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Article publié le 24/09/2020 à 01:00 | Lu 1187 fois

Le Matelot de Saint James : le pull transgénérationnel par excellence




Alors que les premiers frimas de l’automne, qui pointent leur bout de leur nez se font sentir depuis hier, revenons sur un grand classique de l’habillement sport-chic transgénérationnel : le fameux Matelot de Saint James qui demande un véritable savoir-faire (breton en l’occurrence), 23 kilomètres de fil et 18 étapes de fabrication !


Voici un incontournable du vestiaire masculin et féminin ; un grand classique transgénérationnel qui réchauffe les petits et les grands de 7 à 77 ans depuis des générations. Le Matelot de Saint James (prononcez à la française pas à l’anglaise svp) est né de la mer ; de l’univers rugueux des pêcheurs de haute mer qui devaient se protéger du froid humide et des vents toujours plus froids et plus puissants à mesure qu’on s’éloigne des côtes.  
 
Ce pull se porte près du corps (du « fit » avant que ce ne soit à la mode) pour conserver la chaleur du porteur ! Il est reconnaissable entre tous avec sa maille serrée, ses quatre boutons sur l’épaule gauche, ses poignets ajustés (il ne faut pas que l’air passe) et sa base droite, tantôt uni, tantôt rayé, mais indémodable. Mais si vous n’en n’avez qu’un, il faut le prendre rayé et pure laine (modèles Binic ou Rochefort ) !

Avec la démocratisation du casual-chic, ce vêtement très typé « bord de mer et week-end sur les côtes », n’est plus ridicule en ville. C’est même très élégant, associé à un jean ou un chino, autant sur les trottoirs de Paris que dans les ruelles d’Omotesando à Tokyo -d’une manière générale, les Japonais raffolent des rayures que l’on retrouve autant chez Uniqlo que chez Muji, en t-shirt, chaussettes, écharpes, bonnets, etc.
 
Élevé au rang d’art de vivre à la française, le pull Matelot né de la mer est devenu un symbole de la qualité Made in France, voire même de Made in Normandie !
 
Pas un jour passé dans l’atelier sans que les Maîtres Tricoteurs ne soient animés par la passion du métier. Pulls, gilets, écharpes, cardigans, chacune des pièces, sans exception, porte la marque d’un savoir-faire rare et d’un respect indéfectible pour la matière première.

Les Bonnetiers ou Maîtres Tricoteurs sont chargés d’articuler les 75 métiers à tricoter fonctionnant
en continu sur 15 000 m2 d’ateliers. Le Bonnetier démarre le métier, l’alimente en fil et règle la fabrication selon le modèle à réaliser. Il vérifie la qualité durant tout le tricotage, récupère et contrôle le panneau à la sortie.
 
On dit des « Maîtres Tricoteurs » qu’ils ont la « main Saint James », la capacité de voir si la maille est conforme à la qualité recherchée. En quelques centièmes de seconde, 1.500 points de tricot sont réalisés. La durée de tricotage d’un panneau varie entre trois minutes et une heure trente en fonction du point employé, de la dimension et de la complexité du modèle.
 
Chaque mois, les Bonnetiers veillent sur le tricotage de quelque 700.000 kilomètres de fil de laine. Le moindre défaut est signalé par une étiquette blanche et transmis à l’atelier de raccoutrage. Munies de leurs petits crochets et de leurs loupes éclairantes, les Raccoutreuses ont l’œil à tout. Elles réalisent les finitions, traquent les imperfections, ce qu’aucune machine n’est capable de faire.