Ce que l'IA prend en premier, ce sont des tâches
L'automatisation ne procède pas par métier, mais par tâche. Les analyses de l'OCDE consacrées à l'IA et au travail le posent clairement : la technologie s'attaque d'abord aux tâches cognitives non routinières, celles qui consistent à lire, trier, résumer et rédiger. Les métiers de bureau qualifiés arrivent donc en tête, avant les métiers manuels.
Mais un métier exposé n'est pas un métier supprimé. C'est un métier dont le contenu se déplace, et ce déplacement décide de votre valeur dans l'entreprise.
Mais un métier exposé n'est pas un métier supprimé. C'est un métier dont le contenu se déplace, et ce déplacement décide de votre valeur dans l'entreprise.
Le débat parle des développeurs, votre poste est ailleurs
Le débat public s'est installé sur l'informatique. Une étude publiée en mars 2026 par Anthropic estime qu'environ 75 % des tâches de programmation sont couvertes par les modèles actuels, et le chiffre a fait le tour de la presse économique. Or les travaux convergents de l'OCDE et du FMI placent trois autres ensembles au même niveau d'exposition : le support administratif, le service client, ainsi que la comptabilité et l'analyse financière.
Ces trois-là ne sont pas des métiers de jeunes. D'après l'étude de la Dares sur les métiers exercés par les seniors, les cadres des services administratifs, comptables et financiers forment la troisième famille de métiers la plus fréquente chez les plus de 55 ans, avec 4,3 % de leur emploi. Les secrétaires figurent parmi les professions les plus spécifiquement seniors. À l'inverse, les plus de 55 ans sont quasiment absents de l'informatique et des télécoms.
Le résultat tient en une phrase. La vague dont on parle le moins pour eux est celle qui les concerne le plus.
Ces trois-là ne sont pas des métiers de jeunes. D'après l'étude de la Dares sur les métiers exercés par les seniors, les cadres des services administratifs, comptables et financiers forment la troisième famille de métiers la plus fréquente chez les plus de 55 ans, avec 4,3 % de leur emploi. Les secrétaires figurent parmi les professions les plus spécifiquement seniors. À l'inverse, les plus de 55 ans sont quasiment absents de l'informatique et des télécoms.
Le résultat tient en une phrase. La vague dont on parle le moins pour eux est celle qui les concerne le plus.
Les plus exposés sont aussi les moins équipés
C'est ici que l'écart devient un problème. L'édition 2026 de l'Observatoire de l'IA responsable en entreprise, menée par Impact AI avec KPMG France et Bouygues, mesure que 47 % des collaborateurs du secteur privé utilisent l'IA générative dans leur travail, dont 24 % au moins une fois par semaine. Chez les moins de 35 ans, la proportion monte à 63 %. Chez les managers, à 71 %.
Or 65 % des salariés de 50 ans et plus se tiennent à l'écart de ces outils, toujours d'après cette enquête. Autrement dit, 35 % d'entre eux les utilisent, contre 63 % des moins de 35 ans. Un salarié de moins de 35 ans a donc environ 1,8 fois plus de chances de manipuler l'IA au travail que son collègue de plus de 50 ans.
Rapporté à la population active, l'ordre de grandeur se voit mieux. En 2025, 61,7 % des personnes de 55 à 64 ans occupaient un emploi selon la Dares, un niveau jamais atteint depuis 1975. En appliquant à ce taux la part de non-utilisateurs mesurée chez les 50 ans et plus, on obtient environ quatre personnes sur dix de cette tranche d'âge qui travaillent aujourd'hui dans un emploi où l'IA générative n'entre pas. Sachant que les plus de 55 ans représentent 19 % des actifs en emploi, l'angle mort n'a rien de marginal.
Reste que ce retard d'usage n'est pas un retard de capacité. Il tient d'abord à ce qui a été proposé, ou pas.
Or 65 % des salariés de 50 ans et plus se tiennent à l'écart de ces outils, toujours d'après cette enquête. Autrement dit, 35 % d'entre eux les utilisent, contre 63 % des moins de 35 ans. Un salarié de moins de 35 ans a donc environ 1,8 fois plus de chances de manipuler l'IA au travail que son collègue de plus de 50 ans.
Rapporté à la population active, l'ordre de grandeur se voit mieux. En 2025, 61,7 % des personnes de 55 à 64 ans occupaient un emploi selon la Dares, un niveau jamais atteint depuis 1975. En appliquant à ce taux la part de non-utilisateurs mesurée chez les 50 ans et plus, on obtient environ quatre personnes sur dix de cette tranche d'âge qui travaillent aujourd'hui dans un emploi où l'IA générative n'entre pas. Sachant que les plus de 55 ans représentent 19 % des actifs en emploi, l'angle mort n'a rien de marginal.
