au 14 mai 2018. Échantillon de 1 079 personnes, représentatif des Français âgés de 45 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l'interviewé(e).






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