L'A-MCA propose un nouvel ouvrage sur les art-thérapies

Les Fondateurs de l’Agence des médecines complémentaires et alternatives (A-MCA) ont sorti fin juin leur nouvel ouvrage consacré aux art-thérapies. Dans le troisième opus de leur collection, « Les 20 grandes questions pour comprendre l’art-thérapie », des experts approfondissent les questionnements sur cette pratique déployée auprès d’un large public.





Après l’homéopathie et la sophrologie, l’A-MCA consacre son troisième ouvrage aux art-thérapies.
 
Cette pratique recouvre plusieurs disciplines, variées, dont la musicothérapie, la dramathérapie, la thérapie par l’écriture, la danse-thérapie, ou encore la peinture. Elles s’inscrivent dans la dynamique de la santé intégrative, du soin relationnel et des approches du care.
 
« Les art-thérapies ne suscitent pas de controverses trop importantes, rappelle Véronique Suissa, directrice générale de l’A-MCA. Elle fait relativement consensus et s’adapte à un public large. » 
 
Cette pratique est présente, aussi bien dans les maisons de retraite médicalisées, les centres spécialisés de lutte contre les addictions, les soins de support dans le domaine de l’oncologie, les services de psychiatrie accompagnant les personnes en fragilité psychique, que dans les centres de soutien aux enfants malades.
 
« L’art-thérapie s’adresse à des personnes qui rencontrent des difficultés physiques, psychologiques ou mentales, en situation de handicap ou face à un problème existentiel, ou en évolution personnelle, rappelle dans l’ouvrage le Pr Jean-Pierre Klein, psychiatre, père de l’art-thérapie en France et directeur de l’Institut national d’expression, de création, d’art et thérapie (INECAT).
 
Elle participe aussi à des actions de prévention. La méthode s’étend au champ plus strictement social et permet de traiter des problèmes sociaux récurrents tels que la violence qu’on rencontre dans certaines institutions ou dans certaines zones géographiques. Elle peut aussi s’intégrer dans un projet sociétal ou pédagogique. »
 
Une volonté de reconnaissance des art-thérapeutes
Pour autant, l’art-thérapie génère d’autres questionnements en lien avec l’emploi du mot « thérapie ». En tant qu’approche de soin global, les art-thérapies « n’ont pas pour objectif de combattre le symptôme, mais de faire appel aux potentialités préservées de la personne, voire d’en faire naître de nouvelles à travers le processus de création et la relation qui lui est associée ».
 
Ce processus doit permettre au patient de mieux vivre avec sa pathologie. Pour les accompagner, les praticiens du « prendre soin », les art-thérapeutes, sont en demande d’une plus grande reconnaissance de leur pratique dans le champ de la santé et des fragilités humaines.
 
Et ce, d’autant plus que les art-thérapies ne sont pas exemptes de risques en cas d’un manque de formation puisqu’elles impliquent l’interprétation d’une production intime et sensible du patient. « Les art-thérapeutes se considèrent comme des thérapeutes et le revendiquent, rappelle Véronique Suissa.
 
Ils regrettent de ne pas détenir une vraie place dans le monde du soin, alors qu’ils se considèrent comme acteurs du soin. Il s’agit d’un point de débat pouvant susciter une controverse. »

En ce sens, l’homogénéisation des formations est un enjeu car « le niveau de formation est hétérogène entre les disciplines mais également au sein d’une même discipline, ce qui conduit à des niveaux disparates de compétences des praticiens, pointe du doigt la directrice de l’A-MCA.
 
De fait, la place des art-thérapeutes dans le monde du soin ne peut-être déconnectée de la question de leur formation initiale et continue. »
 
Questionnements et débats
Comme pour les autres ouvrages, les trois fondateurs de l’A-MCA ne cherchent pas, avec ce livre, à prendre position sur l’efficacité de la pratique ou à juger les croyances de citoyens, de patients ou de praticiens.
 
La première partie de l’ouvrage « Comprendre » permet d’expliquer l’art-thérapie, son origine et celle des thérapeutes puis, de faire un focus sur différentes pratiques et sur la formation des art-thérapeutes.

La seconde partie ouvre le débat, propose des regards croisés sur la place des art-thérapies dans le soin et sur les différentes pratiques avec l’intervention d’art-thérapeutes, de médecins, de soignants ou encore de dirigeants.
 
Dans cette partie, des chapitres abordent les fragilités humaines, notamment l’usage de la pratique auprès des personnes âgées ou des personnes atteintes de maladies graves.
 
Ainsi, Ayala Elharrar, danse thérapeute, témoigne de son activité et du ressenti des patients qu’elle a encadrés : « L’art-thérapeute propose aux patients de se prêter, en quelque sorte, à un jeu sans enjeu, laissant ainsi toute sa place au ″je″. »
 
La pratique est tout aussi « recommandée » pour les personnes polyhandicapées qui, « comme tout un chacun, […] apprécient la nouveauté, les explorations, les découvertes, les surprises, ainsi que les défis », rappelle Nadine Hibon, artiste intervenante en médiation artistique, en relation d’aide et art-thérapie.
 
Lire dans la même collection
Médecines complémentaires et alternatives : Les 20 grandes questions pour comprendre la sophrologie (collectif), Ed. Michalon, 2022.
Médecines complémentaires et alternatives. Les 20 grandes questions pour comprendre l’homéopathie (collectif), Ed. Michalon, 2021.  

 
Lire des mêmes auteurs
- Médecines complémentaires et alternatives, pour ou contre ? Regards croisés sur la médecine de demain, Ed. Michalon, 2019.  
- Structurer le champ des médecines complémentaires et Alternatives (collectif), Ed. Fauve, 2021.  

Article publié le 06/07/2022 à 02:00 | Lu 2449 fois