Reste que ce retard d'usage n'est pas un retard de capacité. Il tient d'abord à ce qui a été proposé, ou pas.
La formation fait basculer l'usage du simple au double
L'enquête isole justement le facteur qui change tout : la formation. Parmi les salariés qui en ont suivi une, le recours aux outils atteint 90 %, contre 47 % en moyenne. Leurs usages sont aussi mieux tenus, avec 41 % qui passent par des outils métier et 35 % par des solutions IA sous licence d'entreprise non développées en interne.
Sauf que cette formation reste l'exception. 23 % des collaborateurs déclarent en avoir reçu une, et 6 % seulement une formation approfondie. Faute de cadre, 61 % des utilisateurs passent par des IA externes grand public gratuites, quand 19 % s'appuient sur un ©.
Cette proportion explique une bonne part de l'écart entre les âges. Un salarié de 25 ans installe l'outil de lui-même, parce qu'il s'en servait déjà avant d'entrer dans l'entreprise. Un salarié de 58 ans attend qu'on le lui montre, et personne ne vient.
Sauf que cette formation reste l'exception. 23 % des collaborateurs déclarent en avoir reçu une, et 6 % seulement une formation approfondie. Faute de cadre, 61 % des utilisateurs passent par des IA externes grand public gratuites, quand 19 % s'appuient sur un ©.
Cette proportion explique une bonne part de l'écart entre les âges. Un salarié de 25 ans installe l'outil de lui-même, parce qu'il s'en servait déjà avant d'entrer dans l'entreprise. Un salarié de 58 ans attend qu'on le lui montre, et personne ne vient.
La compétence qui monte n'est pas technique
Le contenu de la compétence attendue est en train de changer, et il ne s'agit pas de savoir écrire un prompt. Roxana Rugina, directrice exécutive d'Impact AI, résume ce que les salariés réclament : savoir ce qu'ils peuvent confier à la machine, ce qu'ils doivent vérifier, et quelles données ne doivent pas circuler.
Or ces trois savoir-faire relèvent du jugement professionnel, pas de la maîtrise technique. Repérer un montant faux avant de le transmettre, voir une clause aberrante dans un contrat généré, refuser d'envoyer un fichier client vers un service gratuit : cela s'appelle de l'expérience de métier, et cela ne s'acquiert pas en trois ans.
L'inquiétude des salariés porte d'ailleurs exactement sur ce terrain. 36 % redoutent une perte de compétences liée à l'outil et 27 % une dépendance excessive à la machine. Du côté de l'emploi, l'OCDE observe pour l'instant que l'IA modifie les compétences recherchées par les entreprises sans affaiblir les perspectives d'emploi d'ensemble. Donc le risque, à 58 ans, n'est pas de perdre son poste du jour au lendemain. Il est de rester payé pour des tâches dont l'entreprise n'a bientôt plus besoin.
Or ces trois savoir-faire relèvent du jugement professionnel, pas de la maîtrise technique. Repérer un montant faux avant de le transmettre, voir une clause aberrante dans un contrat généré, refuser d'envoyer un fichier client vers un service gratuit : cela s'appelle de l'expérience de métier, et cela ne s'acquiert pas en trois ans.
L'inquiétude des salariés porte d'ailleurs exactement sur ce terrain. 36 % redoutent une perte de compétences liée à l'outil et 27 % une dépendance excessive à la machine. Du côté de l'emploi, l'OCDE observe pour l'instant que l'IA modifie les compétences recherchées par les entreprises sans affaiblir les perspectives d'emploi d'ensemble. Donc le risque, à 58 ans, n'est pas de perdre son poste du jour au lendemain. Il est de rester payé pour des tâches dont l'entreprise n'a bientôt plus besoin.
Comment obtenir une formation sans attendre
L'entretien de parcours professionnel est le point d'entrée le plus direct. Ce rendez-vous obligatoire, qui a remplacé l'entretien professionnel le 26 octobre 2025, doit aborder vos besoins de formation, vos souhaits d'évolution et votre compte personnel de formation, comme Service Public en détaille le contenu. Un rendez-vous renforcé est prévu autour de 45 ans, un autre dans les deux années précédant vos 60 ans.
Dans une entreprise de moins de 300 salariés, le conseil en évolution professionnelle est gratuit et vous aide à le préparer. Reste à décider ce que vous y demandez. Une formation à l'IA générative s'y inscrit exactement comme un bilan de compétences.
Dans une entreprise de moins de 300 salariés, le conseil en évolution professionnelle est gratuit et vous aide à le préparer. Reste à décider ce que vous y demandez. Une formation à l'IA générative s'y inscrit exactement comme un bilan de compétences.


