Emploi et Cumul Emploi-Retraite

La rémunération médiane des cadres baisse à 54 000 euros : après 50 ans, elle tient, mais l'Apec voit les augmentations se raréfier sur votre fiche de paie

Les cadres du secteur privé gagnent moins qu'il y a un an, ce qui n'était plus arrivé depuis 2010. Si vous êtes cadre et que vous avez passé 50 ans, votre ligne du tableau ne baisse pas, et c'est justement elle qui trompe : derrière ce montant immobile, votre fiche de paie raconte une autre histoire.

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Par | Publié le 5 Novembre 2026 à 09:28 | mis à jour le 5 Novembre 2026 à 09:28
Un cadre de 58 ans écoute sa manageuse pendant son entretien annuel - Illustration générée par IA
Un cadre de 58 ans écoute sa manageuse pendant son entretien annuel - Illustration générée par IA

Une première depuis 2010 pour le salaire des cadres

Pour la première fois depuis 2010, la rémunération médiane des cadres du secteur privé recule. Le baromètre 2026 de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), publié ce jeudi 5 novembre, la situe à 54 000 euros brut par an en juin, part fixe et part variable comprises, en recul de 1,8 % sur un an. Le salaire fixe médian, lui, ne bouge pas et reste à 52 000 euros : c'est la part variable qui tire l'ensemble vers le bas.

Or votre tranche d'âge n'a pas suivi ce mouvement. Chez les cadres de 50 ans et plus, la rémunération médiane reste stable, à 62 000 euros brut par an, alors que celle des 40 à 49 ans glisse de 60 000 à 58 000 euros. Je comprends qu'on accueille cette stabilité avec soulagement, mais elle ne dit pas grand-chose de ce qui se passe réellement sur votre fiche de paie.
 
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Après 50 ans, votre salaire tient, mais votre pouvoir d'achat recule

Une paie qui ne bouge pas pendant que les prix montent est une paie qui achète moins. Entre 2025 et 2026, le salaire réel des cadres a reculé de 3,6 %, et l'Apec précise que toutes les tranches d'âge sont concernées, la vôtre comprise. Avec une inflation de 3,1 % en septembre 2026, une médiane figée à 62 000 euros perd mécaniquement du terrain. Vous l'avez sans doute déjà constaté au moment de faire vos courses ?

Le contraste avec l'an dernier rend ce coup d'arrêt plus sensible. En 2025, après plusieurs années de stabilité, la rémunération médiane des cadres de 50 ans et plus avait progressé de 3,3 %, ce qui pouvait laisser croire que le retard se comblait. Sur la durée, le constat est plus sévère : les cadres ont perdu 11,6 % de pouvoir d'achat depuis 2007, et ceux d'entre nous qui arrivent en fin de carrière ont traversé l'intégralité de cette période.
 

Après 50 ans, vous êtes les cadres les moins augmentés

Cette année, 46 % des cadres ont vu leur rémunération augmenter, sept points de moins qu'en 2025 et quatorze de moins qu'en 2024. Chez les cadres de 50 ans et plus, la proportion tombe à 36 %, en baisse de six points sur un an, un niveau plus bas que dans les autres classes d'âge. En face, 64 % des cadres de moins de 30 ans ont été augmentés en 2026.

D'ailleurs, changer de poste reste le moyen le plus efficace d'obtenir une hausse : 68 % des cadres qui ont bougé au sein de leur entreprise ont été augmentés, contre 42 % de ceux restés à leur place. Après 50 ans, l'écart se resserre sans s'effacer : 51 % des cadres qui ont changé de poste en interne ont été augmentés, contre 35 % de ceux restés en place, et changer d'entreprise ne fait pas mieux que rester (35 %). Quant au passage par le chômage avant de changer d'employeur, il fait tomber la part des augmentés à 42 %, contre 61 % pour ceux qui ont changé d'entreprise sans interruption.
 

Votre prime pèse plus lourd, et c'est elle qui recule

Le poids de la part variable augmente avec l'âge, et c'est chez les cadres de 50 ans et plus qu'il atteint son plus haut niveau. Primes sur objectifs, bonus, gratifications liées à la performance : pour ceux d'entre vous qui en perçoivent, ce variable représentait 13,4 % de la rémunération totale en 2024, puis 12,5 % en 2025 et 11,8 % en 2026. C'est donc la composante de votre paie la plus exposée au retournement de cette année.

Dans le même temps, les cadres qui touchent une part variable sont moins nombreux : 48 % en 2026, contre 50 % en 2025 et 54 % en 2024. Une prime qui rétrécit ne se voit pas sur le salaire de base, et c'est pourtant elle qui fait, cette année, la différence entre une paie qui progresse et une paie qui recule.
 

Ce que cette paie change pour votre retraite complémentaire

Ce recul ne s'arrête pas à votre compte en banque. Votre retraite complémentaire Agirc-Arrco se calcule en points, achetés avec les cotisations prélevées sur votre salaire brut, primes comprises. Le plafond de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 euros en 2026 : la part de votre salaire qui le dépasse, dans la limite de huit fois ce plafond, ouvre des points au taux de calcul de 17 %, et le prix d'achat du point reste de 20,1877 euros cette année. Rapporté à ce prix, 1 000 euros de prime en moins sur une paie située au-dessus du plafond représentent environ 8,4 points de retraite complémentaire en moins pour l'année.
 
Un point qui n'a pas été acquis une année ne figurera pas sur votre relevé de carrière, et c'est sur ce relevé que se calculera votre pension. Et vous, votre dernière augmentation remonte à quand ? Si elle date de plus d'un an, l'entretien annuel de fin d'année est le moment de poser la question, le baromètre de l'Apec en main.

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