La maison de retraite vs le maintien à domicile : principalement un choix par défaut

Alors que se tiendra, les 29 et 30 novembre prochain, le Salon des Services à la Personne, la jeune entreprise Ouihelp, spécialisée dans l’aide à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie,
dévoile les résultats de son étude OpinionWay « Les Français et la perte d’autonomie ». On y apprend que pour plus de la moitié (59%) des Français, des personnes âgées se retrouvent en Ehpad alors que leur état de dépendance ne le justifierait pas !





Selon cette nouvelle enquête, 59% des Français considèrent que des personnes âgées se retrouvent en maison de retraite pour leurs vieux jours alors que leur état de dépendance ne le justifierait pas.
 
Pour la grande majorité de ces sondés, la raison principale -pour 93% d’entre eux- serait que leurs proches se sentent dépassés par l’organisation à mettre en œuvre pour les personnes âgées qui souhaitent rester à domicile pour leurs vieux jours.
 
« L’impression de parcours du combattant est celle qui convient le plus à cette prise en charge d’une personne âgée. La superposition de l’administratif, du médical et surtout de l’organisation de la vie, semble ingérable au quotidien pour de nombreux français » commente Ronan Chastellier, sociologue.
 
En décembre 2019, selon l’INSEE, 17,9% des bénéficiaires de l'APA* placés en établissement étaient classés en GIR 3*, 23,4% en GIR 4*. En 2015***, 36% des GIR 3/4/5 étaient en EHPAD. Pour Ouihelp, dans la majeure partie des cas, leur état de santé ne le justifie pas et ces personnes âgées pourraient rester chez elles.
 
L’espérance de vie augmente certes, mais plus vite que l’espérance de vie en bonne santé. Pour Pierre-Emmanuel Bercegeay, co-fondateur de Ouihelp, « l’EHPAD peine à offrir une solution décente aux familles qui considèrent la maison de retraite comme un mouroir. Or les personnes âgées veulent à plus de 90% vieillir chez elles ».
 
Pour près de la moitié (47%) des Français, ce qui empêche le plus une fin de vie à domicile c’est le manque d’auxiliaires de vie qui peuvent intervenir. « Comment transformer la compassion, le don de soi, l’entraide en dispositif efficace ? » interroge le sociologue Ronan Chastellier.
 
Et d’ajouter : « jusqu’à présent cela tient du bricolage, du couteau suisse et des arrangements informels qui bien souvent mènent à l’épuisement de l’aidant. La solution de bon sens semble d’injecter des doses de prestations de service pour alléger l’organisation de l’aidant qui malgré sa bonne volonté rencontre des limites ».
 
Et en deuxième position ce serait le manque de financements ou d’aides privés ou publics (31%). Puis, en troisième position, ce serait le manque d’informations sur l’existence des structures et solutions adaptées (21%).
 
« Les Français expriment ici leur souhait d’aller au-delà du seul soutien moral aux aidants et du bricolage actuel d’aides qui semble inadapté aux enjeux. Quant au manque de lisibilité des solutions proposées, cela nous rappelle que l’aide à domicile est un métier qui ne s’improvise pas, qui nécessite du savoir-faire. On ne peut pas compter que sur l’entraide » analyse le sociologue.
 
Pourra-t-on finir sa vie plus facilement chez soi en 2030 ? Rien n'est moins sur...  70% des français ne le pensent pas…

Pour eux, les aspects médicaux ou d'organisation liés au grand âge ne seront pas résolus en 2030. Seuls les jeunes restent optimistes sur la question : 40 % des 18-24 ans et 43% des 25-34 ans pensent que l’on pourra finir sa vie plus facilement chez soi. Seuls 21% des plus de 65 ans y croient.


 
*Allocation personnalisée d'autonomie par niveau de dépendance et par lieu de prise en charge - INSEE

**GIR : Groupe iso-ressources - GIR 3 : Demandeur ayant conservé son autonomie mentale, partiellement son autonomie locomotrice, mais qui a besoin quotidiennement et plusieurs fois par jour d'une aide pour les soins corporels // GIR 4 : Demandeur n'assumant pas seul ses transferts mais qui, une fois levé, peut se déplacer à l'intérieur de son logement, et qui a besoin d'aides pour la toilette et l'habillage. Ou demandeur n'ayant pas de problèmes locomoteurs mais qui doit être aidé pour les soins corporels et les repas. // GIR 5 : Ce groupe comporte des personnes âgées ayant seulement besoin d'une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et le ménage.

***Source > DREES, enquête Capacités, aides et ressources des seniors (CARE) en ménages 2015 et en institutions 2016, volet seniors.

Article publié le 28/11/2022 à 09:56 | Lu 3702 fois




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